Dispute

  • Cet ouvrage donne la parole à cinq philosophes marxistes français et de renommée internationale, qui présentent l'évolution de leur rapport à Marx, à la philosophie et à la politique, depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui. En revenant sur leurs parcours intellectuels et militants respectifs, ils nous aident à mieux comprendre les transformations du marxisme depuis l'immédiat après-guerre, et plus largement les évolutions idéologiques et socio-politiques dont notre période est issue - et qui continuent de l'éclairer.
    Chacun à leur tour, les auteurs ont répondu aux questions posées par deux philosophes de générations différentes : Comment avez-vous rencontré la pensée de Marx, et avez-vous commencé à en faire usage ; dans quel contexte théorique et politique, pour répondre à quelle urgence et quel problème, en rapport avec quels engagements militants ? Quelles ont été les évolutions de leurs conceptions du communisme et que devraient être une action ou une organisation politique communiste aujourd'hui ? Que retenez-vous d'essentiel de la pensée de Marx pour penser la période politique présente ?
    Au fil de leurs réponses à ces questions, les auteurs analysent ainsi les rapports entre philosophie et politique, la trajectoire du marxisme en France, la signification du communisme aujourd'hui. Dans leur introduction à l'ouvrage, Alexis Cukier et Isabelle Garo analysent les complexes coordonnées théoriques et politiques de ces trajectoires singulières, leurs convergences et divergences, mais aussi leurs enseignements pour comprendre le renouvellement en cours de la philosophie marxiste et de l'engagement communiste.

  • L'avenir démocratique de nos sociétés apparaît suspendu à la généralisation de l'accès aux savoirs élaborés de la culture écrite. La majorité des enfants des milieux populaires est aujourd'hui encore privée d'une telle perspective, que les politiques dites de « l'égalité des chances » ont échoué à réaliser dans les dernières décennies du vingtième siècle, les politiques actuelles dites « du socle commun » se contentant de prendre acte de cet échec.
    L'ouvrage de J-P Terrail : « Pour une école de l'exigence intellectuelle » (La Dispute, 2016) appelait à ne pas renoncer, soutenant qu'en lieu et place des pédagogies « concrètes » et « ludiques » recommandées pour ces publics depuis les années 1960, la solution passait par le maintien à leur égard d'une forte ambition scolaire, et bien sûr par la mise à leur disposition des moyens effectifs de répondre à l'exigence.
    Le présent ouvrage s'inscrit dans le prolongement de cette visée, puisqu'il rassemble les contributions de dix enseignants qui, du CP à l'université, du français aux maths et de l'économie à l'histoire, proposent avec succès à des publics « vulnérables » un enseignement exigeant, s'opposant ainsi au bon sens apparent d'une pédagogie « adaptée » s'avérant presque toujours, à l'expérience, ségrégative. Ces dix enseignants qui refusent de « baisser les bras » explicitent et illustrent ici leur conception du métier et leur façon de le pratiquer.
    Malgré l'urgence historique, la perspective d'une véritable démocratisation scolaire peut sembler lointaine, voire utopique. Son avènement supposerait un changement profond des missions de l'institution scolaire, ainsi qu'une confiance du monde enseignant dans l'éducabilité de tous les élèves, confiance loin d'être acquise aujourd'hui.
    Si la première de ces deux conditions est au prix d'une conquête politique et d'une décision d'État, la réalisation de la seconde se joue sur le terrain des pratiques quotidiennes. La conviction qu'il est irréaliste de prétendre assurer à tous les jeunes une formation de haut niveau se nourrit du constat, réitéré année après année, des difficultés et des échecs d'une partie importante des élèves. Bien des enseignants s'investiraient volontiers au service d'une réussite ambitieuse pour tous, car il en va de leur bonheur professionnel, si l'expérience pouvait les convaincre que l'entreprise avait quelque chance d'aboutir. Ils trouveront dans cet ouvrage collectif de quoi nourrir leur réflexion à cet égard.
    On mesure ainsi l'importance politique de cette publication, entreprise totalement inédite, qui démontre par la pratique la possibilité d'une pédagogie à contre-courant de l'opinion dominante.

  • Comment garantir des revenus stables à des salariés à l'emploi instable ? Cette question, essentielle pour le salariat contemporain, les intermittents du spectacle se la posent en France depuis longtemps.
    De leur premier mouvement social en 1919 à la lutte actuelle pour la défense de leur régime d'indemnisation, les intermittents n'ont cessé de se battre pour que l'instabilité de leur emploi ne signifie pas précarité de leurs revenus et de leur protection sociale.
    Quelles stratégies ont-ils développées, tout au long du XXe siècle, pour « vivre de leur métier » ? Comment et pourquoi le régime des intermittents du spectacle a-t-il été mis en place ?
    Pour quelles raisons les salariés concernés se battent-ils pour le défendre ? Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l'université d'Amiens, examine ici de nouveaux possibles entre plein-emploi et précarité.
    À l'heure où l'emploi est de plus en plus flexible et le reflux du chômage de masse un horizon de moins en moins crédible, l'expérience des intermittents peut intéresser tout le salariat. Leur régime ne peut-il pas en effet constituer un modèle alternatif pour repenser les droits des salariés à l'emploi discontinu ?

  • Les classes populaires n'apparaissent que par éclipses dans les discours politiques et médiatiques. Il est difficile cependant d'ignorer leur poids électoral ou de rester sourd à leurs révoltes. qu'elles viennent gonfler les rangs des cortèges syndicaux ou enflammer les banlieues. Quant aux sociologues. sont-ils toujours suffisamment attentifs aux formes de la conflictualité sociale au travers desquelles elles se mobilisent et se construisent ? Prendre acte de l'effacement de la "classe ouvrière" d'hier dans le paysage social et politique doit-il conduire à négliger les formes contemporaines des luttes de classes ? Ce livre, qui s'inscrit dans les efforts de réinvention d'un horizon d'émancipation sociale, réunit les expériences de quatre sociologues pour mettre à l'épreuve la catégorie "classes populaires".
    Il revient sur la manière dont s'est construite puis défaite l'hégémonie ouvrière sur ces classes, s'interroge sur les clivages qui les travaillent et sur ce que nous disent les "banlieues" du populaire contemporain. Face à un ordre social de plus en plus injuste et à un pouvoir de plus en plus autoritaire, quelles sont les potentialités de résistance et de transformation sociale portées par les catégories qui en souffrent le plus ? Les forces d'alternative ne doivent-elles pas à nouveau relever le défi majeur d'organiser leur représentation et leur action politiques ?

  • Dans un contexte politique marqué notamment par les élections européennes, l'objectif de cet ouvrage est de proposer une analyse rigoureuse des conséquences économiques et politiques de l'Union européenne afin d'en extraire des alternatives politiques de gauche réalistes.
    L'Europe est entrée dans une phase critique. Ces trois dernières années, les menaces politiques se sont accumulées pour l'Union européenne ; le Brexit et l'ascension de forces d'extrême-droite dans plusieurs de ses Etats-membres l'attestent. Les grandes entreprises et leurs soutiens politiques se servent de la crise pour intensifier leur offensive contre les conquêtes sociales et démocratiques du XX e siècle. L'austérité, le démantèlement des droits sociaux, les politiques commerciales de libre- échange, joints au mépris des institutions européennes pour les droits fondamentaux et la démocratie ont conduit à une crise de légitimité sans précédent de l'UE.
    Corrélativement, l'Union économique et monétaire (UEM) a manifestement et irrévocablement échoué, les économies de la périphérie subissent une crise sévère, et les économies du centre rencontrent des difficultés persistantes. La monnaie unique est devenue un instrument du capitalisme allemand pour instaurer une politique économique mercantiliste au moyen du dumping des salaires, et pour dicter - avec le soutien des autres économies du centre de l'UEM - des « réformes structurelles » qui provoquent la stagnation économique, la pauvreté et le chômage. La capitulation de Syriza en Grèce a montré que l'UEM comme l'Union européenne (UE) constituent des obstacles majeurs à toute tentative de modifier l'agenda néolibéral qui domine en Europe.
    Dans ce contexte, que devrait faire la gauche ? C'est à cette question que répondent les contributions de l'ouvrage, qui réunit des chercheurs et militants de divers pays membres de l'Union Européenne.
    La première partie questionne la crise de l'Union européenne : quels sont les causes et les enjeux de cette crise multifactorielle, et que pourraient être les scénarios pour le futur de l'Europe ? La deuxième partie traite spécifiquement de l'Union économique et monétaire et montre que l'architecture même de l'UE est facteur de division économique en Europe : comment l'enrichissement de certains États au centre de l'UE résulte-t-il de l'appauvrissement d'autres États-membres, que signifie précisément le « centre » et la « périphérie » de l'Europe et quelles y ont été les conséquences différenciées des politiques néolibérales? Enfin, la troisième partie aborde la question de la dette, de l'euro et de l'emploi, et propose des solutions concrètes en partant de l'exemple de trois pays européens (la France, l'Espagne et la Grèce) : que devrait être le coeur d'une politique économique de gauche et quel type de confrontation avec les institutions européennes sa mise en oeuvre requerrait- elle ?
    L'ouvrage s'ouvre par un avant-propos de la co-directrice et des co-directeurs de l'ouvrage, et se conclut par un texte collectif, « Que faire en Europe ? » signé par de nombreux chercheurs, militants et responsables politiques ayant participé activement ces dernières années au débat sur les alternatives de gauche en Europe.
    La critique des institutions européennes et la question des alternatives qu'on peut lui opposer e sont devenues un élément central du débat politique à gauche. Pourtant, rares sont les ouvrages réunissant chercheurs et militants de divers États-membres de l'Union européenne autour de la question : que faire ? Cet ouvrage constitue une contribution substantielle, issues de recherches et de discussions organisées dans divers espaces académiques et militants en Europe, au débat nécessaire sur la question européenne.
    Les analyses et les propositions présentées dans ce livre sont le fruit d'un travail mené dans le cadre du réseau européen EReNSEP (European Research Network on Social and Economic Policy), avec des chercheurs et des militants, dont certains de renommée internationale (notamment Joachim Becker, Costas Lapavitsas, Éric Toussaint). Elles s'appuient entre autres sur les interventions réalisées lors des trois premières conférences internationales du réseau (Thessalonique, Paris et Barcelone) en lien avec les perspectives dessinées dans les sommets pour un Plan B en Europe. Cet ouvrage s'inscrit donc dans les débats théoriques et stratégiques qui ont traversé la gauche, notamment en France, en Belgique, en Grèce, en Espagne, en Italie, et aux Royaume-Unis, au sujet des conditions permettant de réaliser une politique sociale et écologiste dans les pays européens et au-delà.
    Sur la base de recherches empiriques rigoureuses, l'ensemble des chapitres défend que la gauche, pour se confronter à l'Union européenne néolibérale dans la perspective d'une Europe solidaire, doit renouveler et affiner ses propositions économiques, sociales et politiques. Elle doit se souvenir qu'elle tire sa force de la défense de la démocratie, de la souveraineté populaire, des intérêts des travailleuses et travailleurs et des opprimés. Face à l'impossibilité d'une réforme des institutions européennes, la gauche doit se préparer à une rupture radicale avec le carcan néolibéral imposé par les traités de l'Union européenne et par l'Union économique et monétaire. Si la gauche retrouve du courage politique, il est encore temps pour elle de reprendre la direction des événements. Mais, aujourd'hui, de nouvelles idées sont requises pour mettre l'égalité et la solidarité au coeur d'un projet d'émancipation en Europe, et ailleurs.
    Cet ouvrage, qui résulte des travaux d'un nouveau « think tank », académique et militant, à l'échelle européenne (EReNSEP), et qui pour la France intervient dans les débats qui ont traversé les mouvements sociaux (notamment Attac) et les partis de gauche ces dernières années, s'adresse ainsi à tous les chercheurs, militants et citoyens qui s'intéressent à la construction d'alternatives au néolibéralisme et au futur de l'Europe.

  • La réification

    Collectif

    • Dispute
    • 27 Février 2014

    Contributions interrogeant l'histoire et l'actualité du concept de réification en prenant position dans la perspective d'une critique du capitalisme contemporain, de la marchandisation du rapport entre les hommes et de la fétichisation des produits du travail, de la pensée et de la culture.

  • Mouvements sociaux

    Collectif

    • Dispute
    • 14 Février 2019

    Luttes syndicales, citoyennes et autonomes contre les réformes du droit du travail, Nuit Debout, soutien aux ZAD, Comité Justice pour Adama, #MeToo et manifestations féministes, mobilisations pour le climat... Que se passe-t-il en France pour expliquer qu'un nouveau cycle de mouvements sociaux fasse irruption sur la scène sociale, médiatique et politique ? Alors que les Gilets jaunes remettent en question les sujets, les formes et les finalités de la mobilisation sociale, ces entretiens donnent la parole à trois militantes et à un militant d'horizons divers, qui questionnent les mouvements sociaux auxquels elles et il ont participé entre le printemps 2016 et l'automne 2018.
    A travers leurs accords et désaccords, ce livre donne à voir les colères et les stratégies, les échecs et les espoirs des mouvements sociaux aujourd'hui.

  • Le Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire entend contribuer à la démocratisation de l'école en soumettant ses travaux au plus large débat. Il propose dans cet ouvrage de substituer à l'actuelle « école unique » une « école commune », caractérisée notamment par un tronc commun de 3 à 18 ans, la suppression des notes et de la concurrence entre les élèves, ainsi qu'un vaste réexamen des procédures d'apprentissage et des contenus d'enseignement, de la culture commune à transmettre aux jeunes générations, et de la formation des enseignants.
    Des propositions audacieuses, réfléchies et réalistes à la hauteur des attentes, envers ce qui pourrait être une rénovation ambitieuse de l'école.

  • Imaginaires du néolibéralisme propose une analyse originale de la nouvelle séquence du néolibéralisme, ouverte par les conséquences de la crise des subprimes, à la lumière des effets concrets de son imaginaire sur les individus : qu'il s'agisse des salariés de l'open space postfordiste, des « nounous » migrantes précaires des grandes métropoles du capital, des « citoyens » de l'après-démocratie, des utilisateurs des réseaux sociaux, ou des écrivains et des enseignants à l'heure de la norme concurrentielle.
    En quoi consiste l'efficacité de l'imaginaire néolibéral ? Quelles formes prend-il ? Son analyse permet de comprendre les circonstances objectives et les désordres subjectifs, les violences sociales et les déshérences intérieures, les forces historiques et les discours qui façonnent aujourd'hui notre monde. Elle ouvre également la voie à la production commune d'un autre imaginaire, un ailleurs du néolibéralisme, point de départ d'une échappée vers d'autres horizons, plus démocratiques et plus heureux.
    L'ouvrage peut se lire comme un inventaire (incomplet) des formes contemporaines de domination. Mais, en rupture avec les approches critiques désormais classiques du phénomène qui cherchent son homogénéité, la diversité des approches rassemblées insiste sur l'hétérogénéité des configurations de son imaginaire À travers ces fragments disparates, permettant de comprendre à quel point il s'agit d'une particularité des dispositifs néolibéraux que de configurer un imaginaire malléable, adaptable on peut en outre percevoir l'ampleur effective de l'entreprise de normalisation généralisée des subjectivités qui caractérise la transformation néolibérale du monde. L'imaginaire néolibéral se révèle comme un dispositif de production de peur et de généralisation de l'impuissance, voué à corseter les imaginaires au prétexte de l'absence d'alternative.
    On y observe une métamorphose de la violence du régime d'accumulation, présentée comme inévitable, absolue, et dépolitisée. Il s'appuie sur une spacialisation et une culturalisation des rapports sociaux.
    Qu'il s'agisse de la domination sociale, des affects ordinaires, des modes de gestion du salarié et de la personne ou des subjectivités littéraires, il s'agit de tenter d'identifier, à chaque fois, les logiques à l'oeuvre dans l'entreprise contemporaine de reconfiguration néolibérale et les façons dont elles affectent les sujets et la représentation qu'ils se font d'eux-mêmes et du monde. Les contributions sont regroupées en quatre grandes sections qui explorent cet imaginaire sous l'angle, successivement, du rapport de pouvoir, du lien social, de la nouvelle raison managériale, et, pour finir, de ce que peuvent encore y être l'écriture et la littérature. La question du travail y est inscrite de manière transversale, à travers ses résonances dans la subjectivité du petit individu du monde contemporain, en tant que citoyen, salarié, mais aussi en tant qu'ami ou écrivain.
    Le travail de cartographie mené ici, partiel et partial, répond d'abord à la volonté d'envisager la possibilité effective de contre-imaginaires. Chacun à leur façon et dans leur domaine de spécialité respectif, les auteurs ayant contribué à ce volume adoptent une telle posture : pour entrevoir un ailleurs du néolibéralisme, il nous faut chercher à cerner au plus près les freins, passés, présents et à venir, à une telle bifurcation. Et les chercher dans nos propres représentations, nos propres pratiques, y compris critiques, savantes, militantes ou ordinaires. Autant d'exemples qui laissent aussi entrevoir leur ambivalence constitutive : la construction, d'un côté, d'un imaginaire spécifiquement néolibéral, et la possibilité, de l'autre, d'une résistance aux postures individuelles et collectives qu'il valorise - ou, du moins, le point de départ d'une échappée vers d'autres horizons, d'autres imaginaires.

  • Or, sur le sentier des Lauzes

    Collectif

    • Dispute
    • 17 Juillet 2009

    Un ensemble d'articles d'écrivains, chercheurs, scénaristes, poètes, etc. sur la lauze.

  • Le rapport des femmes à l'eau et à l'environnement reste souvent compris à partir de l'idée de leur identité naturelle : l'eau symboliserait " la nature " des femmes, qui seraient de toute éternité les " gardiennes " de l'eau.
    Les auteures de ce livre sont des intellectuelles et des militantes qui analysent cette question à l'aune du combat mené pour l'émancipation par le féminisme. Elles convoquent ainsi la critique féministe des discours à propos de la nature, des rapports de domination Nord/ Sud, de la division sexuelle du travail, et font entendre le point de vue des femmes les plus discriminées parce que femmes, du tiers monde, noires ou ouvrières.
    Les analyses féministes du rapport des femmes à l'eau et à l'environnement replacent ainsi la perspective de leur libération conjointe ailleurs que dans le discours naturalisant et dans la charité organisée des femmes et hommes du Nord à l'égard des femmes des pays pauvres. Le féminisme n'apparaît dès lors pas seulement comme un combat pour la libération des femmes, mais aussi comme une arme pour comprendre et agir pour la préservation de l'eau et de l'environnement en tant que biens communs.

  • Des émeutes dans les banlieues populaires, qui soulignent l'aggravation des fractures sociales et territoriales dans le pays, une pétition des " indigènes de la République ", qui dresse un réquisitoire contre la France " postcoloniale " : les signes d'une faillite du modèle universaliste français s'accumulent...
    Doit-on envisager à terme une déliaison des minorisés de la République d'avec la communauté nationale ? L'enquête réalisée à Lyon et à Paris par une équipe de chercheurs pluridisciplinaire sur la discrimination des catégories moyennes d'origine immigrée dans l'accès à un logement privé prend ici une résonance particulière. En dépit de réussites sociales, parfois éclatantes, les personnes appartenant ces catégories rencontrent maintes difficultés à vivre dans les espaces valorisés des grandes villes.
    La cruauté du phénomène discriminatoire les a même souvent conduits à se résigner à l'idée que leur intégration économique ne les met pas à l'abri de pratiques ségrégatives.
    A contrario des solutions sociales ou symboliques qu'on a jusqu'ici privilégiées pour remédier à cette situation, ce livre nous montre que la politique peut seule relever le défi d'un idéal civique, en vertu duquel tous les hommessont égaux.

  • déluges, fontaines de jouvence, immersions et libations, l'eau est au coeur des rites et des croyances dans toutes les civilisations.
    mais les tabous, les mythes et les symboles marquent aussi le dessin des villes, les techniques de recueil, de transport de l'eau ou de son partage. lavoirs et fontaines organisent la vie en communautés autour des points ou des cours d'eau, quand le tout à l'égout et l'eau au robinet entretiennent la culture de l'hygiène... souvent nous ne sentons plus le poids de notre imaginaire dans la banalité de notre rapport à l'eau.
    ainsi les auteurs de ce livre nous invitent à explorer les mythes liés à l'eau et à comprendre leur incidence sur l'économie, les techniques, la ville, la gestion de la ressource, et sur notre vie quotidienne. prenant leurs exemples dans toutes les civilisations, à toutes les époques, ils ancrent l'actualité de leur propos dans la perspective d'une gestion de l'eau respectueuse de l'avenir, raisonnée et solidaire.
    tous éminents spécialistes, ils ont confronté leur savoir au public en participant à l'université populaire de l'eau et du développement durable créée en 2006 par le conseil général du val-de-marne. ce livre est le résultat de cette expérience.

  • À travers son nom, le Gange véhicule une entité et des valeurs sacrées, auprès desquelles se révèlent des structures sociales d'une infinie richesse. Grâce à des usages et des pratiques de l'eau portant l'empreinte de gestions collectives et de sophistications techniques millénaires, se dessinent des organisations sociales autonomes que des siècles de colonisation et des décennies de mondialisation n'ont pas réussi à éliminer.
    C'est cette résilience culturelle, adossée à des techniques alternatives modernes, nourrie de savoirs sociaux millénaires et, en même temps, apte à porter une critique aiguisée sur les sciences et les techniques mondialisées qui fait de ce parcours sur ce miroir social qu'est ce fleuve, une véritable initiation à ces formes de résistance politique.

  • Les chemins de l'émancipation des femmes, salariées ou retraitées, d'ici ou d'ailleurs, renvoient à des formes singulières d'individualisation et de rapport au collectif.
    Cet ouvrage cherchent à les comprendre à la lumière des transformations de l'ensemble des rapports sociaux de sexe, de classe, de "race" et de génération. Les enquêtes empiriques présentées ont été menées dans le monde du travail, de l'action sociale et de l'engagement militant ; elles interrogent le passage au collectif, les dynamiques identitaires, les contraintes familiales et professionnelles ou l'engagement syndical des femmes.
    Dans une réflexion introductive, la dialectique de l'individuel et du collectif est mise en perspective dans le cadre des recherches contemporaines sur l'individualisation et l'émancipation. Certes les individus et collectifs féminins font l'expérience de rapports sociaux spécifiques source de domination, mais qui doivent être pensés aussi comme potentiellement porteurs d'émancipation. Ce livre affirme avec force que cette émancipation implique la construction de nouvelles formes de collectifs.

  • Peut-on enfin mettre les points sur les i ? Sortira-t-on du traitement social, du traitement à la marge du chômage, de la pauvreté, de l'intermittence forcée et du désespoir social. Un monde s'est révolté à travers sa jeunesse, comme souvent celle-ci s'exprime de façon désordonnée et violente...
    En demandant à une quinzaine d'intellectuels, de militants et de personnalités politiques de nous dire ce qu'ils pensent être la signification de la révolte des jeunes dans les cités, La Dispute et Regards souhaitent mettre à la disposition du public un ensemble de réflexions averties et sérieuses sur le phénomène lui-même, mais aussi sur ses racines et sa perdiration depuis plus de vingt ans.
    Ce livre vise aussi à dégager des solutions qui ne soient pas seulement le nième catalogue de recettes, mais de larges perspectives alternatives. Chaque auteur s'y exprime pour lui-même, tandis que le livre nous appelle à écouter enfin la banlieue.

  • La recherche de garantie vient d'investir l'espace des " psychothérapies ensemble flou de pratiques polymorphes et changeantes.
    Du point de vue du législateur. il s'agissait d'y mettre bon ordre - ne serait-ce qu'au titre de la protection contre " sectes " et " charlatans " qui pourraient y trouver abri - en instaurant une réglementation. Telle était du moins l'intention affichée, car l'air du temps incite à une tout autre lecture : politiques de " santé mentale ", discours scientistes et gestionnaires, avis d'" experts " de l'INSERM convergent en une passion haineuse, tout spécialement à l'endroit de la psychanalyse.
    Il faudrait évaluer et normaliser ! Les psychanalystes se sont trouvés embarqués dans cette galère. Certes, la psychanalyse a toujours eu à tenir compte de la culture de son temps, pour y défendre une place qui n'est jamais allée de soi. Mais en l'occasion comment fallait-il répondre à cette mise en cause ? Certains ont pensé qu'il convenait de ménager dans le droit un espace pour la psychanalyse. Pour les auteurs de ce livre - Franck Chaumon.
    Patrick Chemla, Roger Ferreri, Olivier Grignon, Vincent Perdigon, Michel Plon, psychanalystes, Yves Clot, psychologue, Guillaume Leblanc, philosophe, Philippe Pignarre, essayiste, Jack Ralite, sénateur - la menace d'une mise en ordre ne se combat pas sur le terrain réglementaire, mais par un débat public où doivent être explicités les ressorts d'une telle vindicte, et les enjeux d'une telle politique, car il y va de l'idée même qu'on se fait de la démocratie.

  • Le spectre du "populisme", nous dit-on, hante aujourd'hui l'espace politique et la conscience populaire...
    Sur ce registre, les commentaires qui ont suivi le 21 avril 2002 ont mis en avant le niveau élevé d'abstentions et de vote blancs ou nuls, ainsi que la progression des suffrages en faveur des candidats d'extrême gauche, d'une part, et d'extrême droite d'autre part, pour proposer une interprétation de l'événement qui isole le moment électoral et l'électeur du mouvement général de la vie sociale. Sociologues politiques, spécialistes des questions électorales, des partis politiques.
    Des institutions ou des médias - les auteurs de cet ouvrage proposent une autre grille de lecture et dressent un constat bien différent. S'appuyant sur les enquêtes de terrain, l'histoire et les statistiques, ils restituent leur complexité et leur densité rationnelle aux nouveaux comportements politiques en même temps qu'ils nous donnent des clés pour comprendre la "démobilisation politique" (intermittence du vote.
    Croissance de la non-inscription, baisse du nombre de militants politiques et syndicaux...) et ses conséquences: la perte de légitimité du système politique d'une part, les difficultés à s'y orienter, d'autre part.

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