La Villette

  • Cette publication consacrée au regard que porte l'architecte sur des oeuvres africaines, asiatiques ou océaniennes permet d'éclairer des aspects essentiels de la modernité architecturale, notamment les équilibres recherchés entre une essence de l'humain, que représentent des « arts dit primitifs » et un progrès technique qui tend, du moins dans un premier temps, à couper l'homme de ses racines.
    La collection constituée par Le Corbusier est importante. La base des dessins de la Fondation Le Corbusier recense une trentaine de dessins réalisés entre 1905 et 1909 ; la collection particulière de Le Corbusier comprenait une dizaine d'oeuvres d'art africain (dont deux toiles du peintre soudanais Kalifala Sidibé), que l'on peut apercevoir sur les photographies de ses appartements, rue Jacob puis rue Nungesser-et-Coli ; des objets d'art exotiques sont reproduits dans différentes publications, de L'Esprit nouveau en 1920 au Poème électronique en 1958. La bibliothèque personnelle de Le Corbusier comprend une vingtaine d'ouvrages et un certain nombre de cartes postales concernant l'art extra-européen.

  • L'objectif est d'essayer de comprendre le phénomène mégapolitain. Selon les géographes, une mégapole est une agglomération de plus de 10 millions d'habitants, à ne pas confondre avec la mégalopole. Cette dernière est un espace urbanisé polynucléaire formé de plusieurs agglomérations dont l'extension fini par les faire se rejoindre. L'ouvrage se veut didactique sur les processus de fabrication actuelle de la mégapole parisienne : "comprendre pour agir".
    Mais il veut aussi défricher de nouvelles questions souvent mises de côté. Par exemple, se soucier des transports, notamment de cette nouvelle ligne de métro, le fameux "grand huit", sans se préoccuper des modes de développement et des immobilités résidentielles, c'est raisonner sans visibilité, ni choix politiques. Mais encore faut-il raisonner dans le bon sens. C'est aussi l'enjeu de cet ouvrage : proposer des scénarios, des options, des process pour avoir une chance que les projets émergent, car, plus que jamais "It's the economy, stupid " ! Paris, ville monde, capitale du XIXe siècle, grâce à la force de ses industries, de ses réseaux, de ses transformations haussmanniennes.
    Mais Paris a débordé ses fortifications militaires successives. Paris a annexé les communes limitrophes. Paris s'est nourri des campagnes proches. Mais la ville ne retrouve-t-elle pas des enceintes avec les grandes rocades que sont l'A86 et l'A104 - des barrières physiques, politiques et psychologiques. Cette prise de conscience d'un grand territoire est au coeur du devenir de Paris et des questions ici abordée.

  • Le deuxième volume de Marnes, documents d'architecture contient les premières traductions françaises de " Singapour Songlines " de Rem Koolhaas - l'article le plus volumineux de l'ouvrage S, M, L, XL - les essais de Fumihiko Maki de 1964 sur les " formes collectives ", ainsi qu'un texte inédit de Le Corbusier sur l'usage de la pierre en architecture (1937). Y figurent également des articles d'Éric Alonzo, Laurent Koetz, Fanny Lopez, Sébastien Marot, Guillemette Morel Journel, Philippe Panerai, Corinne Tiry-Ono et Jean-Jacques Treuttel sur l'art de dessiner les voies pour l'automobile, la maison autonome imaginée par Alexander Pike dans les années 1970, l'architectonique de deux maisons d'Eduardo Souto de Moura, l'enseignement de l'analyse urbaine dans les écoles d'architecture, etc.

    /> Éric Alonzo, Le Corbusier, Laurent Koetz, Rem Koolhaas, Fanny Lopez, Fumihiko Maki, Sebastien Marot, Guillemette Morel Journel, Philippe Panerai, Corrine Tiry-Ono, Jean-Jacques Treuttel

  • Alphand est connu pour son travail d'embellissement de Paris aux côtés du baron Haussmann. À cette époque, il est chef au service des Promenades de Paris. Il oeuvre avec ses collaborateurs à dessiner un nouveau paysage urbain. Ils créent des parcs, les Buttes-Chaumont, le parc Montsouris, le parc Monceau, et d'autres. Ils aménagent les bois de Vincennes et de Boulogne. On leur doit les boulevards parisiens avec des rangées d'arbres. Des écoles sont créées pour former les jardiniers, les horticulteurs, les techniciens de l'espace public : l'École du Breuil (1867), l'École nationale d'horticulture de Versailles (1873). Des serres et jardins de préparation et d'acclimatation innovants sont aménagés. Un service administratif, assurant la création et la gestion des parcs, jardins et promenades plantées est pensé et mis en place.
    Par rapport à la Ville de Paris, les orientations prises par Alphand et ses collaborateurs répondent de nos jours à certains impératifs environnementaux liés aux Plans climat et biodiversité. Certaines évolutions techniques pensées à l'origine dans une logique hygiéniste contribuent à diminuer aujourd'hui des risques liés aux changements climatiques. Il s'agit également de comprendre l'évolution de la notion de paysage urbain parisien dans ses rapports entre les espaces bâtis et les espaces ouverts, la transformation du sens de la notion de nature, l'entrecroisement des échelles et des rapports entre ville et banlieue particulièrement dans l'essor et la gestation du Grand Paris.

  • L'enseignement du paysage. Cela peut s'entendre en deux sens.
    Tout d'abord un sens pédagogique : comment le paysage peut-il s'enseigner, quelles matières en nourrissent l'approche, quelles sont les finalités de cet enseignement ?
    Mais aussi un sens directement relié aux perceptions que nous avons face aux formes du paysage : avec ses allures pérennes ou récurrentes et ses devenirs, ses bouleversements parfois, n'est-il pas lui-même, et constamment, une leçon ? La « matière » du paysage, n'est-ce pas le paysage lui-même ? Mais si l'existant est le recel de toute leçon et la base de tout projet possible, comment avancer, comment ajouter ou corriger, comment projeter ? On le voit, il y a là un véritable noeud, et il est tendu par tous les fils qui tissent le paysage. C'est à tenter de les démêler que ce numéro 12 les Cahiers de l'École de Blois est consacré.

  • La prise en compte du développement durable dans les opérations architecturales, urbaines ou paysagères semble avoir renforcé une préoccupation pour les logiques de « gestion » dans les processus de projet. Les thématiques énergétiques et environnementales propulsent des acteurs des services vers la fabrique urbaine et invitent des concepteurs à s'interroger sur le devenir de leurs projets. Parallèlement, certains maîtres d'ouvrage cherchent à convier les différentes parties prenantes à donner un avis sur les espaces et leurs modalités de gestion. Les évolutions de pratiques professionnelles observées dans les contributions réunies ici sont issues des secteurs de l'entreprise, des services urbains, des collectivités, des bailleurs sociaux et des agences d'architecture, urbanisme et paysage.

    Sous la direction d'Isabelle Grudet, Élise Macaire et Nadine Roudil.

  • Le paysage est désormais partout. Limité un temps à un genre de la peinture, étendu depuis quelques décennies à une profession, il déborde aujourd'hui largement ces domaines et, via les questions d'urbanisme, d'environnement, de développement durable, il occupe l'espace de la plupart des problématiques engageant l'avenir de la planète. Il a à voir avec la géographie, l'histoire, les moeurs, l'économie, l'agronomie, les arts et la littérature, le voyage, la philosophie... la politique aussi bien sûr. Mais dans cette étendue il se disperse, il se perd quelque peu. Faut-il dès lors en restreindre l'approche aux stricts attendus d'une profession - paysagiste - qui en a fait son matériau et son médium, ou bien doit-on le suivre partout où on le rencontre ?
    Le parti des Cahiers de l'École de Blois, et justement parce qu'émanant d'un lieu d'enseignement du paysage, aura toujours été jusqu'à présent de ne privilégier aucune de ces voies, de n'en considérer aucune comme seconde. Parler du paysage en termes de métier, en reliant cette préoccupation à la notion de projet, peut-être plus centrale encore qu'en architecture, mais l'approcher aussi de manière sensible ou réfléchie hors du cadre projectuel, via les sciences humaines et les arts - ces deux voies, les Cahiers ont tenté de les suivre ensemble et de les tresser. Avec ce numéro, il ne s'agit pas du tout de dresser un bilan de ce travail, mais de reprendre le chantier à son commencement, en tant qu'il détermine un espace de questions, une sorte d'inquiétude féconde.
    Il y a quinze ou vingt ans encore, quand on parlait d'une école de la nature et du paysage, tout le monde ou presque imaginait aussitôt de la verdure, des pampres, des roseraies... On sait un peu mieux aujourd'hui qu'il s'agit de tout autre chose, et que le nom même de « nature » qui est convoqué dans cette appellation désigne d'abord la complexité de tout le vivant. « Vous avez dit nature ? » - Ce pourrait être là aussi l'axe de réflexion d'un numéro des Cahiers, mais pour celui-ci, la question, plus cadrée malgré tout, se contente de repartir d'un « Vous avez dit paysage ? », dont nous espérons qu'il aura la valeur d'une récapitulation et, par conséquent, d'un point d'appui.

  • La densité est une notion relative d'un corps comparé à un autre. C'est une grandeur sans dimension et sa valeur s'exprime donc sans unité de mesure. Dans cet univers dominé par ce qui est relatif se pose en même temps que la raréfaction de la diversité des espèces, celle de leur densité. Densité voulue et recherchée pour se soustraire des parterre et broderies des jardins classiques et emprunter au naturel de la tradition anglaise. Densité subie, comme dans le cas des algues microscopiques qui se multiplient au point de contaminer étangs et rivages marins.

    A côté de ces densités végétales, se pose la questions des densités urbains, des paysages et milieux que ces dernières occasionnent. Là désormais luttent à armes peu égales, le minéral et le végétal. Mais les dominations et priorités d'hier seront-elles celles de demain à l'heure où l'écologie s'infiltre dans toutes les strates de la pensée humaine ? Petit tour de ces questions à Shangai, Roubaix, Mulhouse et Lyon.


  • Cette publication se situe entre la revue de fond et le recueil de textes de référence dans les champs de l'architecture, de l'urbanisme et du paysage.
    Elle comprend une majorité de rééditions-traductions d'articles ou d'extraits d'ouvrages ainsi qu'un certain nombre de contributions nouvelles. La première livraison aborde les thèmes du pittoresque dans l'architecture moderne, des bâtiments-infrastructures, du " contextualisme " et du projet urbain, du paysage contemporain, de l'architecture numérique et du rapport entre la structure et le corps. Les auteurs publiés dans ce volume sont : Eric Alonzo, Reyner Banham, Luc Baboulet, Alan Colquhoun, Peter Eisenman, Sébastien Marot, Charles-Antoine Perreault, Nikolaus Pevsner, Antoine Picon, Anne Portnoï, Colin Rowe, Jean-Aimé Shu, Manuel de Solà Morales et Jean Taricat.
    Marnes, documents d'architecture est une production de l'Ecole d'architecture de la ville & des territoires à Marne-la-Vallée.

  • Ce numéro des Cahiers associe des travaux d'étudiants à des contributions venues d'horizons multiples : l'aménagement du paysage, la géographie et l'architecture, mais aussi la philosophie, la paléoclimatologie, la photographie et la littérature. Cet ensemble protéiforme mais non dispersé entend rendre compte de la diversité des transformations touchant les paysages, et montrer la vitalité de l'invention et de l'imagination qui peuvent y répondre.

  • Du cerfeuil au séquoia, du rhizome à la feuille, de la plante en pot à la vaste forêt, semés, plantés, taillés, récoltés, transformés, détruits, sauvés, vivants : avec leurs systèmes, leurs cycles, leurs durées, leurs variétés, les végétaux sont en effet un règne, peut-être menacé, et c'est de cette souveraineté qu'il est question dans ce sixième numéro des cahiers de l'école de blois qui entrelace, comme à l'accoutumée, travaux d'étudiants et de spécialistes, approches techniques et poétiques, textes et images, résultats et projets

  • Paru en 1999, La Mouvance présentait les réflexions et les convictions profondes des fondateurs de la formation doctorale " Jardins, paysages, territoires ". Il constituait aussi, sans le dire explicitement, un hommage au célèbre et précurseur paysagiste Bernard Lassus qui avait contribué à faire d'un savoir-faire pratique, un véritable domaine de connaissance philosophique et universitaire. La Mouvance 2 approfondie cette entreprise et démontre combien connaissance et réflexion ont avancé en ce domaine qui connaît un véritable engouement.
    Le terme " Mouvance " désigne conjointement le mouvement évolutif du paysage et le mouvement d'idées qui donnèrent naissance à la première formation doctorale française sur le paysage. Sept ans après la première édition, la seconde génération des animateurs de cette formation propose une version nouvelle. Ainsi sept et non plus cinq auteurs venus d'horizons différents (paysagisme, agronomie, ingénierie, géographie, littérature, arts plastiques, histoire, philosophie). L'ouvrage n'est surtout pas un dictionnaire exhaustif du paysage, mais un glossaire qui reflète un choix, celui de leurs convictions profondes. Chacun d'eux présente ici, de manière synthétique, une dizaine de notions déterminantes de sa réflexion. Au total, soixante-dix mots pour penser le paysage au XXIe siècle.

  • " Paris sera toujours Paris " dit la chanson, mais est-ce vrai ? Et Paris n'est-il que Paris, ville enfermée dans sa légende, ou une ville en devenir, gardant son nom et ses prestiges, mais s'ouvrant aussi enfin à tout ce qui l'entoure ? La ville de Paris, on le sait, comprimée à l'intérieur de sa double ceinture, souffre de cette délimitation, qui rend étrangères à sa définition les énergies qui se dégagent à sa périphérie et qui, elles-mêmes, butent sur cette frontière.
    A l'heure des projets du " Grand Paris ", la question est posée des formes de ce devenir et de leurs conséquences pour la métropole tout entière. C'est cette interrogation, qui touche en profondeur au sens même de ce qu'est un paysage urbain, qui est à l'origine de ce numéro 14 des Cahiers de l'Ecole de Blois.

  • À travers ce numéro 10 des Cahiers de l'École de Blois, il s'agira de revenir sur un certain nombre de concepts et de principes, et plus particulièrement sur ceux qui ont été à l'origine de l'École de Blois. Entre la date de sa fondation, pas si lointaine, et aujourd'hui, les problématiques du paysage et de l'environnement ont gagné en popularité et semblent avoir acquis une forme de reconnaissance. Mais tout reste fragile, et c'est pourquoi il est nécessaire de revenir sur l'importance d'une approche et d'une lecture du paysage non seulement pluridisciplinaire mais aussi, et surtout, attentive, encyclopédique et passionnée.

  • Le paysage est-il avant tout le fruit d'un regard sur une étendue donnée comme étant soit déjà là et intouchée soit aménagée, regard où l'appréciation esthétique charge cet espace de significations et d'émotions prioritairement subjectives ? Et voilà le paysage transformé en domaine consacrée à une approche pluri-sensorielle. Mais, avant d'être l'objet de représentations artistiques ou d'études, bref un décor, le paysage n'était-il pas un pays au sens originel du terme, c'est-à-dire une portion de territoire cultivée visant à satisfaire les besoins alimentaires des populations avoisinantes ? A cette charge noble et essentielle de nourrir son prochain a succédé depuis quelques décades un sentiment moins reconnaissant et favorable. Le paysan est devenu le « pecno », ce rustre peu au fait de l'état des choses. D'ailleurs, la presse se fait plus que jamais l'écho de tous les problèmes environnementaux et il n'est plus une seule saison de l'année au cours de laquelle l'agriculture n'est pas montrée du doigt. Pollution des eaux par les nitrates et les herbicides, algues vertes sur le littoral breton, résidus pesticides sur les fruits et légumes, haies abattues, talus arasés, érosion des sols, paysages défigurés, etc. Qu'attend-on des agriculteurs : qu'ils soient les pourvoyeurs de la pitance quotidienne ou des jardiniers du paysage ? Plusieurs contributions comme celle de Marc Dufumier qui analyse le passage en plus d'un demi-siècle d'une agriculture européenne ne produisant pas assez pour satisfaire les besoins du continent à l'ère des surplus ou de la mise en jachère obligatoire sous l'effet de la fameuse politique agricole commune (PAC). Dominique Marchais, auteur de Temps des grâces, un documentaire qui donne la parole aux agriculteurs, agronomes, chercheurs, écrivains, va au coeur de ce sujet. Certains projets visent à réunir les compétences d'architecture et de paysage, travaillant sur des études liés au milieu rural comme le montrent Rémi Janin et son agence Fabriques. Ce paysagiste a investi l'exploitation agricole familiale pour en faire un lieu d'expérimentation pour la construction d'un projet d'architecture et de paysage agricole contemporain. Enfin, l'écrivain Maryline Desbiolles avec son sens très spécifique de la description interroge la campagne agricole, elle qui a sciemment décidé d'y élire domicile tandis que le photographe Benoît Galibert traque, en analyste acéré, les ambiances de ce mode rural guidé par la gentiane à la recherche de vieilles publicités pour la Suze.

  • La ville entière, Cahiers de l'école de Blois n°8 Collection Cahiers de l'école
    de Blois Format : 260 x 225 mm 112 pages, 85 illustrations ISBN : 978-2-91-
    5456-30-1 Office : mai 01 Le titre de cette livraison fait référence à un
    tableau intitulé « La Ville entière » du peintre surréaliste Max Ernst datant
    de 1935, où l'on voit une ville hésitant entre l'essor ou la ruine sous la
    lumière incertaine de la lune. Cette vision pessimiste est celle que retiennent
    ensemble Jean-Christophe Bailly, Claude Eveno, Thierry Clerc et Eric Hazan
    suite à la consultation et l'exposition récente et à grand succès sur le Grand
    Paris. Le thème de la ruine revient également dans les deux articles consacrées
    à la Teufelsberg de Berlin. Cette « Montagne du Diable » est une colline
    artificielle avec une histoire hors du commun : elle a été érigée par les
    Alliés après la Seconde Guerre mondiale avec les gravats de Berlin pour
    engloutir une université militaire nazi conçue par Albert Speer, impossible à
    détruire aux explosifs. Son sommet a été converti par les américains en centre
    d'espionnage devenu inutile depuis la chute du mur. Ce faisant, ce belvédère
    sur la capitale allemande reste aujourd'hui à l'abandon comme l'explique Hanns
    Zischler, essayiste et surtout acteur pour Wim Wenders et Steven Spielberg.
    Enfin, le paysagiste Alexandre Chemetoff et l'architecte Pierre-Louis Faloci,
    accompagnés de quelques autres, s'interrogent sur les friches industrielles et
    portuaires, les opportunités qu'elles offrent et les méthodes pour les
    transformer. Liste des auteurs : Jean-Christophe BAILLY, Claude EVENO, Eric
    HAZAN, Olivier BARON, Pierre-Louis FALOCI, Marc CLARAMUNT, Simon BEQUILLARD,
    Alexandre CHEMETOFF, Cécile CHARPENTIER, Hanns ZIECHLER, Thomas CLERC

  • A l'occasion du centenaire du premier voyage de Le Corbusier en Italie, la Fondation a organisé sa XVe Rencontre à Rome afin d'évoquer la place tenue par l'Italie dans sa formation artistique et dans la conception de ses projets. De 1907 à 1921, l'Italie constitue l'objet principal de ses voyages initiatiques. Au début des années 1920 il y rencontre des personnalités représentatives du monde contemporain des arts et de la culture. Au cours des années 1930, les architectes rationalistes entretiendront des relations suivies avec lui. Ces relations reprendront de manière régulière après la guerre et Le Corbusier se rendra à Bergame en 1949 à l'occasion du Ciam VII; à Milan, invité par la Triennale à participer au colloque " De Divina Proportione "; à Venise pour la Conférence Internationale des Artistes et à l'école d'été des Ciam; à Turin; à Florence où en 1963, au Palais Strozzi, est organisée la première grande exposition italienne consacrée à son oeuvre. Au début des années 1960, aux manifestations artistiques s'ajoutent les invitations professionnelles liées aux projets de l'usine Olivetti à Rho et de l'Hôpital de Venise.

  • « Ô le miracle de la photographie ! Brave objectif, quel oeil surnuméraire précieux », s'exclamait Le Corbusier au début du siècle. C'est très tôt en effet que l'architecte comprend l'intérêt de la photographie pour documenter ses voyages ainsi que l'efficacité du cinéma pour communiquer son message au monde. Sa pratique du médium montre une totale maîtrise du cadre et de la lumière lorsque, dans les années 1930, il glane avec sa caméra des milliers d'objets destinés à nourrir sa création ou se livre en amateur au plaisir des clichés de vacances.

    Les XVIIIe Rencontres de la Fondation Le Corbusier ont été l'occasion de retracer les nombreux domaines dans lesquels l'architecte a su exploiter les ressources offertes par la photographie. Ce dernier s'est soucié en permanence de documenter son oeuvre aussi bien architecturale que plastique, notamment au moyen de commandes à divers photographes. En même temps, il s'est constitué une documentation dans laquelle il a abondamment puisé pour fabriquer ses livres, pour rendre compte de son travail, pour réaliser de grandes fresques murales dans ses bâtiments ou dans des pavillons d'exposition, enfin, et de manière plus paradoxale, pour présenter lui-même son oeuvre dans des expositions. L'usage de la photographie lui aura aussi permis de voir ce que « les yeux ne voient pas », lui révélant son oeuvre et stimulant son invention.

  • Alger et plus largement les colonies françaises d'Afrique du Nord ont systématiquement été des lieux d'expérimentation. L'architecture et l'aménagement n'ont pas fait exception. En 1930, avec le centenaire de la conquête de l'Algérie, la ville s'occidentalise et se dote de nouveaux équipements : hôpital, casino. C'est dans ce contexte que Le Corbusier y est convié à prononcer deux conférences. Le voici qui découvre une culture qui lui était inconnue mais dont certains édifices, notamment les mosquées, lui rappellent ses émerveillements en arrivant à Istanbul, lors de son Voyage d'Orient, en 1911.
    Outre ce ravissement, Le Corbusier entrevoit la possibilité d'appliquer, de ce côté de la Méditerranée, ses recherches théoriques sur la Ville radieuse. Plusieurs années durant, mais en vain, il va tenter de faire accepter son plan « Obus » que de rencontre en discussion, il amende sans discontinuité dans l'espoir qu'il se réalise. Cette expérience malheureuse comme de cet émerveillement pour Alger la blanche et son site, lui inspirent, en 1942, un court ouvrage qui paraitra huit ans plus tard.
    Poésie sur Alger est une réflexion ironique et émue sur treize années de persévérance hélas infructueuse. Parcourant le pays, il admira le Mzab et la plasticité de ses constructions, car ce ne fut pas seulement la transformation de la capitale algérienne qui mobilisa son énergie. Il rêva qu'Alger s'affirmerait comme le futur pôle islamique d'un recentrage des cultures méditerranéennes. Lui le suisse qui se rêvait latin !

  • De sa jeunesse dans le Jura jusqu'à sa mort au bord de la Méditerranée, Le Corbusier ne cesse d'interroger la nature, collectionnant pierres, os, coquillages, expérimentant les richesses des matériaux, recherchant la réconciliation de la ville et de l'espace libre et végétal, attentif aux échanges solaires, thermiques, fasciné par la corporalité féminine, sensible aux potentialités de la lumière et de la couleur.
    Une nature qui depuis l'humble coquille jusqu'au cosmos, fut un ferment créatif majeur tout comme un référent philosophique essentiel.

  • Né Suisse et naturalisé Français, Le Corbusier entretient des relations complexes avec son pays natal. A la suite de ses premières expériences d'architecte, dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds où il a suivi une première formation de graveur de boîtier de montre, il s'estime mal compris et part pour Paris. Il gagne la ville lumière, centre de l'avant-garde, mais maintient un attachement profond avec sa terre natale et porte des jugements souvent ambivalents. " La Suisse qui est le pays où les oeuvres sociales sont des plus développées au monde, me semble, dans le domaine de l'esprit, en face de l'éclosion irrémédiable et si magnifique des temps nouveaux, être comme en état de refoulement. Je viens de passer quelques jours radieux dans des villages du Léman. Il me semble qu'en de tels sites la route s'ouvre vers la lumière, l'étendue, la nature. Je vois que l'harmonie règne dans les villages entre les maisons et la nature. Mais les goûts et choix en matière d'architecture restent assez conservateurs. Ainsi, à la suite des multiples échecs (dont celui du palais de la Société des Nations) et attaques (à propos du pavillon Suisse à la cité universitaire de Paris), il se sent toutefois persécuté. Ce faisant, il concevra pour La Chaux de Fonds, pour Genève, pour Zurich et la Vevey des oeuvres ou projets exemplaires. De même, il entretiendra des échanges et liens qui furent décisifs pour sa personnalité et sa carrière avec des personnalités comme les architectes Karl Moser et Alfred Roth, l'historien et critique Sigfried Giedion, les écrivains Blaise Cendrars et William Ritter enfin avec Hélène de Mandrot qui, avant de lui confier la réalisation d'une maison sur la Côte d'azur, contribua et facilita la création du plus célèbre regroupement d'architectes novateurs au XXe siècle : les CIAM (Congrès internationaux d'architecture moderne).

  • Comme en d'autres domaines culturels, la critique architecturale instaure la carrière des " oeuvres " en les faisant à la fois connaître et reconnaître. La question du jugement des objets architecturaux, de ses fondements comme de ses voies, paraît dès lors pertinente si l'on veut comprendre les raisons de l'architecture ou comment des pouvoirs ou médias en jouent. Mais ouvrir un tel chantier n'est pas neutre, comme en témoigne le présent ouvrage dans lequel sont réunies des contributions variées. Un demi-siècle de débats tenus dans différents pays est ainsi proposé en s'interrogeant tant sur les pratiques des supports professionnels que de la presse à caractère national pour faire et défaire des célébrités, projets ou réalisations.

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