Le Retour Aux Sources

  • « La Russie sauvera le monde » écrivait le regretté Jean Dutourd. Plus modestement, la Russie peut-elle aider l'Europe à se sauver elle-même ? C'est la question qui nous a conduit, en plus d'une affection pour une grande nation et grande alliée de la France, à nous interroger sur le renouveau russe.

    Qui aurait pu penser à la chute de l'Union soviétique que la Russie reviendrait au premier plan de la puissance. La tragique « modernisation » économique de la Russie entraîna plus d'un million de victimes, exemple comme un autre d'un hiver démographique qui pouvait condamner l'ex-géant soviétique. Le prestige diplomatique de la Russie ne survivait pas sans la béquille de la diplomatie américaine. L'économie et la société russe tombèrent aux mains d'anciens dignitaires soviétiques devenus de véritables seigneurs de guerre à la faveur de la privatisation des monopoles d'Etat.

    Mais dès 1997, la Russie reprend la conscience puis la maîtrise d'elle-même. C'est ce phénomène qui amènera l'arrivée au pouvoir, au terme d'une grave crise de régime, de Vladimir Poutine.

    Vladimir Poutine et son équipe proche ont réussi en dix ans à refaire une Russie-puissance. Le constat est là, quelles que soient les critiques que l'on puisse faire au régime et aux hommes qui le servent. Du marché global de l'énergie jusqu'au maintient de la paix dans la zone stratégique d'Asie centrale (cf. entretien avec Alexandre Knyazev), la Russie est aujourd'hui un acteur mondial incontournable.

    Des stratégies de diabolisation (cf. article sur la russophobie) et de néo-containment (article d'Alexandre Latsa sur les révolutions colorées) ont été mises en place. Cette stratégie de diabolisation, mise en place à travers des intellectuels stipendiés ou idiots utiles d'une propagande grise (cf entretien avec Daniel Salvatore Schiffer), a permis de détourner les élites européennes avec des résultats variables de l'axe France-Russie ou Europe-Russie (voir l'article de Xavier Moreau).

    Toutefois la russophilie populaire, issue d'une très ancienne connivence intellectuelle franco-russe (voir l'article de Jean-Gérard Lapacherie) fit que la russophobie dans toute sa gamme idéologique (de Thierry Wolton à André Glucksmann) ne put passer la barrière de Saint-Germain-des-Prés et des médias dominants.

    L'émergence économique et énergétique chinoise, l'affaiblissement de la puissance américaine, la menace allemande sur les économies européennes, conjugués avec l'une des plus grandes crises de l'histoire du capitalisme, nous oblige à regarder notre allié russe dans sa vérité. Le grand historien Martin Malia écrivait que ce que l'on prend pour le fatalisme slave n'est rien de plus que la conscience que la Russie aurait pu ne pas être. Cette fragilité, le champ de ruines satisfaites qu'est l'Europe aujourd'hui devra l'apprendre. Cette Europe qui se laisse vivre sans même s'interroger sur elle-même, sur son devenir et plus profondément sur sa singularité et son caractère contingent (Voir l'entretien avec Bernard Bruneteau).
    Le retour de la Russie est aussi un des facteurs du retour des politiques de puissance, nous commençons une série sur ce thème avec La Turquie et les grands nationalismes asiatiques. La mondialisation heureuse se dissipe, le multilatéralisme est un fait, nous entrons dans un monde plus libre mais plus incertain. La conscience de la fragilité joua pour la Russie, le rôle du déclin en France, une conscience de la nécessité de l'action, la pensée de survie et l'horizon de guerre nécessaire pour persévérer dans son être et demeurer libre.

  • Le 11 septembre 2001 fut une journée historique : voilà un point sur lequel tout le monde s'accorde. Mais quant au sens de cette journée et à la nature réelle de l'évènement qui eut lieu aux USA ce jour-là, il n'existe plus aujourd'hui de consensus.

    Il n'en est pas toujours allé ainsi. Sur le coup, la retransmission télévisuelle imposa le fait avec une telle puissance d'impact que nos esprits furent en quelque sorte sidérés. Personne, au fond, ou disons presque personne, ne pensa immédiatement le 11 Septembre comme un simulacre. Il fallut attendre quelques semaines, et la publication en France du livre de Thierry Meyssan, « L'Effroyable Imposture », pour que l'idée surmonte la fausse évidence de l'image.

    /> Dix ans plus tard, l'image a perdu son pouvoir de fascination. La place existe, à nouveau, pour l'idée.

    Pour notre part, nous n'en déduisons pas nécessairement que l'on puisse aujourd'hui savoir précisément ce qui s'est passé ce jour-là. Mais une chose nous paraît claire : à tout prendre, les versions alternatives évoquées par les détracteurs de la version officielle ne sont pas plus délirantes que cette dernière. A vrai dire, elles ne peuvent pas être plus délirantes, car avec ses avions de ligne capables d'accomplir des manoeuvres physiquement impossibles, ses passeports ignifugés et ses immeubles s'effondrant sans raison architecturalement valables, la version officielle implique un scénario que même Hollywood rejetterait comme ridicule.

    Dans ce contexte, il nous a paru intéressant de proposer au public une sorte de photographie des points de vue dissidents, en France, à l'heure actuelle. Que disent, au juste, les détracteurs de la version officielle ? Comment appréhendent-ils la question ? Quels enjeux posent-ils ? Quelles réponses croient-ils pouvoir apporter, et dans quelle mesure osent-ils avouer leur ignorance ?

    Il ne s'agit pas pour nous de prendre parti. C'est pourquoi nous avons approché des intervenants représentant un éventail aussi large que possible, de la gauche internationaliste à la droite nationaliste, chrétiens, musulmans, religieux ou irréligieux. Si certaines plumes fameuses sont absentes de cet ouvrage, ce n'est pas parce que nous les avons oubliées, mais parce qu'elles n'ont pas trouvé le temps de contribuer à notre démarche.

    A l'exception des questions légales et du classique travail éditorial sur la forme, nous n'avons rien censuré. Il en résulte que des formulations abruptes subsistent ici ou là, au fil des pages. Tant mieux : nos lecteurs doivent s'attendre à être choqués.

    Au moins cet ouvrage aura-t-il ainsi le mérite de permettre aux dissidents, issus de courants très divers, de se découvrir mutuellement. C'est en tout cas l'ambition que nous lui avons assigné.

  • La crise de l'Europe donne lieu à des commentaires contrastés - entre l'effondrement prédit par les euroréalistes, qui posent que toute construction hors-sol est vouée à disparaître, et l'emballement des euro-inconditionnels, pour qui la faillite de l'idée européenne n'est tout simplement pas pensable. Il faut dire que si les plans de sortie de crise, de remise à plat même, existent bel et bien, ils ne sont pas portés par des élites au pouvoir. Lesquelles, nouveaux médecins de Molière, savent mieux saigner que sauver leur patient.

    Et pourtant les échéances arrivent à terme. La crise de l'Euro, comme l'explique Jean-Luc Gréau, va remettre en cause l'équilibre communautaire. Les questions sociales (Philippe Arondel) et géostratégiques (Jean-François Susbielle) se feront de plus en plus présentes dans un contexte général de destruction des États (David Mascré et Pierre Hillard).

    Plus profondément les essentielles questions d'identité se sont effacées du débat (Bernard Bruneteau). C'est sur ces questions que reviennent, dans un magnifique échange, Jean-François Mattéi et Françoise Bonardel.

    L'exhaustivité n'est pas de ce monde, mais nous souhaitons en tout cas que les jalons ici posés soient, pour nos lecteurs, d'utiles munitions à l'heure de repenser l'idée européenne...

  • Ce livre de synthèse offre un panorama des forces agissantes autour du concept coaxial de « Choc des civilisations ». C est une analyse et mise en perspective des trois grandes tendances qui débattent, collaborent et s affrontent au sein des élites dirigeantes anglo-saxonnes et israéliennes : les néoconservateurs, les conservateurs réalistes, les mondialistes. Ce livre décode la complexité interne du phénomène impérialiste à ce stade de son développement, pour expliciter les stratégies de communication polymorphes, à la fois complémentaires et concurrentes, déployées par la puissance américaine et ses alliés, britanniques et israéliens principalement. Sont abordés : - La genèse et le développement du concept de « choc des civilisations », autour des uvres de Samuel Huntington et Victor Davis Hanson. - Les concepts et méthodes de la « guerre de quatrième génération », conçue par les stratèges US, ainsi que leurs diverses déclinaisons par le Project for a New American Century, Zbigniew Brzezi ski et George Soros. - Les stratégies de communication utilisées actuellement pour déstabiliser le régime iranien et/ou préparer une attaque contre l Iran. Ce livre aborde aussi la question de l immigration musulmane en Europe, et de son instrumentalisation possible, dans le cadre d une stratégie impérialiste visant à fragiliser l Etat français.

  • Eurocalypse

    Collectif

    2038 de l'ancien calendrier. An XVIIIe de l'ère eurocorporative. L'Alliance panaméricaine, l'Union Eurocorpo et la Sinosphère se partagent le monde. La France n'existe plus. Elle est divisée entre intrazones, meilleur des mondes totalitaire, et extrazones, territoire de relégation des bandes néomusuls et afros. Une vague de crime déferle sur l'europrovince de Neustrie, dans la conurbe Paris-Banlieue. Tous les crimes sont liés à un jeu vidéo étrange, qui rend fous ceux qui y jouent. Un flic, Yann Rosso, va chercher à comprendre pourquoi. Miroir de notre avenir à la fois radicalement inhumain et forcément humain, trop humain, Eurocalypse constitue une exploration du concept fractionnaire dans l'hypothèse catastrophiste. Contrairement aux apparences, ce livre n'est pas un roman.

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