Donatien Grau

  • La vie Alaïa

    Donatien Grau

    "D'autres pourraient proposer des récits différents, et j'aimerais qu'avec leurs connaissances, l'intersection de leur vie avec celle d'Azzedine, dont il avait su discerner bien avant tout autre combien elle serait fructueuse, ils écrivent une pièce de la Vie Alaïa. Mon métier d'historien m'a appris que, si l'on croit en la biographie, une personne, quand elle meurt, est à jamais inconnaissable en elle-même - si tant est que l'on puisse jamais connaître quiconque -, surtout si elle n'a laissé aucun discours, pas de mémoires. Azzedine, climatique, couturier, ne l'a pas fait. J'ai ici rassemblé quelques pièces, en témoin. L'inventaire de la Fondation, complet de tout y compris du plus modeste, permettra de compléter, d'en dire davantage sur cette vie au nom d'un homme qui la donna à toutes." Donatien Grau

  • Ce livre écrit par un des jeunes auteurs les plus doués de sa génération a pour sujet l'image et la construction du personnage de Néron en Occident dans la littérature, l'art et jusqu'au cinéma de l'Antiquité à nos jours.
    Tiberius Claudius Nero, Lucius Domitius Ahenobarbus de naissance, naît en 37 de notre ère, arrive au pouvoir en 54 et se suicide, en 68, à trente et un ans. Descendant d'Auguste, fils d'Agrippine, il est adopté par Claude, a Sénèque et Burrus pour conseillers, instaure une paix sociale et politique, voit brûler Rome, persécute le premier des chrétiens, lutte contre des conspirations. Renversé par les militaires, il est contraint de se suicider.
    Mais ce ne sont pas ces faits qui provoquent la passion. C'est la débauche, l'inceste avec la mère, le meurtre des deux épouses, les suicides provoqués en série, c'est la mise en scène d'un empereur en chanteur d'opéra, l'union avec les hommes. Au fond, c'est le théâtre de la personne qui importe avec lui, ce qui produit du phantasme, autrement dit la capacité de l'histoire à toucher la fiction.
    À l'interrogation « qui est Néron ? », trop ambitieuse et finalement stérile, l'auteur préfère « qu'est-ce que Néron ? », cherchant, plutôt que les bribes d'un savoir impossible, les artefacts d'une construction d'une richesse foisonnante et unique dans la tradition occidentale.

  • Puisant ses sources aussi bien aux origines de la pensée occidentale, de Platon à la Renaissance, que dans l'art, la littérature, la philosophie et les séries télévisées d'aujourd'hui, cet essai invite à repenser notre quotidien dans une époque où on n'a jamais autant lu et écrit mais où, paradoxalement, les livres ne forment plus qu'une partie minoritaire de cette vaste bibliothèque à ciel ouvert qu'est notre monde.
      A rebours d'un pessimisme ambiant qui prêche la fin de la lecture, Donatien Grau rappelle l'omniprésence du texte dans notre vie  : sur internet, nos téléphones, nos ordinateur mais aussi sur les murs ou au travail. Difficile d'imaginer une journée sans lire...  Pourtant, enfermés dans notre univers digital, nous avons cru à la nouveauté radicale de notre temps. Un temps où la lecture et l'écriture seraient devenues le pré-carré de quelques professionnels. Il n'en n'est rien et tout l'enjeu de cet essai est de retracer l'histoire de ce malentendu, de revenir sur l'opposition stérile fixée par la tradition entre philologie et philosophie, et de mettre en évidence des cas contemporains de lecture hors des livres mêmes. Peut-être alors pourrons-nous de mieux appréhender le sentiment de perte, d'abandon, de désarroi qui s'est imposé dans nos existences. Une existence où la séparation entre haute culture et culture populaire n'a en soi plus de sens, mais où les grandes oeuvres demeurent.

  • Cette étude entreprend d'analyser, pour la première fois, la façon dont des protagonistes de l'art et de la littérature modernes intitulèrent leurs oeuvres.
    Si c'est au milieu du XIXe siècle que les peintres commencent à donner à leurs oeuvres des noms qui sont davantage que des titres de convention, l'histoire a commencé bien plutôt pour les écrivains et les poètes. Des années 1890 aux années 1920, c'est le récit d'une émulation entre le mot et l'image qui est ici raconté. Avec les titres, et face à des oeuvres qui se font de plus en plus abstraites, la question du langage est toute entière en jeu, et la façon dont le tableau, le poème, le recueil ou le roman entre dans la sphère publique. Le sujet des titres s'avère un enjeu central de la politique de l'art au tournant du XXe siècle.
    Mettant en parallèle et en relation les pratiques développées par Paul Gauguin et Alfred Jarry, Paul Cézanne et Émile Zola, André Gide et Henri Matisse, Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso, Francis Picabia et Tristan Tzara, André Breton et Max Ernst, Donatien Grau met au jour une polarité entre deux lignées, l'une accordant à la forme employée, poème ou tableau, toute son attention, avec un refus du contexte, l'autre voyant dans l'oeuvre d'art picturale ou littéraire une matrice politique, n'existant que dans la relation à l'espace public.
    Examinant aussi bien des chefs-d'oeuvre que des documents méconnus et inédits, tout en prenant en compte les cheminements individuels de chaque figure évoque cet ouvrage propose une nouvelle généalogie des pratiques littéraires et picturales, écrite à la lumière des titres. En effet, la nomination par les peintres et écrivains de leurs oeuvres, source de bien des inventions se révèle être l'outil majeur qu'ils partagent: image et texte portent également des titres, et c'est un signe de la liberté de l'artiste moderne que de pouvoir les concevoir. La prise au sérieux des titres modernes pourrait bien offrir la clef de compréhension des rapports intimes entre les arts dans une époque canonique, où reste encore à découvrir.

  • Jean Nouvel-Claude Parent : musées à venir nous propose de découvrir quatre projets de musées non réalisés de Jean Nouvel, ainsi que quatre projets de son maître, Claude Parent.

  • Le roman romain

    Donatien Grau

    Situé dans Rome, ville, par l'Antiquité, de l'histoire et non de la fiction, par le catholicisme, de la religion et non du roman, ce genre a été ouvert par Madame de Staël avec Corinne ou l'Italie (1807). Il compte parmi ses pratiquants des auteurs majeurs tels que George Sand, Alexandre Dumas, les Goncourt, Paul Bourget, Emile Zola, André Gide, Jules Romains, Marguerite Yourcenar, Paul Morand, Michel Butor, et d'autres encore à découvrir ici.
    Le roman romain s'établit comme un genre à part entière, s'opposant à la tradition moribonde, au début du XIXe siècle, du Voyage et de son récit, et prenant en compte la modernisation de Rome, qui passe d'à peine cent mille habitants au début du XIXe siècle, à deux cent mille en 1870, un million sous le fascisme, et deux millions dans les années 1960. La prise en compte romanesque de la Ville est comme une manière de se confronter à la modernité.
    Il ressort de cet ouvrage la façon dont la littérature française s'est saisie de Rome par le roman afin de se confronter à ses propres interrogations, par le biais du rapport historique à une ville qui est aussi un modèle de civilisation. Rome est alors à la fois la cité antique, qui fait rêver les écrivains, le coeur battant d'un catholicisme en question, et la capitale d'un nouvel état, l'Italie ; c'est aussi la seule ville jumelée avec Paris. Le roman romain permet d'élucider une interrogation de la modernité, de ses valeurs et de sa politique, au coeur de la littérature.

  • Anglais Alicja kwade /anglais

    Donatien Grau

    • Hirmer
    • 6 Juillet 2015

    This installation by Alicja Kwade, who comes from Katowice, explores the French physicist Léon Foucault's (1819-1868) proof that the world rotates and develops the experiment further. The present volume illustrates the playful exploration of space and time using recent pictures from the Schirn rotunda.

  • La littérature française est connue, et critiquée, dans le monde entier, pour être une littérature du Moi.
    Que l'on mette en cause le narcissisme de ses écrivains ou que l'on loue la finesse de leurs analyses psychologiques, on n'échappe pas, dans l'examen de la création, à ce constat et à cette question.
    Or, à la légitimation de cette littérature conçue comme écriture de soi, un modèle a été donné : Marcel Proust. Et un moment fondateur a été assigné : le Contre Sainte-Beuve, ce recueil de textes publiés plus de trente ans après la mort de l'auteur d'A la recherche du temps perdu.
    Donatien Grau revient, ici, sur ce moment décisif et qui se révèle, à l'examen, plus trouble, paradoxal, mystérieux, que ne l'ont dit des générations de commentateurs. En rouvrant ce dossier que Proust avait gardé secret, en déployant toute son énigmatique complexité, il ouvre la voie à un renouvellement d'ensemble de notre pensée sur la littérature.

  • À l'automne 2014, le grand artiste californien Paul McCarthy réalisa une exposition majeure à Paris. Cette exposition s'articula autour d'un projet réalisé à la Monnaie de Paris, The Chocolate Factory (« l'usine de chocolat »), et d'une oeuvre monumentale qui fut montée sur la place Vendôme R Tree. Quelques jours après, l'oeuvre fut intentionnellement dégonflée, et l'artiste agressé. Cette oeuvre devint alors l'une des plus célèbres du monde, car elle interrogeait notre rapport à l'espace public. On la vit sur toutes les chaînes de télévisions, dans tous les journaux, de la presse française au New York Times.
    L'oeuvre de Paul McCarthy dans son ensemble n'a jamais cessé de mettre en question nos conventions, et de soulever les problèmes essentiels de notre vie : notre liberté, la relation que nous avons à notre corps, à la société de consommation, au pouvoir. L'artiste, s'il est capable d'une intervention musclée dans l'espace public, comme il le fit sur la place Vendôme, fut aussi, pendant vingt ans, professeur à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où il introduisit la théorie critique.
    Il avait ainsi invité l'universitaire Donatien Grau à ouvrir, en dialogue avec lui, son exposition en forum, pour permettre à des voix puissantes et singulières, de venir s'y exprimer, en consonance avec les préoccupations qui sont les siennes. Pendant près de quatre mois, d'octobre 2014 à janvier 2015, on y parla des criminels, de l'avant-garde, de la subversion, de la fabrication du chocolat, de numismatique antique, de Donatello et de Ghiberti, d'histoire de l'art américain, du statut métaphysique des choses, du rapport entre roman et philosophie, de l'origine de nos sensations, et on y débattit de l'importance d'une oeuvre qui avait, comme rarement, touché l'espace public. Y vinrent s'exprimer certaines des plus éminente figures dans des domaines qui allaient du journalisme indépendant à la pensée, voire la chocolaterie.
    Ce sont ces interventions qui sont ici données à lire. On y découvre, d'un entretien à un autre, les enjeux de l'art dans nos vies, et de cette intervention artistique qui représenta un véritable événement dans la vie publique. On y sent, comme le souligne dans sa préface Fleur Pellerin, qui fut ministre de la Culture quand l'exposition eut lieu, l'extraordinaire vitalité de la vie intellectuelle française : il est donné au lecteur de découvrir, en quelques dizaines de pages, la recherche en train de se faire en philosophie, en politique, en littérature, du fait de l'invitation d'un artiste. Ce qui en ressort est à la fois la résultante d'un grand moment dans l'histoire contemporaine de l'art, le portrait multiple d'une oeuvre forte, et une entrée privilégiée dans certaines des propositions les plus remarquables exprimées aujourd'hui dans le champ de la pensée.

  • "La critique est notre censure..." Ainsi commence le virulent plaidoyer de Gauguin contre la critique d'art, Racontars de Rapin. Ecrit quelques mois avant sa mort en 1903, le texte ne fut publié qu'en 1951. Ce petit livre rassemble une nouvelle traduction anglaise du texte par Donatien Grau, un texte qui replace cet essai dans son contexte, ainsi que quelques illustrations.

  • Azzedine Alaïa a marqué l'histoire et le système de la mode. Toute sa vie, il s'est battu contre l'accélération du temps, le fait que les artistes et les créateurs n'aient plus l'espace de réaliser des oeuvres nouvelles, qu'ils n'aient plus le temps de vivre, et avec eux chacun d'entre nous. Pendant les cinq dernières années de sa vie, avec son proche Donatien Grau, il a invité ses amis de toutes les générations, de trente à quatre-vingt-dix ans, architectes, actrices, danseuses, chanteur d'opéra, écrivains, philosophes, légendes de mode, d'art, de design, de cinéma, à venir ensemble prendre un moment et donner l'exemple, parler de leur rapport au temps, de la façon dont ils pourraient créer et vivre mieux.

    Avec la participation notamment de Jean Nouvel et Claude Parent ; Blanca Li et Rossy De Palma ; Jérôme Batout et Bettina Graziani ; Jean-Claude Carrière et Julian Schnabel ; Isabelle Huppert et Robert Wilson ; Michel Butor et Tristan Garcia ; Adonis et Alejandro Jodorowsky ; Emanuele Coccia et Carla Sozzani ; Charlotte Rampling et Olivier Saillard.

  • Deux maîtres en dialogue.
    Alexander Calder (1898-1976) et Pablo Picasso (1881-1973) ont renouvelé notre façon de percevoir. En explorant des thèmes figuratifs comme abstraits, le catalogue d'exposition Calder-Picasso étudiera l'expression du « vide-espace » dans les oeuvres de ces deux artistes, dans leurs résonances et leurs différences. L'ouvrage s'appuiera sur les traces tangibles d'une relation entre les deux hommes, leurs points communs, leurs rencontres, leurs collaborations artistiques et les confrontations de leurs oeuvres ; ces éléments seront sous-jacents au fil de l'exposition, qui proposera une lecture synthétique et métaphorique de l'oeuvre des deux créateurs fondée sur le tracé du vide comme matrice.
    S'inscrivant dans la modernité au xxe siècle, Calder et Picasso placent au coeur de leur pratique l'expérience directe et personnelle du spectateur, en lui donnant accès à des perspectives obscures voire illusoires. Le catalogue est conçu comme une somme scientifique rassemblant les connaissances sur les relations entre les deux artistes et la lecture de leurs oeuvres respectives à travers le vide comme prisme à l'analyse des tensions conceptuelles et formelles sur lesquelles repose la création de ces deux artistes majeurs du xxe siècle.

  • Des couleurs vives et des compositions spontanées, un espace imaginaire spirituel à la fois intime et contemplatif, des traces de voyages intérieurs, au seuil du monde visible et du monde invisible, une offrande de bonheur aux couleurs du monde, des champs de fenouil sauvages, Cyprès plantés en rideaux brise-vent, arbres-passeurs des âmes, être surpris par ce que j'ai fait.

    Joseph Dadoune

  • Après la crise constitue une plate-forme internationale de discussion entre artistes, écrivains, théoriciens, curateurs et historiens questionnant le statut même de la photographie aujourd'hui, notre relation à l'image, ainsi que les dimensions politiques et culturelles de celle-ci, à partir d'une mise en perspective de l'image photographique contemporaine à l'ère numérique avec la crise de la représentation à l'époque de la naissance de la photographie.
    Les contributeurs viennent aussi bien de la théorie critique, du roman, de la performance, de la photographie de mode, des musées, du film et du design, mais ils abordent chacun la question du support photographique. Dans leurs conversations, l'histoire de la photographie et sa pratique contemporaine ne sont jamais séparées : la photographie est conçue en dehors du cadre limité de notre obsession du numérique. En comparant la situation actuelle des images photographiques avec la crise vécue par la représentation à l'époque de la naissance de la photographie dans les années 1820 et 1830, nous comprenons qu'il faut mettre en perspective la radicalité de notre relation à l'image photographique. Nous pouvons ressentir le fardeau existentiel d'être entouré d'images, tout en essayant de mieux comprendre la profondeur historique d'un questionnement qui a commencé bien avant la génération actuelle qui se livre à des interrogations cruciales de notre époque en termes de politique, de culture et de créativité. Cette crise de la représentation est peut-être arrivée à sa fin et a été remplacée par un nouvel état du monde dans lequel la concurrence entre peinture et photographie n'est plus le seul et unique problème.

  • En 1990, Carla Sozzani, grande figure de la mode, a fondé 10 Corso Como, espace hybride, entre galerie, boutique, restaurant, librairie, et destination, pour lequel fut créée l'appellation « concept store » ; depuis, 10 Corso Como s'est étendu à Séoul, Pékin, Shanghai, et New York. Le philosophe Emanuele Coccia et le philologue Donatien Grau ont examiné les traits de ce lieu devenu une institution, pour souligner combien il met en mouvement des catégories centrales de notre temps - aussi bien économiques que politiques et culturelles - telles que la mode, le contemporain, ou le « global ». Ils nous invitent à les repenser les unes par rapport aux autres et, par le même biais, à envisager un nouveau rapport, plus fluide, des institutions les unes aux autres - jusqu'à celles qui semblent les plus éloignées, et les plus conflictuelles - telles que la boutique et le musée. Se faisant, ils interrogent notre rapport aux objets et au lieu, fondé sur une forme de sacralité humaine réinventée, hors des limites posées par la destination immédiate des choses.

  • Throughout modernity there has been a clear divide between art and commerce. Objects could either be consumed as commerce or contemplated as art. Today, as museums are facing increasing financial pressure and as stores have become inventive locations for new modes of display, this clear divide has begun to dissolve. There is one place that represents a key stage in this evolution: 10 Corso Como. It was founded in Milan, at that very address, by fashion editor Carla Sozzani and has since expanded to Seoul, Beijing, Shanghai, and New York. The name "concept store", which has now spread across our globalized world, was originally coined to describe this new form. This book is the first philosophical inquiry into this new form of store and it sheds new light on how categories that have governed our modern lives, such as commerce, art, fashion, and museum, are being redefined today.

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