Résumé
Le viol des femmes dans la guerre fut longtemps considéré comme allant de soi, comme relevant naturellement du pillage et du butin. Guerre de Cent Ans, campagne d’Italie au temps des humanistes, sac du Palatinat ou dragonnades, violences napoléoniennes en Espagne, sac de Nankin, sévices franquistes, viols-torture lors de la guerre d’Algérie, ou, plus récemment guerre de Bosnie et génocide du Rwanda... José Cubero s’attache à des exemples significatifs, et dresse une typologie allant de l’impuissance totale du commandement débordé par la brutalité de ses hommes à la volonté délibérée de faire du viol une arme entrant dans une véritable stratégie militaire.
Le Moyen Âge a marqué, par la voix de l Église, son souci d endiguer les agressions sexuelles commises lors des conflits, mais sans succès. Les viols ont continué, et les « grands capitaines » n ont jamais hésité à briser la résistance des cités rétives en livrant les civils, femmes et jeunes filles en particulier, aux soldats vainqueurs. Mais la récente dénonciation de ces pratiques a peu à peu conduit la communauté internationale à créer enfin un nouveau droit (Cour pénale internationale, Tribunal de La Haye...) dont cet ouvrage constitue également l’histoire à travers lequel viols et violences de guerre, dans le cadre d un génocide, sont tenus pour imprescriptibles.