Denis Ruellan

  • Pourquoi les journalistes, depuis le début de l'organisation de leur groupe professionnel il y a cent trente ans, tiennent-ils des discours récurrents sur la nécessité de créer un tribunal d'honneur, un ordre professionnel ou encore récemment un conseil de presse ? Et pourquoi leurs initiatives s'arrêtent-elles aux discours, pourquoi semblent-ils ne jamais pouvoir traduire ces appels à la déontologie par des actions et des institutions de régulation de la morale ?
    Par un examen de ces discours, des contextes historiques durant lesquels ils ont été tenus, des organisations sociales qui les ont supportés, depuis les premières associations de journalistes et de directeurs de presse au xixe siècle jusqu'aux initiatives les plus actuelles, en passant par les débats corporatistes de l'entre-deuxguerres, l'aventure des sociétés de rédacteurs et les remises en cause des années 1990, l'auteur livre une explication d'ensemble.
    Il montre que les discours déontologiques ont été construits pour régler les relations des journalistes avec leurs pairs, leurs patrons, leurs sources et leurs publics. Ils disent comment se comporter et, partant, définissent le journalisme tel que les journalistes le conçoivent, expriment leur identité et leur altérité par rapport à d'autres acteurs des médias et de la communication.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Denis Ruellan identifie dans cet ouvrage cinq modalités qui semblent contenir les conceptions de l'action syndicale des journalistes : la corporation (l'alliance des gens de métier sans distinction de condition), la profession (l'affirmation d'une identité spécifique de salariés du même métier), l'union (la coalition des forces laborieuses sans distinction de secteur ni d'emploi), la participation (la gestion partagée d'un espace de production par les employeurs et les salariés) et enfin le paritarisme (la coresponsabilité de l'administration partielle d'enjeux sociaux et professionnels).

    Avec une postface de François Demers.

    Avec le soutien de l'université Rennes 1.

  • - Pourquoi les journalistes s'engagent-ils dans cette profession qui leur prend tout leur temps, ce métier souvent décrié, parfois dangereux ?
    - Reporters de guerre ou présentateurs du journal, ils sont aux deux extrêmes de l'exposition de ce métier : exposition à l'image, exposition au danger. Du présentateur vedette Jean-Pierre Per- naut à Patrick Chauvel, reporter de guerre depuis les années 60, des journalistes de renom rentrent dans l'intimité de leur métier et parlent de leurs émotions.
    - Au travers d'une cinquantaine de lectures biographiques et de 22 entretiens, les auteurs essayent de mesurer la part émotion- nelle qui intervient dans le choix du métier de journaliste.
    - Serait-ce parce qu'ils ressentent les événements au travers de leurs émotions que les journalistes sont capables de leur donner du sens ? A l'heure où les médias sont critiqués de toutes parts, une passionnante plongée dans l'intimité de ceux qui ont fait de l'information plus qu'un métier, une passion, leur vie.

  • Après avoir beaucoup oeuvré pour percevoir les mutations rapides de l'information et des métiers qui l'exercent, la recherche réfléchit désormais à distinguer les permanences structurelles qui échappent aux transformations en cours. Les chercheurs réunis

  • Les journalistes auraient-ils oublié les principes et les valeurs qui ont donné ses lettres de noblesse au métier ? Quoi qu'il en soit, ils doivent aujourd'hui redéfinir leur rôle et reconquérir une image mise à mal par les dérapages de l'info-spectacle. Avec son Journal d'un chien, Jean-François Lacan, journaliste, nous fait comprendre de l'intérieur la situation d'un professionnel. Son départ du Monde et l'échec du quotidien La Truffe l'incitent sans complaisance à analyser ses pratiques et ses illusions. Michael Palmer, historien, suit, à travers le temps, les rapports des Héritiers de Théophraste avec les pouvoirs, les techniques, l'information, l'argent et l'opinion. L'on verra que les représentations du journalisme n'ont cessé d'osciller entre, d'un côté, l'inlassable combat, mené plume à la main, pour les libertés d'opinion et d'expression ; et de l'autre, la mise en cause des compromissions, voire le mépris pour ces messagers tenus responsables des mauvaises nouvelles qu'ils apportent. Denis Ruellan, socio-anthropologue définit Les frontières d'une vocation. Tour à tour professeur, savant, écrivain, observateur, partisan, publicitaire... le journaliste touche-à-tout gêne d'autant plus qu'il est indispensable. Est-ce parce qu'il dérange qu'il n'a jamais très bonne presse ?

  • Cet ouvrage explore les relations entre le journalisme et l'engagement. Séculaires, fondatrices de l'identité professionnelle, ces relations sont évaluées au regard des trajectoires entrecroisées, laborieuses et politiques, des individus. Il s'agit de saisir comment des acteurs, investis à la fois dans l'action et dans une carrière, simultanément ou à des moments distincts, dans des espaces parfois différents et souvent mêlés, organisent leurs rôles et leurs investissements, et les rendent cohérents.

  • Le brésil est un pays exceptionnel.
    Par sa diversité, il paraît une réduction du monde. y voyager, c'est passer en quelques instants d'une technopole japonaise à un bidonville de calcutta, rencontrer à la même heure un fermier productiviste nord-américain et un paysan sahélien frappé par la sécheresse, descendre d'un avion supersonique pour s'agripper à un bus suburbain épuisé et surchargé qui risque à tout moment de verser dans le ravin, voir côte à côte dans tin bar tin chercheur en robotique et un indien acculturé.

    Tout, au brésil, prend une dimension nouvelle, le connu comme l'inconnu. croyant poser le pied sur lui des treize etats d'amérique du sud, le voyageur découvre la moitié d'un continent, le cinquième pays du monde par la taille. cent quarante-cinq millions de brésiliens occupent, inégalement, un espace à peine plus réduit que celui de la chine. pays en développement, le brésil est déjà une des dix premières puissances économiques du monde.

    Puissance et dépendance économiques, déséquilibres sociaux. immensité urbaine, conflits de terre, eglise populaire, omniprésence militaire, retour difficile à la démocratie. pour quiconque voudrait expérimenter les promesses d'une nation en plein boum, connaître les structures de pays qui, demain, seront aux premiers rangs mondiaux, comprendre les évolutions profondes des etats du sud en développement accéléré, le brésil, par tous ces traits, offre un point de vue privilégié, d'une exceptionnelle densité, si riche et jamais lassant.

    D'où ce livre, partagé dans l'écriture et écrit pour partager.

  • Loin de montrer des journalistes en téléconférence entre deux séances de recherche d'informations sur le WEB, les auteurs de l'étude décrivent une réalité s'inscrivant plus directement dans une tradition faite de pratiques de terrain et de difficiles négociations catégorielles. Si en apparence rien ne semble avoir changé dans les salles de rédaction, toutes les conditions techniques sont à présent réunies pour que s'engage une mutation fondamentale du cycle de production et de diffusion de l'information. Jusqu'où l'identité des journalistes pourra-t-elle résister aux évolutions des groupes de presse et de leurs outils.

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