Pu De Bordeaux

  • Ce livre a pour objet d'éclairer la politique d'Aristote par un ensemble d'études sur la famille, les régimes ou l'éducation. On y examine les « modèles » familiaux des différentes constitutions, la distinction entre l'amitié familiale et l'amitié politique, le pouvoir du roi, le principe de conformité des lois à la constitution, la détermination du meilleur régime, l'importance politique du « coeur » et de l'amour, la valeur de l'autarcie et du loisir. L'analyse de ces thèmes fondamentaux des Politiques ravive des interrogations majeures concernant la signification de la référence à la nature, la relation entre Aristote et Platon, les liens qui unissent la politique, l'éthique et la psychologie aristotéliciennes et la conciliation de l'idéalisme et du réalisme.

  • La conscience linguistique qui attache l'auteur à l'idiome du terroir explique non seulement le sens qu'il attribue aux mots de la langue et aux choses de la vie mais aussi la sensibilité exacerbée qu'il manifeste vis-à-vis des questions de langage dès qu'il s'engage dans l'activité littéraire en une langue seconde : la réflexion sur la problématique de la langue prend alors une place prépondérante.
    Cette "surconscience linguistique" pousse l'écrivain francophone, en raison de sa situation dans l'entre-deux linguistique et culturel, à penser en permanence son rapport à la langue d'écriture, une langue qui est rarement sa langue maternelle. Évasion, exotisme et engagement constituent un bon fil conducteur pour une réflexion sur le sentiment de la langue par-delà les enjeux thématiques, narratifs et descriptifs.
    Ce livre, écrit par des scientifiques africains et non africains, tous professeurs de langue et littérature françaises dans diverses universités en France, en Afrique et en Amérique, rassemble des textes qui portent une réflexion approfondie sur la littérature coloniale et postcoloniale écrite par des auteurs francophones de langue maternelle française ou non. Sur la longue période qui va du XIXe au XXIe siècle, il témoigne de la pluralité des acteurs/auteurs, de l'évolution des idées, de la diversité des thématiques, des motivations et des dynamiques à l'oeuvre.

  • Depuis plusieurs décennies, de nouveaux concepts, confortés par la crise, occupent le devant de la scène: développement durable, économie de l'immatériel, responsabilité sociale, intelligence territoriale, économie créative.
    Nés dans un contexte économique, politique et social jugé plus complexe, ils inspirent de nombreux discours favorables au changement et à l'innovation comme aussi certaines pratiques. Plutôt apparentés, ces concepts ont plusieurs points communs. Ils accordent une place de choix à l'approche environnementale et à la qualité de vie. Intégrant le déclin des trois secteurs d'activité habituels ils annoncent la future primauté du capital intellectuel et culturel.
    Tous développent la notion de territoire : penser global, agir local. Sans écarter la marchandisation, soucieux de l'efficacité économique, ils sont en quête de nouveaux retours sur investissement. Ils modifient le partage entre secteur privé et secteur public : l'entreprise serait investie de missions réservées jusqu'alors à la puissance publique, les services publics se verraient désormais attribuer une valeur marchande, etc.
    Mais, c'est le fait de remettre l'Homme au centre des préoccupations qui les rapproche le plus. Un Homme communicant, vecteur de nouvelles interactions. Les délibérations, le partage, la transversalité, les débats, les réseaux, l'information ascendante, la transparence, l'émergence des idées et des projets sont au coeur de ces nouvelles conceptions. Autant d'éléments qui ressortissent à l'analyse communicationnelle.
    Ce dossier a pour objectif d'essayer d'apprécier la portée des transformations annoncées, les écarts entre les représentations et la réalité, l'impact de la communication sur les actions. Le concept d'économie créative est-il compatible avec celui de développement durable ? Quelles émergences communicationnelles produisent les expériences qui s'en inspirent ?

  • Question des femmes d'Amérique latine, dans les domaines littéraire, plastique, cinématographique mais aussi historique et politique. Au travers des différentes contributions ici réunies, sont mises en évidence les contraintes et la violence engendrées par les situations d'enfermement physique ou symbolique des femmes, mais aussi les stratégies de dépassement et de résistance que celles-ci développent, au sein des différents champs culturels et politiques nationaux et dans les pratiques créatives elles-mêmes.
    De quelle manière les femmes se sont-elles saisies des différents modes d'expression esthétique ? Quelles différences de pratiques peuvent coexister ? Dans quelle mesure l'écriture et la création, en elles-mêmes, restent-elles soumises à des conventions dont il est souhaitable de repousser les limites ? Telles sont les principales questions abordées.
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  • L'ambition de cet ouvrage est de reformuler, sous plusieurs éclairages, une question universelle : celle de la reconnaissance et de la consécration des objets culturels que sont les oeuvres littéraires et les langues qui les portent.
    Il s'agit d'explorer les mécanismes d'élaboration d'un statut institué aussi bien du texte écrit que de la figure de l'écrivain à travers les concepts de légitimité et de légitimation. La réflexion porte sur des corpus littéraires situés sur des aires géographiques variées et à différentes époques de l'histoire. Cette problématique, qui intéresse plusieurs domaines (littérature, linguistique, sociologie, histoire, philosophie), gagne à être approchée de manière interdisciplinaire.
    L'oeuvre littéraire est un produit social dont le succès dépend des lieux de pouvoir qui travaillent la société et de ce que Pierre Bourdieu appelle "le marché des biens symboliques". Deux pôles en délimitent la vie et la visibilité : la production et la réception. L'écrivain et le lecteur participent, ensemble, à l'institution du dispositif métajuridique d'un pouvoir implicitement consensuel qui met sous son autorité et l'oeuvre et la figure de l'auteur, pour leur conférer légitimité et validité selon des normes sociales, linguistiques et littéraires canonisées, qui inscrivent des oeuvres et des artistes au panthéon du savoir.
    Les processus de légitimation convergent vers des enjeux de pouvoir même si, explicitement, le critère esthétique semble être privilégié parmi les paramètres de valorisation. Problématiser les notions de légitimité et de légitimation ne veut pas dire seulement faire l'inventaire des processus de reconnaissance par lesquels l'écrivain se voit investi d'une valeur qui le distingue dans sa corporation ; cela signifie aussi, et peut-être d'abord, analyser les modes et les modèles opératoires dans le champ de la reconnaissance où le pouvoir se fait un allié sûr du savoir en le cautionnant et même en le produisant.

  • L'inflation du Moyen Âge dans nombre de pratiques modernes est sidérante : depuis le théâtre et l'opéra du XIXe siècle jusqu'aux plus récents jeux sur Internet, depuis les reconstitutions historiques érudites jusqu'aux univers de Fantasy qui triomphent dans les fictions et les jeux de rôles... Comment expliquer la séduction de cette période privilégiée dans notre imaginaire ?
    Le livre rassemble une trentaine de contributions. Il est complété par un DVD-ROM qui fournit de nombreux documents iconographiques et audiovisuels souvent inédits ou introuvables : outre les illustrations des articles, on y trouvera le fac-similé d'une pièce du XIXe siècle, des extraits de concert de musique médiévale, une riche documentation sur les jeux de rôle grandeur nature ou sur le banquet médiéval imaginé par Pierre Loti en 1888.

  • Ce numéro des Cahiers d'Outre-mer vient en complément du numéro 180 de la revue Études rurales (2008) sur « Cafés et caféiers : singularités et universalité d'une production mondialisée », et veut mettre un point de suspension au projet entrepris depuis bientôt vingt ans par le groupe MOCA(Montagnes et Cafés) et dont l'objectif initial était, après la suppression de l'accord de l'Organisation Internationale du Café (OIC) en juillet 1989, d'analyser la façon dont les producteurs réagissaient à la libéralisation des filières, au caractère erratique de l'évolution des cours mondiaux et globalement à une crise profonde des systèmes de production et des systèmes d'encadrement. Cette crise n'est pas la première qu'ait connue le monde du café mais son extrême gravité a marqué durablement le secteur de la production familiale et ses conséquences structurelles sur le long terme restent encore largement à évaluer. Certes les situations sont très contrastées, d'un continent à l'autre en particulier, et sans doute la crise n'a fait que les accentuer : ainsi d'un côté, en Amérique latine comme le souligne ici Jean-Christian Tulet, la crise « n'a pas provoqué de situation réellement nouvelle », alors que, d'un autre, l'Afrique, il semble bien qu'elle marque la fin des modèles colonial et néocolonial de développement.

  • Pour la première fois de son histoire la Coupe du Monde de football se déroule en 2010 sur le continent africain souvent délaissé par les grands évènements sportifs. C'est l'occasion de faire le point sur les différents rôles joués par le sport en Afrique. Le sport est à la fois un vecteur de mondialisation et un moyen d'ouverture et de communication vers le Monde. Le football ou encore le rugby permettent d'établir des relations fortes entre les pratiques sportives et les jeux de pouvoir mais aussi avec toutes les questions liées à la notion d'identité et de nation. Les cultures sportives et leurs diffusions sont aussi un moyen de comprendre les sociétés. La mobilité des sportifs africains et la notion de marché du sport sont un autre symbole de mondialisation lorsque l'on parle de sport et en particulier de football. L'exemple de l'organisation de cette une coupe du Monde permet de s'intéresser aux impacts socio-économiques d'un tel évènement pour le pays organisateur : l'Afrique du Sud.

  • Ce numéro des Cahiers d'Outre-mer, Revue de Géographie de Bordeaux, consacré aux campagnes tropicales, étudie les dynamiques rurales à travers des exemples pris en Afrique et au Laos. Sept contributions abordent les dynamiques des campagnes tropicales. Yolande Ofouémé-Berton étudie « L'approvisionnement en eau des populations rurales au Congo-Brazzaville » et le difficile problème à résoudre de l'accès à l'eau potable des populations rurales, malgré les objectifs du Millénium. Oumar Sy (Mobilité pastorale dans la Basse vallée du Ferlo dans le contexte de la remise en eau) évalue les initiatives hydrauliques de développement destinées à la modernisation de l'élevage dans la région du Bas Ferlo (Sénégal) à travers les forages et la remise en eau des vallées fossiles, à l'origine de nouvelles mobilités pastorales. Élodie Robert (Les zones pastorales comme solution aux conflits agriculteurs / pasteurs au Burkina Faso : l'exemple de la zone pastorale de la Doubégué), par suite de la péjoration climatique au Burkina Faso, analyse le glissement des populations peules pastorales vers le Sud, vers le lac de Bagré, et les tensions accrues entre les agriculteurs et les éleveurs. Moïse Moupu (Fronts pionniers et structuration de l'espace dans le Cameroun méridional : de nouveaux territoires en mutation rapide) interroge le processus de colonisation agricole - front pionnier dans les vallées du Mbam et du Noun et les secteurs de Talba et de Mbonso. Bertrand Sallée et Jean-Christian Tulet (Développement de la caféiculture paysanne et concessions de terres sur le plateau des Bolovens (Sud Laos) : synergie ou antagonisme ?) abordent le problème des fortes pressions foncières et de la caféiculture paysanne en expansion au Laos méridional (Plateau des Bolovens). Harouna Mounkaila (Espace frontalier et appropriations territoriales : jeux et enjeux autour de l'île de Lété (Niger)) présente la cohabitation dans un espace fini d'agro-pasteurs peuls et de pêcheurs - agriculteurs haoussa dans un cadre géographique et géopolitique de tensions frontalières. Enfin, les rapports des campagnes à la ville sont illustrés dans l'étude de Olivier Ninot (Des moutons pour la fête : l'approvisionnement de Dakar en moutons de Tabaski) montrant la multiplicité des acteurs urbains et ruraux intervenant dans les diverses filières à l'échelle régionale, nationale et même internationale des transactions.

  • La violencia política recorre la historia contemporánea de América Latina desde la constitución misma de los estados nacionales, comenzada en las primeras décadas del siglo XIX. Los historiadores han señalado hasta qué punto la militarización y la violencia tienen sus raíces no sólo en el vínculo colonial sino también en las guerras de independencia y el largo período de guerras civiles que se abrió a continuación. Este libro estudia el impacto de la violencia política en la cultura de los países del Río de la Plata a partir de los años 60, años marcados por el seísmo de la Revolución Cubana, las luchas de liberación nacional, el marco de la guerra fría. Tres escritores toman la palabra en la primera parte del volumen. Carlos Liscano aborda el problema de la escritura de la experiencia carcelaria en sus relatos autobiográficos. Carlos Gamerro y Martín Kohan analizan las transformaciones experimentadas en la escritura de lo político durante las últimas décadas, más centrada en los mitos y la imaginación política que en el problema de la representación. Una segunda parte reúne artículos de investigadores franceses y latinoamericanos que se interesan por las relaciones entre violencia y Estado tanto en la literatura como en el cine y la prensa, en torno, sobre todo, a la última dictadura argentina. Los artículos reunidos en la tercera parte estudian la manera en que diversos géneros (policial, CF, relato histórico, poesía) abren caminos alternativos a la reflexión sobre la violencia política. Una última parte, para concluir, que toma como eje la relación entre poética y política, se interesa por la Revolución - la utopía revolucionaria, la guerra revolucionaria - en las literaturas argentina y uruguaya de los años 60 y 70.

  • Sous la direction de l'Institut de Géographie Tropicale, Université de Cocody, à Abidjan, plusieurs aspects de la Côte-d'Ivoire actuelle sont abordés.

    Les trois premiers articles s'intéressent à l'espace littoral, maritime et lagunaire : la dynamique existant le long du littoral d'Assinie, en équilibre sédimentaire annuel ou pluriannuel, et sa dégradation par son aménagement touristique anarchique ; l'inquiétante situation de la pêche maritime face à la piraterie halieutique ; les stratégies d'exploitation comparées des plans d'eau lagunaires (lagunes N'Gni de Fresco, Ébrié, de Grand Lahou et Aby).

    Les cinq études suivantes portent sur l'espace continental et sur des aspects de développement en liaison avec le processus d'urbanisation d'Abidjan. La transition avec le domaine littoral se fait avec l'étude de l'invasion des véhicules d'occasion en transit par le port d'Abidjan et le dynamisme de cette activité. Les transports populaires à Abidjan jouent un rôle majeur dans le processus d'urbanisation d'Abidjan, tout comme la filière de la grande distribution des cartes de recharges téléphoniques à Abidjan et dans les gros centres urbains ivoiriens. Mais cette urbanisation croissante d'Abidjan s'accompagne d'une insécurité grandissante qui a un impact important sur les cadres de vie et de travail. Mais le développement est différent dans l'arrière-pays ivoirien. Par exemple les populations rurales du département d'Abengourou ont beaucoup de mal à accéder aux soins de santé et aux structures sanitaires. Les conséquences de la situation de crise de la Côte-d'Ivoire et de sa « division » en 2 grands territoires, séparés par la « zone de confiance », est étudiée à partir des modifications des circuits commerciaux légaux ou de transgression qui existent le long des frontières nord avec les États voisins.

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