Fabrique

  • Police

    Collectif

    • Fabrique
    • 18 Septembre 2020

    La police, un sujet omniprésent sur lequel, à force, on ne sait plus trop quoi penser.
    Ce livre, qui ne prétend pas à l'objectivité, donne le point de vue de quelques individus qui ont eu « maille à partir », comme on dit, avec les forces de l'ordre.
    David Dufresne qui suit depuis longtemps les violences policières, résume ce qu'il a vu, subi, et entendu. Julien Coupat explicite le sens du mot d'ordre « Tout le monde déteste la police », il montre qu'il s'agit plus que d'un cri d'instinct, que ce slogan a valeur tactique. Eric Hazan au contraire reste (très minoritairement) convaincu que seul le basculement de la police peut transformer l'émeute en mise à bas du système : il préconise le mot d'ordre opposé : « La police avec nous ! ». Antonin Bernanos, militant antifasciste, met en évidence les connivences et les alliances objectives entre l'institution policière et l'extrême droite ; Amal Bentounsi, évoquant sa bataille judiciaire pour faire condamner les policiers meurtriers de son frère Amine Bentounsi, donne à voir la façon dont le racisme d'État a pu appuyer l'ascension inexorable et incontestée du pouvoir policier dans tous les pores du champ social.
    Enfin Frédéric Lordon examine la menace d'affranchissement sauvage, inhérente aux institutions de la violence d'État, menace d'entraîner la police dans un devenir corps-étranger au sein du corps politique, sous les oripeaux du « monopole de la violence légitime ».

  • Depuis le 22 février 2019, chaque vendredi, les Algériens descendent dans les rues, parfois par millions, pour réclamer le départ du régime en place depuis l'indépendance : « Qu'ils dégagent tous ! », « Les généraux à la poubelle ». Un mouvement, appelé « hirak » en arabe, d'une ampleur inédite dans l'histoire du monde contemporain : on n'a jamais vu la majorité de la population opprimée d'un pays manifester ainsi pacifiquement dans les rues de ses villes pendant des mois pour exiger une authentique démocratie.
    Ce livre tente de rendre compte de cette extraordinaire ébullition, qui a sidéré tous les observateurs. Il réunit les contributions de journalistes et professionnels algériens qui ont suivi sur place le mouvement au jour le jour, ainsi que celles de spécialistes, algériens et français, qui observent l'actualité du pays depuis des décennies. D'où l'intérêt de ce livre sans équivalent, qui montre d'abord comment les slogans exprimés de mille manières dans les manifestations du hirak ont révélé la remarquable lucidité du peuple sur la nature du régime. Ils expriment sans détours que, depuis les années 1980, celui-ci est dirigé par l'équivalent d'une coupole mafieuse, principalement composée par les chefs de l'armée et de la police politique, réunis autour du partage des circuits de corruption. Une coupole qui se cache derrière une façade politique civile constituant une fausse démocratie à base de ministres et de partis, « laïques » ou « islamiques », sans aucune autonomie réelle.
    Après avoir rappelé les évolutions récentes de ce régime, qui permettent de comprendre les origines profondes du soulèvement, les auteurs rendent compte en détail de ses multiples facettes, comme l'inventivité et l'humour des manifestant.e.s, la place essentielle des jeunes et des femmes ou la revendication centrale d'une « seconde libération », celle du peuple après celle du pays en 1962. Mais aussi la mobilisation spécifique des étudiant.e.s, sans négliger le rôle de la presse et des réseaux sociaux, ni les réactions à la répression exercée par les forces de sécurité.
    En se concluant par une série de révélations sur les effets du hirak au sein du pouvoir (règlements de comptes à la tête de l'armée et de la police politique, arrestations d'oligarques liés aux réseaux de corruption de certains clans...), ainsi que sur les réactions des grandes puissances, cet ouvrage très accessible apporte des clés essentielles pour comprendre l'un des plus puissants mouvements sociaux de l'histoire moderne.

  • Qu'est-ce qu'un peuple ?

    Collectif

    Le mot "peuple" a tant de sens différents qu'un danger en découle : celui de le ranger dans le vaste ensemble de mots en caoutchouc qui servent avant tout au maintien de l'ordre existant. Et de fait, certains usages du mot - comme le jugement et l'envoi en prison "Au nom du peuple français" - peuvent justifier une telle méfiance.
    Mais les textes réunis dans ce livre montrent que "peuple" reste un mot actuel depuis l'article 35 de la Déclaration des droits de 1793 ("Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs").
    Le peuple dont la représentation est si problématique (Didi-Huberman), le concept à géométrie variable de "classes populaires", de "peuple" ou de "travailleurs" (Bourdieu), la façon vicieuse d'amalgamer l'idée même de peuple démocratique à l'image de la foule dangereuse (Rancière), la façon dont les éléments réputés constitutifs du peuple ne font sens qu'au moment où se dessine un extérieur au peuple (Khiari) : tels sont quelques-uns des thèmes développés par les auteurs de ce livre, avec pour point commun de résister au découpage/démontage/destruction de la notion toujours subversive de peuple.

  • Le numéro 10 de Garden Lab s'interroge et répond aux questions posées par le réchauffement climatique sur nos jardins.
    Garden Lab sort son dixième numéro. Qui aurait parié, il y a 3 ans et demi de ça, que cette publication ovni, mi-revue, mi-livre, fruit des cogitations de deux anciennes de « Mon Jardin, Ma Maison » (Sylvie Ligny et Cécile Christophe), perdurerait ? Elle creuse pourtant un sillon indispensable, sur le temps long. En s'intéressant à l'esthétique, à la botanique, à l'insertion environnementale, à la créativité des jardins de demain. En s'appuyant sur une équipe solide, qui partage la parole avec des spécialistes finement choisis, qui ont - vraiment - des choses à raconter, à nous apprendre. Ce numéro #10 est consacré à l'impact du changement climatique sur nos jardins actuels et futurs. Plutôt qu'un constat déprimé, ces pages esquissent des propositions concrètes et attrayantes, sans eau, ou si peu. À découvrir d'urgence : GardenLab #10 vient juste d'arriver chez votre libraire préféré !

  • L'eau est un élément essentiel au jardin. C'est une source de vie et une animation déterminante. Depuis des siècles, des paysagistes la mettent en scène tantôt pour nous immerger dans la nature, tantôt nous perdre dans des effets de miroir, ou encore nous offrir un spectacle son et lumière. Cet art de l'eau est accessible partout, par tous et contribue à la biodiversité.
    Garden_Lab a invité quelques intervenants à vous dévoiler leurs idées.
    L'eau c'est également un enjeu à l'heure où l'évolution climatique inquiète, où les intempéries sont de plus en plus violentes, où les excès et les pénuries d'eau sont de plus en plus criants. Garden_lab enquête sur le bon usage de cet élément essentiel à la vie sur terre.

  • L'équipe de Garden_Lab est partie à la rencontre de botanistes de notre temps afin de mieux comprendre les nouveaux enjeux de l'étude des végétaux et l'importance de mieux connaître ce monde végétal dont l'humanité dépend.
    La botanique n'est pas seulement la science associée à des listes de noms latins. Elle est avant tout l'école de l'observation et de l'écoute du vivant, ce qui est à la portée de tout de monde.

  • Ce livre, où il est question de poésie, réunit des écrivains qui ont en commun de ne pas trop aimer qu'on les traite de poètes.
    Qui plus est, il sort dans une maison d'édition qui n'a jamais publié de poésie. C'est que dans leur grande diversité, les écritures de celles et ceux qui ont accepté de participer au projet ont un trait commun : elles sont hantées par la politique. Non qu'elle en soit le thème explicite, sauf exception - mais alors, où se loge-t-elle ? Moins dans un style que dans un effort pour renouveler la construction, l'agencement et les enjeux du livre, et de ce qui, au-delà même de l'objet livre, poursuit l'analyse critique de nos mondes.
    La poésie ici envisagée est une opération pratique, concrète, où l'on pense l'art comme un acte - individuel certes - mais aussi comme un lieu public, une scène ouverte.

  • Tout, n'importe quoi et son contraire a déjà été écrit à propos du voile et des femmes qui le portent. Mais dans ce déluge de paroles, une chose a manqué : la voix des principales concernées. C'est de ce constat qu'est née l'idée de ce livre. 42 femmes et adolescentes s'expriment ici, avec leurs propres mots, renversant le dispositif accusatoire, et désarçonnent les clichés entretenus sur l'islam et la femme musulmane. Leurs témoignages rendent
    tangible cette réalité occultée par les débats houleux sur « l'islam », la « laïcité » ou « les valeurs de la République » : le poids des préjugés, l'angoisse et la violence qu'ils engendrent au quotidien.

  • Tiqqun est le nom d'une revue philosophique française d'inspiration anarchiste et post-situationniste[réf. nécessaire] fondée en 1999[1] avec pour but de « recréer les conditions d'une autre communauté ». Elle fut animée par divers écrivains, avant de se dissoudre à Venise en 2001 suite aux attentats du 11 septembre[2]. La revue a été l'objet d'un certain intérêt dans les média en novembre 2008[1] suite à l'arrestation[3] de Julien Coupat, l'un de ses fondateurs.
    Le Tiqqun est également un concept philosophique, éponyme de la revue dans laquelle il a été développé.

  • Manifeste pour la psychanalyse

    Collectif

    • Fabrique
    • 23 Septembre 2010

    Rédigé par cinq psychanalystes de renom, ce Manifeste a pour première cible la loi Accoyer, qui aboutit à assimiler la psychanalyse à une psychothérapie : la psychanalyse n'est pas une psychothérapie, et elle ne peut s'accommoder d'un contrôle/évaluation par l'appareil d'État. Chemin faisant, le livre retrace les moments où la psychanalyse s'est trouvée menacée par le passé, ses liens avec la science, son implication dans la société. Un texte de combat et en même temps un éclairage précieux sur l'histoire et l'actualité de la psychanalyse.

  • L'expérimentation culinaire est entrée dans nos cuisines à la faveur d'inspirations planétaires fortement médiatisées. Certes. Est ce pour autant une mode qui sera rapidement chassée par une autre ?
    Pas si sûr car simultanément la nécessité de changer nos façons de nous alimenter et celle de retrouver des liens à la terre modifient nos pensées en profondeur.
    Garden_Lab lance sa première réflexion sur le jardin comestible sous les regards sensibles de paysagistes, de pépiniéristes, de jardiniers-maraîchers-apiculteurs et de chefs cuisinier.
    Le potager devient le jardin gourmet, le lieu qui cultive la diversité, le plaisir d'expérimenter des saveurs tout en préservant les ressources naturelles. Il se pose partout et naît d'échanges et de partages.

  • Le livre : que faire ?

    Collectif

    • Fabrique
    • 22 Février 2008

    Au chevet du livre, on trouve rassemblés toutes sortes de consultants, institutionnels, ministériels et corporatistes.
    Les enquêtes, colloques et rapports se suivent et se ressemblent : un flot de sollicitude tiède destiné à masquer l'indifférence envers le sort du livre indépendant. le livre : que faire est un ouvrage collectif écrit par des praticiens. éditeurs, libraires, diffuseurs ou bibliothécaires, ils sont, comme on dit, dans le même bateau, menacé de collision par le gigantesque paquebot du livre industriel.
    En s'appuyant sur leur travail de chaque jour, ils montrent ce qui est dès maintenant possible : trouver des modes d'édition sans recourir à des financiers, modifier le droit d'auteur dans le sens du bien commun, redresser les errements de l'aide publique, pousser les bibliothèques à aider les librairies de quartier, éviter la diffusion massive et aveugle, faire de la librairie un lieu de découverte permanente, éviter que les nouvelles technologies ne transforment le monde du livre en un ensemble d'ingénieurs informaticiens et de manutentionnaires.
    C'est qu'après tant de larmes, le moment est venu de l'optimisme de la volonté.

  • L'arbitraire, selon le Robert, est "une autorité qui s'exerce selon le bon vouloir d'une personne ou d'un groupe".
    Ce livre s'en prend à cette autorité et à ce bon vouloir sur les terrains où ils s'exercent aujourd'hui avec le plus de dégâts, aux dépens des plus vulnérables : la prison et la police, la garde à vue et l'antiterrorisme, la justice des enfants et l'utilisation policière de la psychiatrie... Magistrats, avocats, juristes, historiens ou psychiatres, les auteurs ne se contentent pas d'un énième état des lieux : tous terminent par des propositions, dont certaines pourraient être mises en application du jour au lendemain et d'autres - comme l'élimination du racisme d'État ou la liberté totale de circuler à travers les frontières - imposeront de grands bouleversements.
    Peu importe qu'on crie à l'utopie, à l'irréalisable : il n'est pas question ici de faire consensus mais bien plutôt de provoquer le débat sur ce que nous subissons, en silence le plus souvent.

  • Les écritures collectées dans ce dossier ont affaire avec la documentation (d'une situation). Toute documentation (d'une situation) a affaire avec le réel. Tout réel et toute documentation (de n'importe quelle situation) ont affaire avec l'observation, avec l'interprétation. (Mais.) Les observations, les interprétations sont toujours partielles, elles impliquent une réaction. Les lisières qui séparent et caractérisent chacune des écritures rassemblées ici coïncident précisément avec les différentes opérations de déplacement de ces lisières, avec les limites de ces réactions particulières. Il ne s'agit donc que de quelques recherches, de quelques lignes de travail qu'il faudra évidemment lire dans l'ensemble pour arriver à voir ce qui en fait se passe (autrement/d'autre) en Italie.

  • 1967-2007 - Pour le peuple palestinien ce sont quarante années d'occupation israélienne, de colonisation, de répression et d'arbitraire militaire. Pour le peuple israélien, par contre, les quatre dernières décennies sont caractérisées par un débat politique de fond, violent parfois comme l'a tragiquement montré l'assassinat du Premier ministre Yitshak Rabin en 1995. L'intérêt des quarante textes sélectionnés pour ce livre est multiple. Ils prouvent d'abord l'existence d'une dissidence israélienne, d'abord marginale puis de plus en plus significative, à laquelle se joignent des intellectuels et des politiques qui étaient auparavant les symboles du consensus national. Quarante ans, c'est presque deux générations, et à travers ces textes, on peut voir l'évolution politique, mais aussi sociale et culturelle qui traverse la société israélienne. Au cours de ces quarante années d'occupation, la dissidence israélienne n'a jamais cessé d'exister et de s'exprimer, sur l'occupation et la répression, évidement, mais aussi sur la société et la politique israéliennes, le sionisme et la place d'Israël dans son environnement arabe. De l'extrême gauche, représentée par le mouvement Matspen, à David Grosmann, qui récemment encore soutenait l'invasion du Liban, jusqu'à ce que son fils Uri y laisse sa vie ; du grand intellectuel croyant, Yeshayahu Leibovitz au président athée de la Ligue des droits de l'homme, Israel Shahak. En lisant ces textes, on est surpris de la richesse de la réflexion politique dissidente, dans une société que l'on identifie trop facilement avec l'union sacrée. Les quarante textes sélectionnés nous offrent un large regard sur cette réflexion critique israélienne, telle qu'elle a évolué au cours de ces quatre décennies. Ils sont mis en contexte par de courtes introductions ainsi qu'une assez longue préface de Michel Warschawski, analyste et vétéran de tous les combats militant pour le Droit et une paix juste entre Palestiniens et Israéliens.

  • La parole ouvrière

    Collectif

    • Fabrique
    • 30 Octobre 2007

    Entre la révolution de 1830 et le coup d'État du 2 décembre 1851 s'étend une période où les prolétaires français ont beaucoup écrit. A travers l'expérience de deux révolutions trahies, dans la résistance à la transformation capitaliste du travail, c'est l'idée même de l'émancipation ouvrière que l'on voit apparaître, en attendant celle de la révolution prolétarienne. Ce livre est la réédition d'un choix de textes présenté dans les années 1970 par Alain Faure et Jacques Rancière. Brochures républicaines et manifestes corporatifs, textes de combat et règlements d'associations, proclamations socialistes et appels à l'union des classes composent un ensemble dont l'archaïsme ne diminue en rien l'impact. Dans sa postface de 2007, Jacques Rancière montre l'évolution du regard sur ces textes, qui restent d'actualité car "aujourd'hui autant qu'hier, l'égalité des intelligences reste la plus intempestive des pensées que l'on puisse nourrir sur l'ordre social".

empty