Hélène Le Meaux

  • Ce livre se propose comme une contribution à l'analyse du goût pour l'« oriental » dont témoigne la plupart des sociétés du Bassin méditerranéen au début du Ier millénaire av. J.-C. La démarche s'appuie sur l'établissement du corpus iconographique pour la péninsule Ibérique, thème par thème, et en mettant en avant aussi précisément que possible les ressemblances et les différences entre les images trouvées dans le sol péninsulaire et les « modèles » orientaux. L'exercice de rassemblement, d'ordonnancement et de comparaison iconographique débouche ensuite sur une réflexion consacrée d'une part à l'iconologie et d'autre part à l'échange d'art et de styles dans le cadre des relations entre Orient et Occident méditerranéens, du VIIIe au VIe siècle av. J.-C. Il conduit à une réflexion sur la contribution de la composante indigène au processus de diffusion et de diversification des arts orientalisants, l'innovation procédant tout autant de facteurs internes que d'apports externes. Images hybrides du point de vue thématique, hybrides aussi du point de vue stylistique, ces mélanges constitueront l'essence de l'art ibérique, bien au-delà de cette création d'un Orient d'Extrême Occident.

  • La découverte du sarcophage d'Eshmunazor II de Sidon en 1855, son transport à Paris et son exposition au public représentèrent, pour l'époque, un véritable événement médiatique. Ils déclenchèrent l'envoi d'une mission d'archéologie en Phénicie en 1860, confiée par l'empereur Napoléon III au sémitisant Ernest Renan. Certes sa taille et sa corpulence massive suffisent à attirer l'attention sur l'oeuvre, mais son intérêt est surtout d'ordre épigraphique : il est en effet le support de la plus longue inscription phénicienne trouvée au Liban, la seule qui relate des événements historiques sur le règne d'un roi phénicien, en l'occurrence Eshmunazor II.
    Cet ouvrage s'articule autour de plusieurs points : épigraphique, historique, stylistique et historiographique. Une traduction de l'inscription revue et commentée est accompagnée d'une réflexion sur l'histoire de la dynastie des rois de Sidon, Eshmunazor I, Tabnit et Eshmunazor II. Une attention particulière est portée à la question du moment de l'importation, depuis l'Égypte, de ce sarcophage d'époque saïte. Ce sarcophage remployé par un roi sidonien témoigne en effet de transferts entre l'Égypte et la Phénicie et constitue un très bel exemple de ce qui a permis, selon des modes divers, l'appropriation de l'art égyptien par les Phéniciens. Enfin, c'est autour de ce monument majeur que la collection d'antiquités phénicienne du Louvre s'est développée et organisée. L'exploitation de documents d'archives, manuscrits et photographies, permet de suivre pas à pas le sarcophage depuis sa découverte grâce au duc de Luynes, Aimé Péretié et Alphonse Durighello, jusqu'à sa présentation dans la crypte Marengo du musée du Louvre où il se trouve aujourd'hui.
    Cette oeuvre est conservée dans les collections du département des Antiquités orientales.

empty