Mireille Hadas-Lebel

  • Les Pharisiens ; dans les Evangiles et dans l'Histoire Nouv.

    « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! » La phrase terrible que l'évangile de Matthieu met dans la bouche de Jésus a pour deux millénaires déterminé l'image des pharisiens comme faux dévots, alimentant ainsi la polémique anti-judaïque. Depuis seulement quelques décennies, l'exégèse chrétienne et le recours aux sources historiques anciennes, de Flavius Josèphe à la littérature rabbinique, ont permis de rendre justice à ce courant du judaïsme antique. La grande historienne de la période, Mireille Hadas-Lebel, fait le point sur ce que l'on sait et sur ce qui reste encore dans l'ombre.
    Par quelles croyances et pratiques les pharisiens se distinguaient-ils des autres courants juifs ? Quelle était leur influence auprès des masses ? Les vifs débats que Jésus mène avec eux relèvent-ils d'une critique externe ou au contraire d'une controverse interne au mouvement pharisien - autrement dit, pourrait-on aller jusqu'à dire que Jésus lui-même était un pharisien ?

  • Hérode

    Mireille Hadas-Lebel

    • Fayard
    • 17 Mai 2017

    Le nom d'Hérode, qui régna sur la Judée dans les décennies précédant la naissance de Jésus, est de ceux qui font trembler. Mais que sait de lui le grand public, sinon qu'il commanda un «  massacre des Innocents  » qui justement n'eut pas lieu. En revanche, il ordonna bien d'autres crimes lors d'un long règne où il connut César et Cléopâtre, Marc-Antoine et Auguste, ses deux protecteurs qui firent monter cet Iduméen sur le trône de Judée. Populaire à l'étranger, il s'attira la haine de son peuple et, pour avoir fait périr ses propres fils destinés à régner, il compromit l'avenir de son pays. On lui donna cependant le nom qu'il voulait laisser à la postérité, «  Hérode le Grand  », car il fut un bâtisseur exceptionnel auquel on doit les constructions les plus audacieuses de son temps, tels le Temple de Jérusalem et la forteresse de Massada dont on peut voir aujourd'hui les impressionnants vestiges. Faut-il privilégier Hérode le Grand ou Hérode le Cruel  ? Le lecteur tranchera.

  • L'intérêt de l'histoire de la langue hébraïque dépasse de loin le cadre purement linguistique.
    Langue de la Bible, l'hébreu fut longtemps considéré par les théologiens comme "la mère de toutes les langues". Son histoire suit celle du peuple hébreu puis celle des juifs dans leurs diverses pérégrinations. Après des siècles de somnolence pendant lesquels l'hébreu ne fut qu'une langue liturgique et une langue écrite, il connaît depuis près de cent ans une véritable résurrection sur la terre qui l'a vu naître.


  • de tous les maîtres cités dans le talmud, hillel le babylonien, qui vécut et enseigna à jérusalem au temps du roi hérode, reste sans doute encore aujourd'hui le plus populaire de la tradition juive.
    c'est de lui que se réclame la tendance modérée que le talmud fit prévaloir, à lui que se rattache la lignée des patriarches qui guidèrent le judaïsme jusqu'au ve siècle. dans la mémoire de la postérité, hillel est plus qu'un sage. il représente la science alliée à l'humilité, la justice alliée à l'amour des créatures, la religion du coeur autant que de la raison, en un mot un véritable modèle d'humanité.
    mireille hadas-lebel, spécialiste du judaïsme de l'antiquité tardive, en trace ici un portrait fidèle et passionnant. de nombreuses anecdotes soulignent sa personnalité et certains des propos qui lui sont attribués préfigurent ceux de jésus.

  • La révolte conduite par Juda surnommé Maccabée ("Martel") à partir de 167 av. J.-C. contre le roi grec de Syrie Antiochos IV Epiphane est l'événement le plus marquant de l'histoire de la Judée à l'époque hellénistique. L'ouvrage qui lui est consacré fait le point sur l'enchaînement des causes du conflit et les effets de la victoire des Judéens.

    Au-delà de la lutte pour la liberté de culte et la reconquête du Temple de Jérusalem, l'indépendance recouvrée aura eu d'importantes conséquences pour tout l'Orient méditerranéen. Faut-il voir aussi dans cet affrontement le choc de deux civilisations ?

  • Dans un paysage désertique majestueux, au bord de la mer Morte, se dressent les ruines de Massada.
    Les fouilles archéologiques ont largement confirmé les descriptions de Flavius Josèphe, le seul historien à rapporter la chute de la forteresse, au terme de la longue révolte des Juifs contre Rome (66-73), et le suicide collectif de ses défenseurs qui préférèrent la mort à l'esclavage. Au-delà de l'Histoire, ce lieu a pris une valeur symbolique.

  • Notre siècle connaît-il encore Flavius Josèphe, ce prêtre né à Jérusalem qui, il y a près de deux mille ans, fut au centre de l'affrontement entre le monde juif et le monde romainoe Un homme au destin exceptionnel: après avoir été l'un des chefs de la grande révolte des Juifs contre Rome en 66, il prédit l'empire à Vespasien, se retrouva trois ans plus tard aux côtés de Titus sous les remparts de sa ville natale assiégée et finit ses jours à Rome auprès de ses protecteurs impériaux qui lui donnèrent un nouveau nom, Flavius.

    Fut-il un traîtreoe Fut-il un sageoe Josèphe est en tout cas le meilleur témoin de ce temps qui vit naître le christianisme, un grand historien sans lequel certaines des pages les plus dramatiques de l'histoire, l'incendie du Temple de Jérusalem, la chute de Massada, seraient aujourd'hui inconnues.

    Normalienne, agrégée et docteur ès lettres, Mireille Hadas-Lebel (Bonan) est actuellement professeur à l'Institut national des Langues et Civilisations orientales.

  • Né - dix ans après la disparition de Cléopâtre - d'une famille de notables dans la cité la plus belle, la plus savante et la plus flamboyante du monde méditerranéen, Philon allie une vaste culture hellénique et une profonde connaissance de la tradition juive. A partir de la traduction grecque des Septante, il développe une forme de commentaire biblique éclairé par la philosophie en recourant à l'allégorie, qui lui vaudra plus tard l'hommage de l'Eglise (grâce à laquelle son oeuvre immense a survécu). Homme de pensée, il sut aussi se montrer un homme d'action quand il essaya, lors d'une fameuse mission auprès de l'empereur Caligula à Rome, d'intercéder en faveur de sa communauté menacée qui lui survécut quelques décennies à peine. Il en demeure le représentant le plus illustre, qu'on l'appelle Philo Judaeus ou bien Philo Alexandrinus. Ce livre évoque l'éclat d'une ville à son apogée, la rencontre des cultures, la spiritualité d'un homme et la nouveauté d'une synthèse qui devait marquer pour toujours la pensée occidentale.

  • La notion d'un messie rédempteur qui viendrait, à la fin des temps, rédimer l'humanité et ouvrir une ère de paix universelle appelée « ère messianique » est une croyance partagée par les juifs et les chrétiens : c'est justement parce qu'elle fait partie de leur patrimoine commun que la question même de la messianité de Jésus, et non seulement de sa divinité, constitue un point de rupture et a, au long des siècles, donné lieu à des débats enflammés, chaque partie disputant l'interprétation donnée par l'autre des versets bibliques annonçant le messie.
    Or, ce que vient montrer l'ouvrage de Mireille Hadas-Lebel, c'est qu'à proprement parler aucun verset ou presque ne parle du « messie » au sens où l'entendent depuis deux millénaires juifs et chrétiens !
    Avec une patience toute pédagogique, elle parcourt l'ensemble du corpus biblique pour montrer comment ces textes si souvent sollicités renvoient soit à des figures royales connues, soit à une ère eschatologique sans personnage messianique, tout au plus à la figure d'un restaurateur de la monarchie davidique sans envergure surnaturelle.
    À partir de là, elle reconstruit la lente généalogie d'une espérance messianique qui s'est forgée bien plus tard, très peu de temps avant l'époque de Jésus. Dans les Évangiles encore, la figure du messie n'est pas celle qu'en donnera la christologie classique, tandis que le Talmud lui-même adopte à son égard une attitude beaucoup plus équivoque que celle de la théologie juive médiévale.

  • Après le saint prophète elie d'après les pères de l'eglise, voici le second volet du diptyque composé par les écrits des pères de l'eglise, en l'honneur des saints prophètes elie et elisée.
    La double visée de ce livre illustre la vocation oecuménique du monastère saint elie qui présente ces textes et qui, grâce à une belle collaboration de traducteurs, nous en offre la lecture : il s'agit d'une part de retrouver les racines communes, bibliques et patristiques, de l'occident et de l'orient chrétiens, et de le faire, d'autre part, dans la perspective du monachisme qui reste un lieu commun à nos eglises et leur rappelle que, pour l'essentiel, elles sont ensemble l'eglise.
    Ce recueil invite à savourer la parole de dieu et présente à travers les vertus d'elisée un admirable style de vie monastique, chaste et pauvre.
    La prière y tient une place primordiale : elle est à la source des miracles que le seigneur accomplit par elisée. celui-ci voit l'invisible et devient ainsi une source de guérison.
    Le prophète rempli de l'esprit de prophétie, d'amour et de force apparaît aussi comme une figure du christ. les pères en ont tiré non seulement un exemple qui renvoie au coeur de la foi : la mort-résurrection, mais aussi un message simple et concret qui nous interpelle : l'appel à l'éveil qui ne peut que faire germer en nous le véritable amour.

  • Cet ouvrage s'adresse d'abord à tous ceux qui veulent se familiariser avec la langue hébraique, celle qui se parle aujourd'hui en Israël et qui n'est pas si éloignée de ses sources bibliques. Ce livre ne se borne pas à être un manuel d'hébreu : à la fois précis grammatical et guide de conversation, aperçu historique et compagnon de voyage en Israël, il n'entre dans aucune des catégories habituelles. Il se veut avant tout une introduction à la civilisation hébraique des origines à nos jours dans ses aspects historiques, religieux et littéraires, tout en proposant aussi une approche concrète de la vie politique, économique et culturelle de l'Israël contemporain. Sa présentation est conçue de telle sorte que chacun puisse s'orienter immédiatement vers le domaine qui correspond à sa curiosité et à ses goûts.

  • Au cours de son expansion en Méditerranée, à partir du IIe siècle avant l'ère chrétienne, Rome ne pouvait manquer de rencontrer la Judée ainsi que nombre de communautés juives déjà présentes dans plusieurs des nouvelles provinces de son Empire. Elle découvrit alors une religion très différente de celles qui lui étaient familières. Sans qu'il y eût jamais de persécution systématique, les relations entre Rome et les Juifs finirent par se gâter au point de susciter trois révoltes juives antiromaines entre la fin du il' siècle et la première-moitié du ler siècle de l'ère chrétienne. Ces événements qui ont eu une incidence considérables sur la suite de l'histoire, au moment même où commençait à se diffuser le christianisme, sont peu présents dans la littérature romaine subsistante et sont de ce fait trop souvent ignorés des historiens modernes de la romanité. Cet ouvrage, qui utilise à la fois des sources littéraires juives, grecques, romaines et chrétiennes, s'appuie autant que faire se peut sur l'archéologie. Au-delà du récit des événements, il s'attache à analyser la confrontation de deux cultures. Il devrait ainsi contribuer à donner toute leur place à la Judée et aux Juifs sur la carte de l'Empire romain.

  • Ce livre dégage l'image de Rome telle qu'elle ressort des sources juives depuis le temps des Maccabées jusqu'à la fin de l'empire païen, au début du IVe siècle de l'ère courante.
    Les sources même, dont une faible partie présente un caractère proprement historique, font que ce livre relève de l'histoire des mentalités. A la différence des aperçus fragmentaires de la " vision des vaincus " que l'on peut trouver chez d'autres peuples, la vision juive de Rome, de manière originale et cohérente, comporte une triple dimension, politique, morale et eschatologique.

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