Résumé
Philosophie et économie du rapport à l’environnement.
Depuis la Convention de Rio en 1992, les accords se sont succédés pour faire de la biodiversité une priorité dépassant tous les enjeux politiques et économiques. Le terme ”biodiversité” en est ainsi venu, vingt-cinq ans à peine après son invention, à envahir les discours juridiques, politiques, journalistiques, et s’est même fait une place dans le discours de tout un chacun. Cette situation est exceptionnelle pour un terme né au coeur d’une science et qui joue aujourd’hui un rôle-clef dans nombre de sciences.
Notion au carrefour des disciplines, la biodiversité fournit donc une occasion unique de repenser les pratiques scientifiques, leurs rapports aux problématiques économiques et morales, et la relation de l’homme à l’environnement. Mais cette notion, pourtant si omniprésente, s’avère insaisissable. L’expliciter implique d’examiner les usages qui en sont faits, dans toute leur profondeur philosophique.
À assumer cette exigence, cet essai montre que l’explication de la notion de biodiversité est une double reconquête : celle d’une certaine expérience de la réalité biologique et celle d’une certaine capacité d’agir vis-à-vis d’elle.
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Cachan, agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre et docteur ès Philosophie des Sciences, Yves Meinard est chercheur en philosophie de la biologie et de l’économue à l’Institut für Evolutionsbiologie und Umweltwissenschaften de Zürich (Institut de Biologie Évolutive et d’Études Environnementales).