Anamosa

  • Beaucoup a été dit sur la mise à distance de la mort dans les sociétés occidentales du second XXe siècle, après qu'elles ont sombré à corps perdu dans la violence extrême des guerres et des crimes de masse. En proie à une sécularisation toujours plus profonde, doublée d'une forte tendance à la médicalisation, elles auraient cherché à esquiver le cru de la mort - remisé dans l'univers aseptisé de l'hôpital, délégué à une chaîne de professionnels. À ce cadre de pensée, qui postule jusqu'au déni de la mort, un renouvellement des travaux sur le deuil s'intéresse toutefois aux possibilités de liaison entre des réalités données pour séparées. S'il est indéniable, par exemple, que certains rituels funéraires font l'objet d'un long désinvestissement, d'autres s'élaborent avec l'époque. Peau tatouée, vêtement de deuil, minute de silence, traversée attentive d'un cimetière de quartier ou quête des traces disparues : voici quelques-unes des explorations d'un lien aux morts qui s'agite de façon parfois subreptice, inattendue, et traverse aussi la chair des vivants. S'emparer de la puissance de transformation des disparus, cheminer dans l'après-vivre des morts, tels sont les enjeux de cette 8e livraison de Sensibilités.

    Un numéro coordonné par Anouche Kunth, Stéphanie Sauget et Clémentine Vidal-Naquet.
    Avec des textes de Valérie Albac, Pierre Christin, Christine Détrez, Georges Didi-Huberman, Cloé Drieu, Thomas Giraud, Raphaëlle Guidée, Maylis de Kerangal, Chowra Makaremi, Dominique Memmi, Saskia Meroueh, Emmanuel Saint-Fuscien, Stéphanie Sauget.

  • Peur, haine, indignation, passion, enthousiasme, confiance : loin d'être extérieurs au domaine du politique, les affects y prennent pleinement leur part - mais laquelle et comment ?
    En prenant à bras-le-corps l'expérience sensible du politique, ce numéro fait singulièrement écho à l'actualité la plus récente, française et mondiale. Des places et des ronds-points aux marches collectives puis au confinement, c'est tout notre présent qui invite à repenser les intensités du politique, comme les logiques émotionnelles et les affects communs qui le structurent. Ce volume s'efforce par conséquent d'appréhender la fabrique du politique à l'endroit même, parfois le plus quotidien, où les rapports de pouvoir s'élaborent, s'exaspèrent ou offrent prise aussi à la contestation radicale. Et s'il met en exergue les élans du présent, les soulèvements, clivages et slogans de notre époque, il vise également à les réinscrire dans leurs ancrages historiques, à arrimer les luttes sociales et les solidarités de groupe à la longue chaîne des générations. Ainsi révèle-t-il les infinies vibrations et incandescences qui font toute la chair du politique.

    Avec : Ludivine Bantigny, Déborah Cohen, Stéphanie Dechézelles, Serge D'Ignazio, Emmanuel Fureix, Boris Gobille, Alban Jacquemart, Antoine Lilti, Piroska Nagy, Julie Pagis, Nathalie Quintane, Federico Tarragoni et Sophie Wahnich.

  • L'intime logerait-il quelque part en nous, à l'abri des rapports sociaux et des relations politiques qui organisent notre monde ? Caché, ou révélé par touches aux initiés, souvent pensé comme le dernier refuge de l'authenticité, serait-il cet espace propre à l'individualité pure, par nature inaccessible au dehors et, par-là, insaisissable pour les sciences sociales ?
    Sensibilités tente ici de lever le voile sur l'intime, notion pétrie de fausses évidences et d'intrigants paradoxes, pour en explorer la dimension profondément historique et politique. Car l'intime en soi n'est rien : il se construit en relation. Avec lenteur. Expérience sociale et affective du lien, de la familiarité, de la proximité ou de la distance, il est ce qui relie les êtres entre eux, mais aussi les individus aux choses, aux lieux, aux paysages. Fruit d'une volonté de dévoiler ou de retrancher, il relève d'un acte social. Or, dans ce que l'on croit devoir soustraire aux regards ou dans ce que l'on imagine être autorisé à livrer, c'est bien la société qui, là encore, se donne à voir.
    Objet fragile, discret et mobile, l'intime finalement révèle toute l'épaisseur humaine, la riche complexité des liens tissés dans la durée.

    Avec : Étienne Anheim, Jean-Christophe Bailly, Howard S. Becker, Jean-Michel Butel, Valérie du Chéné, Michel Chaumont, Arlette Farge, Michaël Foessel, Carlo Ginzburg, Anouche Kunth, Chowra Makaremi, Caroline Muller, Klavdij Sluban et Clémentine Vidal-Naquet.

  • À l'heure de sa seconde livraison, la revue Sensibilités a souhaité réinvestir ce lieu connu, trop connu, qu'on appelle d'ordinaire « la maison ». Sans doute parce qu'il est de son ambition de savoir nous rendre à nouveau étranger jusqu'au plus familier. Quoi de plus naturalisé en effet que cet espace perceptif quotidien, pétri d'affects, de traditions et d'arbitraires, qu'est justement le « chez soi » ?
    Bien sûr, les recherches qui l'ont questionné sous l'angle de la propriété, de ses règles d'héritage comme de ses transgressions ne manquent pas. Nombreuses également celles qui portent sur la variété des formes et des matières, sur la signification sociale du mobilier ou sur la disposition des pièces. Très riches encore, les travaux portant sur l'intimité familiale, sur la privatisation plus ou moins marquée des espaces et les rapports genrés relatifs à l'entretien du foyer. Multiples enfin, ceux qui questionnent les politiques publiques du bâtiment et du logement. Mais voilà : manque encore à ce jour une véritable science sociale de l'espace domestique.
    Non pas tant qu'il faille espérer dans une théorie unifiante à même de subsumer ces quêtes apparemment disparates et séparées. Mais l'enjeu tient justement dans notre capacité à décrire et à penser ensemble et la transformation et la persistance des constructions symboliques et des luttes de perception qui modèlent le monde tout à la fois matériel et immatériel de la maison. Dire comme ici de la maison qu'elle est, jusqu'en ses moindres recoins, de l'histoire faite chose, c'est s'efforcer de comprendre à la fois la voie par laquelle cet espace de vie s'est autonomisé en s'arrachant lentement aux emprises publiques, mais aussi la manière dont les modes de perception dominants en organisent la lecture et l'évidence même, enfin, la façon dont les logiques sociales travaillent les usages de l'espace domestique jusqu'aux plus ordinaires et aux plus intimes.

  • Qu'ils soient témoins, victimes directes ou « collatérales » (mais aussi acteurs), les enfants sont exposés par millions et de plus en plus massivement aux violences de la guerre. En plongeant le lecteur ou la lectrice dans la centaine de dessins d'enfants rassemblée ici (une collection d'une ampleur inégalée), il s'agit ici de parcourir plus d'un siècle de conflits et de violences (de la Première Guerre mondiale au conflit syrien), qui continuent de se reproduire partout dans le monde, malgré les « plus jamais ça ». Regarder la guerre à hauteur d'enfant, c'est interroger notre relation à la violence et à sa représentation, occultation ou monstration ? Les dessins, fresques narratives ou instants donnés, ont un pouvoir d'évocation bouleversant et profondément troublant. Ils « racontent » une réalité des massacres, les machettes, les bombes, le sang, la destruction, l'effroi comme nous la voyons peu. Véritables « traces » de l'horreur, ils sont un défi pour nous, autres témoins : quelles réponses juridiques, thérapeutiques, pour construire l'avenir ensemble.
    Organisé sous la forme d'un abécédaire thématique, l'ouvrage est rythmé par des contributions transversales, historique, psychologique, juridique ou de terrain, ainsi que par des réponses d'artistes (tels Enki Bilal) ou d'écrivains (tels Erri de Luca ou Linda Lê) à un dessin choisi.
    Déflagrations est une oeuvre magnifique et inédite, à la fois militante, humaniste et constructive.

    Artistes et écrivains impliqués : Laura Alcoba, Enki Bilal, Stéphane Blanquet, Monique Chemillier-Gendreau, Boubacar Boris Diop, Ernest Pignon-Ernest, Himat, Catherine Lalumière, Linda Lê, Erri de Luca, Mona Luison, Mohamad Omran, Rémy Ourdan, Leïla Sebbar, Antonio Segui, Salah Stétié, Vladimir Velickovic, Léonard Vincent, Sonia Wieder Atherton.
    Auteurs des textes de contextualisation des conflits : Joëlle Alazard, Olivier Bercault, Raphaëlle Branche, Charlotte Cosset, Leyla Dakhli, Leonora Dugonjic, Hélène Dumas, Olivier Favier, Antoine Germa, Juliette Gheerbrant, Ariane Mathieu, Aude Merlin, Ivica Mladenovic, Xavier Muntz, Manon Pignot, Philippe Valls.

  • Pour son troisième numéro, la revue Sensibilités explore la part obscure, souterraine, sinon maudite, de la vie sociale. Elle se met en quête des situations extrêmes et des expériences-limites qui dessinent les bords de l'humaine condition. À travers les visages de l'ivresse, de l'extase, de l'obscène, de la fureur ou encore de l'effroi-panique, dans les douleurs de l'accouchement ou les spasmes de l'agonie, dans les cruautés du massacre, dans les vertiges de la transe ou de la liesse, dans les secrètes voluptés de la luxure comme dans les puissances transgressives du délire, Sensibilités s'en va traquer les corps au paroxysme...
    Rien de commun ici, voudrait-on croire. Sinon peut-être ceci : désigner chaque fois la séquence la plus aiguë d'une affection. Et, par là, le comble du vivre. Soit ce point au-delà duquel quelque chose paraît s'arrêter. Soit ce qui dans l'expérience vécue peine toujours à se dire. C'est peut-être d'abord à cela que se reconnaît le paroxysme : sa sous-verbalisation. Car, d'emblée, celui-ci nous projette sur les cimes inquiétantes du langage, aux bornes mêmes de la représentation. De là, pour le chercheur, les souveraines vertus d'une pareille enquête : celles d'ébranler jusqu'aux dernières certitudes, d'inquiéter tout le savoir.

  • Ce volume se positionne au coeur d'un débat : la compréhension des émotions relève-t-elle des seules sciences cognitives ? Si les neurosciences semblent avoir conquis l'espace public, il s'agit d'affirmer l'importance d'une approche historique, sociale et culturelle du ressenti, de critiquer certains usages sociaux des neurosciences et d'ouvrir les possibilités d'un dialogue.

    Quiconque s'intéresse à la vie des émotions se heurte à un mur d'apparence infranchissable : celui qui sépare les recherches des neurosciences affectives de celles des sciences sociales. À voir cependant fleurir les rayons « neurosciences » dans nos librairies, le caractère « rassurant » des sciences du cerveau semble avoir déjà conquis l'espace public : elles font des émotions une réponse naturelle et universelle fixée par l'organisme. Mais cette centralité médiatique masque parfois d'inquiétants usages qui s'insinuent jusqu'au creux de nos existences quotidiennes. C'est pourquoi ce numéro invite à une critique sociale et politique véritable comme à la réaffirmation d'une approche historique et culturelle des émotions. Cessons de croire, qui plus est, que leur savoir, aux résultats soi-disant imparables, serait plus solide que les connaissances des sciences humaines et sociales.
    Mais qu'on s'entende bien toutefois : l'intéressant n'est pas de produire un énième discours de délégitimation mais d'ouvrir un espace de discussion véritable. Si les neurosciences, en excluant l'historicité des émotions comme du langage qui les expriment, mutilent la complexité de cet objet, il y aurait un risque évident à évacuer de l'analyse le substrat biologique et neuronal de l'émotion. D'autant qu'un espace de convergences s'esquisse aujourd'hui : il faudrait non seulement ne plus dissocier le psychologique du sociologique, mais montrer comment s'imbriquent chez l'individu le processus biologique de maturation et celui, social, de l'apprentissage.
    Qui sait ? Par-delà incompréhensions et désaccords, le temps est peut-être venu de réfléchir à nouveaux frais, loin des logiques marchandes, des pédagogies univoques ou des manipulations politiques, aux infinies possibilités d'enrichissement de notre vie sensible et affective.

  • La société s'arrêterait-elle aux portes du sommeil ? Là où, du fond de soi, depuis quelque source mystérieuse, jaillissent toutes nos fantaisies nocturnes aussi continûment déroutantes qu'extraordinairement intimes. L'ambition première de ce numéro est justement de sociologiser le rêve. Non pas pour extirper à la psychanalyse l'un de ses thèmes de prédilection, mais pour mieux mesurer ce que coûte à la pensée le divorce insistant du psychologique et du sociologique. En cela, le rêveur ne devrait plus être renvoyé par l'interprétant à ses seuls antécédents psychopathologiques. Ne doivent plus être négligés la part de son milieu social, de sa profession, de sa culture. Comme tout individu, celui qui rêve doit être appréhendé à la croisée des multiples appartenances sociales qui constituent son identité propre (professionnelles, générationnelles, sexuelles, territoriales, religieuses, etc.). Car tout ceci interfère dans la trame des songes comme dans la matière qu'ils charrient. Mais il reste toutefois un défi de taille qu'invite si justement Bernard Lahire à affronter. Si nous possédons aujourd'hui de très nombreux et riches travaux sur l'histoire des interprétations savantes ou populaires des rêves, sur leurs circulations et leurs usages, du moins la construction d'une véritable sociologie des rêves oblige à ne pas se contenter de travailler « autour » des rêves, mais d'y entrer pleinement. Ainsi, l'étude des discours sur le rêve doit nécessairement s'accompagner d'un effort sociologique spécifique visant à entrer dans la fabrication des rêves eux-mêmes. Donc d'en assumer tout aussi pleinement le travail interprétatif.
    Ajoutons à ce numéro de Sensibilités un autre dessein : celui d'affirmer haut et fort l'historicité du rêve. Prouver que les rêves ont une histoire, c'est rappeler qu'on ne rêve pas des mêmes choses ni de la même manière non seulement selon les cultures et les milieux sociaux, mais aussi selon les époques. Aux historiens, en somme, de faire mieux saisir combien l'imaginaire est non seulement ce qui fait tenir les hommes entre eux, mais aussi ce qui donne sens, à un moment précis de l'histoire, à leurs actions comme à leurs rêves.

  • Le charisme figure parmi les catégories d'intellections traditionnelles des sciences sociales. De Weber à Geertz ou Kershaw, du charisme personnel au charisme d'institution, il entre de longue date dans l'explication des formes d'organisation des sociétés humaines et dans l'élucidation des rapports de pouvoir, profanes ou religieux, qui les structurent. Des déférences de rang au leadership du chef, les travaux sont nombreux qui étudient les signes, les rites et le mécanisme des croyances qui, au sein de groupes et de périodes précises, en fondent et en perpétuent l'autorité collective.
    Pour son premier numéro, la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales a choisi de prendre pour objet l'" enchantement affectif " qui se tient au centre de la relation charismatique. Elle propose ainsi d'analyser ensemble, dans les conditions changeantes de leur emboîtement, la construction, sociale, politique, historique, des propriétés qui fondent le charisme, qu'il s'agisse de l'autorité d'un dieu, de la prestance d'un chef de bureau ou de l'aura d'une oeuvre d'art, et celle, sociale, politique, historique, elle aussi, qui organisent les conditions de l'admiration, de la reconnaissance ou plus simplement de l'attente qui font vivre le charisme.
    Non pas qu'est-ce que le charisme, autrement dit - mais bien plutôt quand y-a-t-il charisme et qu'est-ce qui agit sous son nom ?

  • Après un Delta t n° 1 lancé le 2 juin 2016, qui nous a fait partager le processus de création du disque d'AEGN enregistré en Grèce (sortie : fin août) par Marc Buronfosse, les enthousiasmes de Mikko Mattlar, l'excavateur de trésors de la musique pop finlandaise, ou encore une virée dans les clubs d'Austin avec Éric Débris, pionnier de l'électropunk, voici un n° 2 tout aussi étonnant, dans la country auvergnate, la Belgique d'Arno secouée par les attentats, entre la France et les États-Unis, selon des ponts musicaux construits par le jazz et la pop, sous la plume de Julien Desprez et de Sylvain Daniel et enfin, la délicate touche de piano de Catherine Watine qui résume sa vie. Delta t laisse aux musiciens d'écrire ce que leurs partitions ne disent pas d'évidence.
    Rédacteur en chef : Olivier Villepreux. Avec Arno, Catherine Watine, José Dubreuil, Sylvain Daniel, Julien Desprez, Quentin Rollet et Patrick Foulhoux, Dino Di Meo, Marie Gueguen, Nicolas Nicolas...

  • DELTAT N.4

    Collectif

    Dans ce numéro, il est question de musique, de disques vinyles et d'enregistrements spéciaux ainsi que des productions françaises des années 1980 à aujourd'hui.
    Les "Session Unik", avec Marc Maret, chargé de la musique à FIP. La radio sort un nouveau disque d'enregistrements de duos inédits. Texte : Marc Maret et Olivier Villepreux.
    La radio au temps du vinyle. Par Denis Soula, réalisateur à FIP et écrivain.
    L'Olympia via l'underground des années 1980. Photographies inédites de Pascal Dacasa et texte de Pierre Mikaïloff, écrivain et ancien guitariste de Jacno et des Désaxés. En complément, un court texte sur la scène indé qui ne passait alors pas à l'Olympia (Stranglers, etc.), toute la vague post-punk. Par Éric Falce, qui a lui aussi travaillé avec Jacno et dont le groupe actuel s'appelle My Concubine.
    Matière sonore. Olivier Mellano, guitariste de Dominique A, entre autres, a élargi son horizon en travaillant plutôt sur la matière à la façon d'un peintre. Il travaille actuellement à un projet sur Rothko.
    L'esthétique Objet Disque. Objet Disque est un label où le graphisme est au moins aussi important que les textes et explorations musicales de ses artistes dont Mocke, Arlt, Chevalrex ou encore Perio qui renouvellent le genre « musique française ». Par Rémi Poncet, qui dirige le label.
    Les sons du travail. Working Day a d'abord été un ciné-spectacle avant d'être un disque conçu et réalisé par Lizzy Ling. Il s'agissait de sampler des sons produits par divers métiers et d'en faire des chansons (coiffeur, conducteur de métro, ouvrier, etc.)

  • DELTAT N.3

    Collectif

    1- Paroles et musique. La grande muette, par Jean Fauque 2- Rhythm & blues. Urban et orbi, par James Startt 3- Gumbé. Rire d'un grand éclat et puis mourir, par Sylvain Prudhomme 4- Patrimoine. Un phare dans la nuit brestoise, par Pierre-Henri Allain 5- Rock. Hache tendre & gueules de bois, par Patrick Foulhoux 6- Americana. James McMurtry, Lonesome Dove, par Olivier Villepreux

  • Le monde a la une Nouv.

  • Au miroir de l'argent Nouv.

  • Pour son premier numéro, Sensibilités a choisi de prendre pour objet l'" enchantement affectif " au centre de la relation charismatique. En questionnant les limites explicatives de la notion, elle propose d'analyser la construction, sociale, politique, historique, des propriétés et des conditions de l'admiration, de la reconnaissance ou de l'attente qui fondent et font vivre le charisme. Non pas ce qu'est le charisme, mais plutôt quand y a-t-il charisme et qu'est-ce qui agit sous son nom ?
    Le charisme figure parmi les catégories d'analyse traditionnelles des sciences sociales. De Weber à Geertz ou Kershaw, du charisme personnel au charisme d'institution, il entre de longue date dans l'explication des formes d'organisation des sociétés humaines et dans l'élucidation des rapports de pouvoir, profanes ou religieux, qui les structurent. Des déférences de rang au leadership du chef, les travaux sont nombreux qui étudient les signes, les rites et le mécanisme des croyances qui, au sein de groupes et de périodes précises, en fondent et en perpétuent l'autorité collective.
    Pour son premier numéro, la revue
    Sensibilités a choisi de prendre pour objet cet " enchantement affectif ", jugé si flottant, qui se tient néanmoins au centre de la relation charismatique. En questionnant les limites explicatives de la notion, elle propose ainsi d'analyser la construction, sociale, politique, historique, des propriétés et des conditions de l'admiration, de la reconnaissance ou plus simplement de l'attente qui fondent et font vivre le charisme.
    Non pas ce qu'est le charisme, autrement dit - mais plutôt quand y a-t-il charisme et qu'est-ce qui agit sous son nom ?

  • À l'heure de sa seconde livraison, la revue Sensibilités a souhaité réinvestir ce lieu connu, trop connu, qu'on appelle d'ordinaire " la maison ". Sans doute parce qu'il est de son ambition de savoir nous rendre à nouveau étranger jusqu'au plus familier. Quoi de plus naturalisé en effet que cet espace perceptif quotidien, pétri d'affects, de traditions et d'arbitraires, qu'est justement le " chez soi " ?
    À l'heure de sa seconde livraison, la revue
    Sensibilités a souhaité réinvestir ce lieu connu, trop connu, qu'on appelle d'ordinaire " la maison ". Sans doute parce qu'il est de son ambition de savoir nous rendre à nouveau étranger jusqu'au plus familier. Quoi de plus naturalisé en effet que cet espace perceptif quotidien, pétri d'affects, de traditions et d'arbitraires, qu'est justement le " chez soi " ?
    Bien sûr, les recherches qui l'ont questionné sous l'angle de la propriété, de ses règles d'héritage comme de ses transgressions ne manquent pas. Nombreuses également celles qui portent sur la variété des formes et des matières, sur la signification sociale du mobilier ou sur la disposition des pièces. Très riches encore, les travaux portant sur l'intimité familiale, sur la privatisation plus ou moins marquée des espaces et les rapports genrés relatifs à l'entretien du foyer. Multiples enfin, ceux qui questionnent les politiques publiques du bâtiment et du logement. Mais voilà : manque encore à ce jour une véritable science sociale de l'espace domestique.
    Non pas tant qu'il faille espérer dans une théorie unifiante à même de subsumer ces quêtes apparemment disparates et séparées. Mais l'enjeu tient justement dans notre capacité à décrire et à penser ensemble et la transformation et la persistance des constructions symboliques et des luttes de perception qui modèlent le monde tout à la fois matériel et immatériel de la maison. Dire comme ici de la maison qu'elle est, jusqu'en ses moindres recoins, de l'histoire faite chose, c'est s'efforcer de comprendre à la fois la voie par laquelle cet espace de vie s'est autonomisé en s'arrachant lentement aux emprises publiques, mais aussi la manière dont les modes de perception dominants en organisent la lecture et l'évidence même, enfin, la façon dont les logiques sociales travaillent les usages de l'espace domestique jusqu'aux plus ordinaires et aux plus intimes.

  • Des bateaux qui volent ? Avec les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils leur permettant de s'élever au-dessus de l'eau, ce rêve insensé devient possible ou presque. Pour la première fois, un ouvrage leur est consacré, sans oublier les hommes, architectes et marins, qui se sont lancés dans cette épopée.

    « Il faut être monté un jour à bord pour comprendre l'équilibre ténu qui fait craindre la catastrophe à chaque manoeuvre. Il y en a sous le capot, on sent la fureur, l'animal sauvage qui pourrait se cabrer, mais fait tout pour se contenir. Et nous, nous tenir, à tout ce qui ne bouge pas, comme ces barres autour du cockpit. Dans l'attente d'un rodéo inopiné, se planquer derrière le boss à la barre, dont on s'étonne des imperceptibles mouvements. Très vite, une accélération inattendue, latérale, déstabilisante, même pour qui connaît le comportement habituel de ces bateaux volants. Toute cette énergie à dompter pour ne pas la subir... Regarder vers le bas, entre les filets, cet Atlantique qui défile à Mach 2, tranché par des foils qui le fendent et soulèvent les coques. Retenir son souffle à chaque virement de bord. Une heure et demie pour faire 90 km. Sur un voilier classique, il faut une demi-journée pour parcourir une telle distance... Ce n'est pas pour rien que lorsqu'on est sur un Ultim, les autres bateaux, on les appelle «les piétons». » Patricia Oudit La longue histoire de l'architecture navale n'avait pas projeté qu'un jour des voiliers immenses s'élèveraient au-dessus des vagues de l'Atlantique ou du Pacifique. Désormais, la chose est constatée.

    Véritables Formule 1 des mers, les Ultims, ces trimarans géants dotés de foils, vont écrire un chapitre inédit de l'aventure maritime qui ne sera pas sans conséquence sur la façon dont nous concevrons et pratiquerons la voile à l'avenir. Autant se mettre à la page.

    Ce livre invite donc à mieux comprendre ce que cachent les exploits des marins qui se sont lancés dans cette odyssée, tel François Gabart capable de faire le tour du monde en 42 jours. Il s'agit aussi de mettre en évidence l'exceptionnel travail d'architectes, d'ingénieurs, de techniciens, d'équipes entières vouées à s'affronter dans la course au large et rivalisant aussi de secrets invisibles à l'oeil nu.

    La voile au point ultime.

    Un ouvrage dirigé par Olivier Villepreux. Avec des textes de Frédéric Augendre, Dino Di Meo, Antoine Grenapin, Jean-Louis Le Touzet, Patricia Oudit, Pierrick Pourchasse, et les paroles de Franck Cammas, Charles Caudrelier, Thomas Coville, François Gabart, Yves Le Blevec et Armel Le Cléac'h.

  • DELTAT N.5

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    Dans ce numéro, une séquence est consacrée à la naissance des Trans Musicales de Rennes. Créées en 1979, ces soirées de concerts du premier week-end de décembre vont révéler des artistes qui vont influencer durablement la pop-rock française. Mais à quoi ressemblait le festival dans ces années-là ? Quel était l'état d'esprit des musiciens et des organisateurs de l'époque ?

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