Berger-levrault

  • Quels sont les processus sociaux qui conduisent certains jeunes à la radicalisation qualifiée d'« islamique » ? À travers un travail rigoureux d'exploration de la littérature existante et d'enquêtes de terrain, Éric Marlière brosse un portrait-type du jeune radicalisé et analyse les parcours menant au djihadisme. S'appuyant sur le concept de sociabilisation, il établit le profil sociologique du jihadiste : exilé, jeune, précaire, disponible dans l'instant en raison d'une faible projection dans l'avenir, en rupture avec son environnement et, le plus souvent, animé par des dispositions guerrières mêlées à un sentiment de revanche.
    L'auteur s'interroge tout d'abord sur les différentes terminologies de la radicalisation, comme celle de jihadisme ou de terrorisme qui ne lui paraissent pas suffisantes pour appréhender de manière pertinente la question. En conséquence, il s'oriente vers des expressions plus complexes afin de définir ce terrorisme récent dans l'histoire contemporaine, sans que cela soit satisfaisant dans la mesure où les jeunes radicalisés qui passent par l'action violente sont éloignés des préoccupations ordinaires du musulman du quotidien.
    Prenant le contre-pied des ouvrages parus précédemment, Éric Marlière montre que l'islam est devenu le support idéologique de la violence, et non l'inverse, tout comme l'anarchisme et le communisme révolutionnaire avant lui. Pour sortir de l'actualité médiatique mortifère, l'auteur formule l'hypothèse d'une « islamisation de la radicalité » en affirmant que l'islam succède au communisme dans certains mouvements de violences politiques radicales, notamment juvéniles. Enfin, il propose une réflexion sur la manière dont les institutions pourraient mobiliser davantage les acteurs de terrain et leur accorder une confiance et un crédit plus conséquents.

  • Bonheur d'apprendre, d'enseigner et d'éduquer !
    Longtemps, on ne s'est pas demandé si les élèves, les personnels étaient heureux à l'École. Si elle prépare le bonheur public de demain, elle apprend d'abord aux futurs citoyens le respect des règles et le sens de l'effort. Que fait-elle du bonheur de l'instant ?
    Ce bonheur semble peu compatible avec une forme scolaire consolidée au fil des siècles, avec un modèle d'enseignement fortement transmissif, avec une organisation solidement contrôlée et hiérarchisée du ministère à la classe, avec des destins scolaires corrélés à l'origine sociale. Le serait-il avec la fermeture temporaire des écoles et de nouvelles formes d'enseignement ?
    Cet ouvrage cherche à mesurer ce qui a changé à l'École en soixante ans, à déterminer le cap suivi au travers des alternances politiques, en fonction des injonctions internationales et des apports de la recherche. Quelles sont désormais la place de l'élève et celle des parents ? Quels rôles jouent les instruments numériques, les médias et les tiers-lieux? Comment l'élève construit-il son parcours, en classe, dans sa vie scolaire, dans sa vie de jeune ? En quoi l'approche curriculaire peut-elle mieux répondre aux enjeux actuels que l'approche par programmes disciplinaires juxtaposés ? Le bonheur n'est-il pensable que dans les marges des « écoles différentes », ou peut-il être au coeur d'une refondation de l'école publique ?
    En examinant ces questions sous différents angles, en donnant la parole à des élèves et des professionnels de l'éducation, cet ouvrage dessine le fil rouge d'une transformation en cours, oeuvre collective de tous les acteurs de l'éducation.

  • Depuis environ 10 ans qu'une attention de plus en plus grande est portée sur les moyens de créer un climat de bien-être dans les écoles, les collèges et les lycées, et plus encore depuis les attentats de 2015 , un nombre croissant d'équipes pédagogiques se donnent pour objectif de créer des espaces et des temps de parole offrant aux élèves la possibilité de s'exprimer dans un cadre sécurisant. Le long confinement vécu par les enfants a confirmé de manière significative, et à l'échelle nationale, cette nécessité de permettre aux élèves de partager avec leurs professeurs, CPE, AED, leurs mots/ maux et leurs émotions.
    L'élève écouté, entendu dans ce qu'il veut dire, se sent considéré comme un « interlocuteur valable ». C'est la possibilité donnée aux élèves d'exprimer leurs besoins fondamentaux et leurs désirs, création de formidables occasions de leur permettre de désamorcer leurs tensions, de construire des liens entre eux et un rapport d'ouverture et d'empathie à l'autre.
    Si l'utilité de ces espaces de parole est démontrée, ils ne sont pas encore assez connus.
    Quelques exemples : les DVP (discussion à visée philosophique) qui permettent de traiter de questions universelles, le dispositif ADER (ateliers démocratiques pour une expression réflexive), les entretiens individuels.
    Cet ouvrage collectif se donne pour objectif de rassembler les analyses de chercheurs, les témoignages et les analyses de pratiques d'une quinzaine d'enseignants, CPE, formateurs autour de dispositifs spécifiques et différents qu'ils ont souhaité mieux faire connaître et valoriser pour ce qu'ils apportent aux élèves et à l'école/ établissement.

  • L'ouvrage vise à rappeler et à préciser les conditions éthiques de l'exercice des métiers de santé en apportant des faits précis, documentés et référencés à la réflexion de chacun. L'auteur repère que le système de santé doit faire face à trois défis et va montrer que dans ces trois domaines essentiels, c'est l'éducation qui est la clef.
    Le premier défi est celui du financement de la santé et de la solidarité. Il est, par conséquent, celui de l'économie générale du système.
    L'éducation doit être plus philosophique et morale qu'économique. La formation théorique et critique à l'économie morale et politique est menacée. On lui préfère de plus en plus la formation à des recettes de gestion.
    Le deuxième défi est celui des directions que prendra la science : il y a d'immenses progrès à faire dans le domaine de la science : statines, perturbateurs endocriniens, vaccinations, traitement hormonal de la ménopause, vin et santé, etc. Que de débats mal conduits, de preuves mal étayées et combien de dérives coûteuses ! L'éducation scientifique en France est très insuffisante.
    Le troisième défi est celui de l'adoption par le système de ces technologies nouvelles reposant sur la numérisation et la miniaturisation.
    La seconde moitié du xxe siècle a fait oublier l'importance de l'éducation technique, a négligé la promotion du métier d'ingénieur, en érigeant le marketing et la gestion en « sciences » et en faisant passer la vente avant la production.
    En mettant l'éducation au coeur du dispositif de santé, l'auteur soutient une position séduisante et solide. Les exemples traités sont de ceux qui sont aujourd'hui sur le devant de la scène sanitaire. Ils intéressent un large public.

  • Au lieu de redouter la place croissante des robots assistants dans l'espace public, l'auteur se propose de réfléchir à un cadrage éthique et juridique qui permettrait aux acteurs intervenant auprès des personnes âgées de penser une nouvelle relation entre ces dernières et des machines de plus en plus « intelligentes ».
    Des nouveaux concepts juridiques vont apparaître car le droit est confronté à l'intelligence des robots : quid des dommages qui seront causés par le robot.
    Peut-on concevoir une responsabilité robotique ? La notion d'empathie artificielle a-t-elle un sens ? Des avancées technologiques ont d'ores et déjà eu lieu, l'auteur est allé interviewer des roboticiens pour les recenser (chercheurs réalisant des travaux dans le domaine de la robotique sociale).
    L'ouvrage invite à repenser, voire à créer, le lien entre la garantie d'une meilleure qualité de vie aux personnes âgées et le recours à l'innovation technologique.
    Pour apporter, de façon complémentaire, un éclairage comparé pertinent, une comparaison entre la situation en France et au Japon sera menée à bien car ce pays est très avancé sur ces questions.
    Un ouvrage passionnant, émaillé d'exemples :
    - présence expérimentale de robots sociaux dans une centaine d'EPHAD ;
    - réflexion sur la place de la technologie dans la conduite automobile des personnes âgées avec l'objectif de réduire l'accidentologie liée au vieillissement des conducteurs.

  • Comment préserver le fragile équilibre institutionnel en période de pandémie ?
    Suspendant, à la faveur d'un confinement général sous surveillance policière, certaines dimensions de la vie démocratique afin de protéger la population, l'état d'urgence sanitaire décrété en mars 2020 a constitué un terrain privilégié pour l'étude du fonctionnement de nos démocraties représentatives confrontées à l'expérience de leur vulnérabilité.

    Les parlementaires se sont trouvés contraints de concilier deux intentions apparemment contradictoires : d'une part, reconnaître que le combat pour endiguer la pandémie exige une promptitude de décision et d'exécution qui ne permet pas de s'accommoder des modalités traditionnelles du débat et du contrôle parlementaires ; d'autre part, parvenir à imposer, dans l'interstice alors ouvert entre le pouvoir d'État et l'ordre juridique ordinaire, un contrôle de l'action gouvernementale.

    L'ouvrage a pour objet d'analyser, à travers le prisme du droit public et de la science politique, les mesures prises par les gouvernants dans l'urgence et de réfléchir aux conséquences à long terme, en se penchant sur certains aspects spécifiques (la surveillance de la population, l'accès aux soins, la peur, la culture). Il propose un passionnant voyage dans l'état de droit, face à des décisions politiques dont on a souvent du mal à apprécier la légalité. Il contribue à enrichir le débat intellectuel, mais se veut accessible à celles et à ceux qui ne sont pas forcément très familiers avec les concepts du droit public et de la science politique.

    Un livre choral coordonné par Guillaume Le Floch qui s'entoure de chercheurs provenant d'horizons divers afin de donner un tour à la fois théorique et pratique à l'ouvrage.

  • L'éthique, examine, du point de vue moral, les valeurs, les normes, les règles et les notions comme le bien, le mal et le juste ; elle s'impose progressivement en tant que critère de professionnalité des acteurs de l'École, et comme objet d'éducation des élèves.
    Quels défis éducatifs et éthiques les catastrophes écologiques et les dérives possibles du progrès technologique nous engagent-ils à relever ?
    Quelles valeurs nos sociétés doivent-elles demander à l'École de promouvoir ?
    Que convient-il d'enseigner aux élèves pour les aider à développer leur humanité et un sens des responsabilités adapté aux défis qu'ils vont rencontrer ?
    En quoi certaines disciplines se trouvent plus particulièrement exposées ?
    Dans les différents types de moments délicats que peut rencontrer tout enseignant (soutien d'un élève en difficulté, exercice de l'autorité, évaluation), ainsi que dans les situations graves (violence, atteintes à la laïcité, à l'intégrité et à la dignité d'autrui) que gèrent les personnels de direction, quels repères l'éthique livre-t-elle pour leur permettre d'agir au mieux pour l'élève, pour la classe ?
    Comment former les personnels de l'éducation à agir aux mieux pour chacun, notamment pour les plus vulnérables ?
    Dans le système éducatif, comme dans les entreprises, le développement de l'éthique professionnelle suppose une éthique du pilotage jusqu'au plus haut niveau de l'encadrement du système.

  • Face aux effets avérés du changement climatique, si la protection de l'environnement devrait être en premier lieu du ressort de la Nation, ce sont les collectivités territoriales qui jouent un rôle de premier plan. En effet, elles ce sont elles qui sont chargées de mettre en application les impulsions données par les traités européens puis transcrits au niveau national.
    Pourtant, les compétences des collectivités locales restent encore trop peu connues.
    Cet ouvrage collaboratif permet ainsi de connaître précisément les compétences dédiées à la protection de l'environnement, puis celles qui peuvent être mobilisées, avant de décrire précisément quels sont les moyens d'action à leur disposition.
    Enfin, une partie dédiée aux contentieux permettra au lecteur de connaître les recours juridictionnels que les collectivités victimes d'une atteinte à l'environnement peuvent mettre en oeuvre.

  • Le parcours d'orientation ressemble aujourd'hui davantage à l'organisation d'un tri des élèves, qui pour des raisons cumulatives, se révèle étroitement lié à l'origine sociale, qu'à un processus de choix progressif, réversible et éclairé. La réduction de ces inégalités est trop souvent renvoyée aux marges de manoeuvre individuelles et aux « bonnes rencontres ».
    Considérant l'orientation aussi bien sous l'angle intime de la construction de soi que comme un acte majeur du contrat social, l'ouvrage analyse l'influence de différents facteurs sur les décisions d'orientation.
    Alors que plusieurs lois et mesures récentes placent l'orientation au centre des réformes éducatives, son parti pris est d'aborder les enjeux de la transformation engagée par un détour en considérant l'orientation dans tous ses états : polysémie, mythes, croyances, totems et tabous qui structurent les représentations des différents acteurs.
    Comment renoncer au mythe du métier idéal, prince charmant qui n'attendrait que nous, pour tracer son chemin ? De quels repères et boussole dispose chaque élève pour élaborer une cartographie qui rende le monde intelligible et l'aide à composer son itinéraire entre certitude et aventure, déterminisme et liberté, conventions et transgression ?
    Au fond, peut-on apprendre à choisir et, si oui, quel pourrait être le rôle de l'École ? L'ouvrage propose des pistes pour qu'orientation rime avec chemin d'émancipation en prônant de nouvelles approches éducatives et pédagogiques et en situant ces évolutions au coeur des politiques éducatives et sociales.

  • Ce livre est un cri de colère contre les nombreuses hypocrisies qui traversent l'Éducation nationale et les deux bureaucraties, étatique et syndicale, chantres des statu quo.

    L'auteur actualise une sélection de questions taboues soulevées pendant dix-huit mois sur son blog. Elles concernent tous les recoins du système éducatif français, depuis la maternelle aux ESPE et concours de recrutement, en accordant une place inhabituelle à l'enseignement professionnel toujours méprisé dans l'Hexagone.
    Pourquoi beaucoup de parents ont-ils peur de l'École et des contacts avec les enseignants ?
    Pourquoi le marché du coaching auprès des enseignants est-il en pleine expansion ?
    Pourquoi le secteur professionnel est-il ignoré et méprisé, alors qu'il est souvent innovant Puis l'auteur propose une amusante radioscopie de l'action du ministre Jean-Michel Blanquer sur près de trois ans, en évitant aussi bien les critiques idéologiques systématiques que l'idolâtrie béate. À la moitié du quinquennat, l'auteur se livre ainsi à une tentative de description de l'École qui se dessine en France à l'horizon 2025.

  • Maires démissionnaires, crise des vocations, défiance des citoyens : un temps épargnée, la démocratie locale est mise à l'épreuve. Et si l'une des clefs se trouvait dans la reconnaissance d'un statut pour les élus ?
    Données à l'appui, en se fondant avant tout sur l'exemple du bloc communal, les auteurs montrent que les élus d'aujourd'hui n'ont plus grand-chose en commun avec l'image d'Épinal du notable local, bénévole et généraliste. La technicité des compétences exercées, le niveau de responsabilité assumée et le temps consacré à l'exercice du mandat font désormais des élus locaux, singulièrement des membres des exécutifs, de véritables professionnels au service de la collectivité. S'éloignant du mythe du bénévolat et de l'amateurisme républicain, la politique devient ainsi un métier y compris à l'échelon local.
    C'est d'ailleurs avec vigueur que les premiers intéressés revendiquent la reconnaissance d'un véritable statut professionnel de l'élu local. L'évolution de l'indemnité de fonction vers une rémunération plus juste, le développement du droit à la formation ou encore la reconnaissance des compétences acquises au cours du mandat font partie des demandes les plus fréquemment exprimées.
    Au-delà de la satisfaction de ces revendications, que d'aucuns qualifieront de « corporatistes », reconnaître la professionnalisation des élus répond aussi à des enjeux politiques profonds. Cela permettrait de revivifier le versant représentatif de la démocratie locale, de contribuer à résoudre la crise des vocations mais aussi, pourquoi pas, d'en susciter de nouvelles ?
    Assumer la professionnalisation de certains élus locaux n'est pas renoncer à un idéal républicain, c'est accepter, enfin, que l'idéal républicain évolue avec son temps !

  • Face à la question sociale et en matière de fabrique des solidarités, comment évoluent les idées, les lignes stratégiques et les instruments mobilisés ? Comment rendre compte et analyser les formes d'action collective, les modes de gouvernance et les mutations professionnelles ainsi engendrés ?
    Cet ouvrage, issu d'une journée d'études à Sciences Po Rennes, questionne la gouvernance des politiques sociales et de solidarité. Il met en lumière les différents acteurs intervenant dans ce domaine, les interactions qui ont lieu entre eux et les nouveaux moyens d'actions utilisés.
    À partir de travaux issus des sciences sociales (sciences politiques, sociologie, géographie sociale, etc.), l'ouvrage vise à faire le point sur la gouvernabilité des solidarités et sur la reconfiguration des formes de gouvernance de ces solidarités. Les différentes contributions portent sur des domaines spécifiques de l'action sociale ou sur des transformations plus générales.
    Entre régulation politique et régulations sociales, l'objectif est de rendre compte des compromis qui se tissent, persistent ou se modifient en matière de gestion de la question sociale. Ainsi, les différents contributeurs reviennent sur l'historicité de l'État social, sur l'effacement puis la résurgence des centres de commandements locaux, sur l'influence des dynamiques internationales ou encore sur la place du « tiers-secteur » et des organisations non gouvernementales.

  • En 2015, une nouvelle carte des régions est établie. La France métropolitaine se recompose en treize régions, censées prendre une plus grande part à l'aménagement du pays et contribuer à une nouvelle relation entre l'État et les collectivités territoriales. Un nouvel outil à l'usage des conseils régionaux (à l'exception de ceux de Corse, d'Île-de-France et d'Outre-mer) est créé dans cette intention : le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET).

    Cinq ans après, pari tenu ? L'ouvrage propose un bilan national de cette expérience, et la replace dans les histoires politiques de chaque région française. Il en interroge les perspectives tant pour les régions que pour un exercice planificateur qui semble avoir le vent en poupe.

    Outre les exigences de transformation induites par le changement climatique, la crise sanitaire de la covid-19 a fait ressurgir de façon plus évidente encore la nécessité du temps long et d'un terme longtemps mis de côté par l'action politique : la planification.
    Qu'apprend-t-on de la diversité des expériences régionales en la matière ? Que faut-il attendre de la contribution de la région - institution la plus récente du système politique et administratif français - à la cohésion des territoires à toutes les échelles et à la transition écologique ? Assiste-t-on en France à l'émergence d'un nouveau cycle de planification ?

  • Aménagement du territoire, attractivité régionale, compétitivité, puis égalité, et enfin, cohésion des territoires : depuis 20 ans, la succession des termes signale la quête d'une reformulation de la pensée aménagiste en France. Aucune ne semble convaincre. Le monde se précipite dans un changement global, la société française poursuit sa mutation, et avec elle les territoires dans lesquels elle se projette et s'inscrit. Mais peut-on en dire autant de la conception qu'elle se fait de ce que doit être « l'aménagement du territoire », si cher au pays ? La pensée aménagiste collective serait-elle en retard sur les transformations sociales, économiques, environnementales et culturelles qu'elle prétend réguler ?
    Depuis la fin des Trente Glorieuses, la politique de l'aménagement du (ou des) territoire(s) peine manifestement à changer les fondamentaux qui la justifiaient. S'agit-il encore « d'aménagement » ? Celui-ci traite-t-il toujours exclusivement de « territoire » ?
    Le temps semble venu de changer les catégories d'analyse, le système d'acteurs, le langage et l'horizon qui les rassemblent. La pensée aménagiste ? Rénovation complète !
    Cet ouvrage collectif est le fruit d'un colloque qui s'est tenu au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle en septembre 2019.

  • Si la recherche du « bien commun » est supposée guider l'action de tout serviteur de la République, elle a irrigué en profondeur la carrière de Jean-Marc Sauvé, auquel ce livre vient rendre hommage.
    Souvent assimilé à l'intérêt général, le bien commun est un patrimoine matériel et immatériel dont la République a posé les principes fondamentaux : liberté, égalité, fraternité bien sûr, mais aussi laïcité, dignité, ainsi qu'éthique sont aujourd'hui les boussoles de l'action publique. Il est à la fois un héritage collectif, la source de nombreux engagements et la promesse d'une destinée partagée.
    Des mécanismes de contrôle et de contrepoids ont été instaurés pour préserver ce patrimoine commun dans un cadre national mais aussi européen. Le Conseil d'État et le secrétariat général du Gouvernement y tiennent une place éminente.
    De sa contribution au combat pour l'abolition de la peine de mort à la vice-présidence du Conseil d'État, Jean-Marc Sauvé a marqué de son empreinte les champs d'intervention qui constituent le creuset de ce bien commun.
    Cet ouvrage, qui associe de nombreuses personnalités françaises et étrangères, entend contribuer à la conceptualisation de la notion de bien commun à travers le parcours d'un grand serviteur de l'État qui a su renouveler avec constance et dévouement la recherche du sens donné à l'action publique. Académiques, confraternelles ou amicales, les contributions réunies dans cet ouvrage résonnent comme autant d'échos à la carrière de Jean-Marc Sauvé et de témoignages sur notre monde contemporain.
    La direction scientifique de ces mélanges réunissant 38 contributions est assurée par Pierre Delvolvé, professeur émérite de l'université Paris 2 Panthéon-Assas, membre de l'Institut, Bernard Stirn, président de section au Conseil d'État, membre de l'Institut, Christian Vigouroux, président de section honoraire au Conseil d'État, Fabien Raynaud, conseiller d'État, Laurence Marion, conseillère d'État, et Édouard Geffray, maître des requêtes au Conseil d'État.

  • Emmanuel Macron n'a exercé aucun mandat local avant d'être élu président de la République. Cet évènement, unique dans l'histoire politique récente de notre pays, a été présenté par beaucoup de commentateurs comme le présage de ruptures à venir dans le cours de l'action publique vis-à-vis des « territoires ».
    La singularité de son profil était elle-même renforcée par l'élection d'une majorité de député.es largement composée de nouvelles et nouveaux entrant.es, dépourvu.es d'ancrage territorial et de toute expérience des mandats locaux. Dans la mesure où il avait « en même temps » fait l'éloge de la verticalité supposément attendue des Français.es et proposé une approche fondée sur l'horizontalité, fallait-il attendre une inflexion significative du cours de l'action publique ?
    Alors que la dernière partie du quinquennat est engagée, cet ouvrage examine ce qu'il est réellement advenu de sa promesse de bâtir un « pacte girondin » avec les collectivités territoriales et leurs élu.es. Le pouvoir macronien a-t-il donné naissance à un mouvement de recentralisation, ainsi que le suggèrent ses opposants, ou au contraire, ouvert la voie à une relance de la décentralisation, comme le proclament les discours présidentiels ?
    Qu'est-il advenu des perspectives de différenciation territoriale ébauchées durant la campagne et quelles en sont les traductions concrètes ?
    Ce livre s'attache à comprendre et à analyser la politique territoriale d'Emmanuel Macron - politique dont l'importance est cruciale dans la perspective de 2022 - à travers neuf contributions rédigées dans un style accessible à tou.tes par des spécialistes de sociologie politique et de l'action publique territoriale.

  • Est-il raisonnable que la loi interdise les téléphones portables dans l'enceinte scolaire ?
    Inscrire la règle d'or budgétaire dans la Constjtutjon nous permeturait-il de réduire à néant le défjcit public ?
    La loi peut-elle réduire la criminalité ?
    Proportjonner le nombre d'amendements à l'importance des groupes parlementaires est-elle une bonne idée ?
    Un rapport de 400 pages et une directjve européenne sur les toiletues étaient-ils nécessaires pour réduire la consommatjon d'eau ?
    Et tandis que nous ne cessons de la brocarder, nous ne cessons de nous en goinfrer.
    Il existe aujourd'hui plus de 100 000 lois. La loi la plus longue comporte 509 artjcles. La loi la plus volumineuse occupe 200 pages au Journal offj- ciel de la République française.
    /> La complexité du droit est devenue telle, qu'elle conduit à parler d'un droit « d'affjchage », « mou », et maintenant « gazeux ».
    Le travail de notre législateur interroge chacun, la loi fait débat dans notre société.
    Car derrière ces symptômes, elle est l'expression de nos névroses, perversités et psychoses collectjves.
    Il est temps que la loi prenne place sur le divan.
    La loi sur le divan propose une lecture croisée du droit et de la psychanalyse, opérées à partjr de nos situatjons réelles, de romans, du cinéma, de nos modes d'alimentatjon ou bien encore de notre pratjque du sport. Il s'agit de comprendre les ressorts et les travers de cetue productjon législa- tjve, mais aussi et surtout, les moyens d'en sortjr.
    Car l'analyse n'est pas un procès sans fjn. La loi peut en sortjr apaisée.

  • En France, la réforme territoriale est souvent jugée sévèrement.

    Prenant la forme d'un chantier législatif permanent, tant les annonces, les discours, mais surtout les textes, se sont succédé au Parlement, la réforme territoriale souffre en effet de nombreuses critiques : lacunes, impensés, défaut d'intelligibilité...

    Pourtant, à rebours d'un discours dominant estimant que la décentralisation à la française tourne en rond, il semblerait qu'un véritable mouvement de fond soit en train de se créer.

    C'est ce qu'il est ressorti de la 8 e édition des « Rendez-vous du local » organisée en mai 2016 par Sciences Po en partenariat avec la Caisse des dépôts, dont cet ouvrage est le fruit : par petites touches, la réforme territoriale a progressivement, mais profondément, modifié le système et contribué à « réinventer » l'action publique territoriale.

    Cet ouvrage collectif invite ainsi à considérer la réforme territoriale sous un nouvel angle, à s'autoriser à penser que, dans ce domaine en particulier, la politique des petits pas peut parfois se révéler plus efficace que les grands soirs sans lendemain.

  • Ce livre revient sur les 20 années qui ont entouré la Seconde guerre mondiale, années relatées par Michel Moracchini, dernier témoin français en vie des procès de Nuremberg.
    Sa présence auprès de la Délégation française du Tribunal militaire international lui a permis, de façon très privilégiée, et à partir de plusieurs sources d'information, de relater de nombreux évènements ayant entouré l'histoire de la Seconde guerre mondiale.
    Ce livre comprend ainsi 3 parties : des environs de 1934 jusqu'au 3 septembre 1939, date de l'entrée en guerre contre l'Allemagne, et la période de l'Occupation, puis sa participation aux travaux du Tribunal militaire internationale, travaux qui ont posé les jalons d'un nouveau droit pénal international, et enfin, la période 1950-1954 où il officiait dans le cadre de l'Office militaire de sécurité dans la perspective de la création d'une communauté européenne de défense.
    Michel Moracchini livre ici un témoignage inédit sur les origines et les enjeux des procès de Nuremberg, les hommes qui les menèrent ou les subirent - donc autant du côté des poursuites que sur le banc des accusés - et la manière dont les débats se déroulèrent au quotidien, depuis l'environnement feutré d'où il les observait en tant que traducteur, jusqu'à celui, plus direct et rude, des salles d'audience.
    Mais, au-delà de l'explication de ce qui a été fait, l'auteur analyse les suites historiques et politiques de ces procès et ouvre sans complaisance le débat de la Justice pénale internationale.

  • En institutionnalisant progressivement la catégorie des « métropoles », les États actent dans la loi qu'en matière d'innovation, d'attractivité, de mobilités et d'environnement, c'est à cette échelle que se joue désormais la performance économique et la compétitivité des nations.
    Luttes d'institutions ou stratégies d'alliance, pilotage à distance ou coopérations de proximité : quelles postures les États adoptent-ils face à ces nouvelles créatures institutionnelles ?
    En miroir, quelles sont les relations des métropoles avec collectivités de rang intermédiaires, coopérations avec les territoires périphériques et les hinterlands ? Alors que l'objectif n'est plus de réguler les concurrences, mais davantage d'organiser la négociation entre des acteurs territoriaux différents autour de règles du jeu partagées, la question de la coopération en terme politique s'avère beaucoup plus complexe.
    Dans ce contexte, comment les métropoles subviennent-elles à leurs responsabilités et à leurs charges particulières ? Quelles innovations déploient-elles pour accroître leurs marges de manoeuvre afin de dispenser les services à la population et de mener à bien leurs projets ?
    Locomotives dans leur économie nationale, les métropoles déploient des stratégies d'investissement sectorielles dont l'objectif est de mieux connecter les ressorts productifs métropolitains les uns aux autres afin de rendre le système urbain plus efficient en termes d'adaptabilité, de réactivité et de rapidité.

  • Dans le prolongement d'une première enquête réalisée en 2008 et ayant débouché sur la publication de l'ouvrage L'intercommunalité en campagne aux PUR, l'Assemblée des communautés de France (ADCF) et l'Association des directeurs généraux des communautés de France (ADGCF) ont conjointement lancé une étude sur la place de l'intercommunalité dans la campagne municipale de 2014.
    En effet, la mise en place d'un scrutin intercommunal concomitant au scrutin municipal pouvait laisser à penser que les enjeux liés au rôle et aux compétences des établissements publics de coopération intercommunale occuperaient une place significative dans les débats.
    Or cette étude, placée sous la direction scientifique de deux universitaires reconnus en sociologie et en science politique, et publiée par Berger-Levrault, montre au contraire que l'intercommunalité est restée une invitée relativement discrète dans les élections municipales de 2014, avec des résultats assez variables en fonction des territoires.

  • Comment la France, berceau de la Révolutjon de 1789, héritjère d'une riche histoire et du triptyque républicain (liberté, égalité, fraternité), est aussi devenue le pays dans lequel le pessimisme prédomine, conduisant à des formes de repli sur soi ? Alors qu'elle est l'un des pays fondateurs de l'Union Européenne, la France est aussi le théâtre d'une critjque acerbe à l'égard de Bruxelles, amplifjée par les efgets économiques et culturels d'une mondialisatjon peu maîtrisée.
    Les questjons socialement vives comme la laïcité, l'identjté natjonale, l'immigratjon, la citoyenneté, les populismes, le communautarisme, la religion, l'exclusion de franges entjères de la populatjon, apparaissent comme autant de « problèmes sociaux » empêchant parfois d'en proposer une lecture plus sereine et distanciée. Il est nécessaire de penser le vivre-ensemble en en précisant le sens mais aussi les modalités de mise en oeuvre concrètes.
    Il apparaîtra alors que l'on ne peut séparer la citoyenneté sociale et la citoyenneté civique car au fondement de la vie démocratjque, il y a la questjon sociale, la solidarité et la lutue contre les inégalités. A l'heure où l'on assiste à des revendicatjons identjtaires, à la célébratjon et à la demande de reconnaissance de difgérentes mémoires, sur fond de diversifjcatjon sociale et culturelle, une questjon se pose de manière cruciale : à quelles conditjons peut-on penser et meture en oeuvre du commun, dimension fondamentale d'une société ?
    Cet essai aborde frontalement et sans concession, des questjons à fort enjeu sociétal. Il ouvre des perspectjves quant au rôle que les acteurs de terrain mais aussi les instjtutjons, à l'instar de l'école ou l'hôpital, doivent assumer dans la constructjon du lien social. Plaidant pour une démocratje en actes, le propos interroge, à travers des exemples concrets, la capacité d'agir des citoyens et les modalités pratjques permetuant d'incarner le vivre-ensemble dans difgérentes sphères de la vie quotjdienne.

  • Après l'épisode des années 1980 et celui du début des années 2000, une nouvelle série de réformes a été engagée en 2008 par l'État, sous les présidences de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande. Loi de réforme des collectjvités territoriales en 2010, loi MAPTAM en 2014, loi NOTRe en 2015, pour s'en tenir aux plus notoires d'entre elles, ont dessiné les contours d'un nouveau système territorial et marquent un tournant dans l'histoire des réformes territoriales contemporaines.
    Depuis 10 ans, ce sont ainsi de nouveaux équilibres qui se metuent en place, entre l'État et les collectjvités territoriales, entre les collectj- vités territoriales elles-mêmes ou encore entre celles-ci et leurs groupements.
    L'ambitjon de cet ouvrage est précisément de meture au jour ces nouveaux équilibres et de s'interroger sur leur portée. Par le croisement de regards de parlementaires, élus locaux, experts, universitaires et administrateurs territoriaux, il ofgre une approche originale et iné- dite de la questjon.

  • L'apparitjon des nouvelles technologies dans les juridictjons n'est pas nouvelle. Elles ofgraient jusqu'alors des moyens d'accéder ou de rendre plus facilement la justjce (bases de données, échanges de données, tenue d'audience par voie de visioconférence, traitement dé- matérialisé d'acte ou de procédure). L'arrivée plus récente sur le marché de solutjons utjlisant l'intelligence artjfjcielle, et présentées comme des moyens de rendre la justjce à la place des juges, polarise aujourd'hui le débat public autour de la justjce dite « prédictjve ».
    Les nombreux rapports rendus en la matjère, colloques de la Cour de cassatjon (2017 et 2018) ainsi que la loi pour une République numé- rique ou encore le projet de loi sur la réforme de la Justjce, entendent défjnir un cadre à cetue justjce numérique en gestatjon.
    C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Poinas, magistrat engagé, propose une réfmexion sociologique, économique, juridique et politjque sur les enjeux et les efgets de ce phénomène.
    Ces nouvelles solutjons technologiques sont-elles amenées à rendre la justjce à la place des juges ? L'État doit-il les laisser faire ? Leur re- cours impose-t-il la mise en place d'une éthique partjculière ? Qu'en est-il de la sécurité juridique ? Quel avenir pour l'actjvité juridictjon- nelle ?
    Ouvrage inédit et original, il défend, exemples à l'appui, la thèse selon laquelle la rencontre entre la justjce et le numérique n'a pas encore entraîné la réinitjalisatjon du processus juridictjonnel !

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