Cassini

  • Réédition de Médecins douces : info ou intox ? Toujours le meilleur livre en français sur le sujet, le plus complet, le plus objectif. La méthode scientifique en médecine est d'abord expliquée sur les exemples historiques de la saignée et du scorbut par l'excellent narrateur qu'est Simon Singh. Suivent des chapitres très incisifs sur l'homéopathie, l'acupuncture et la chiropraxie. A propos de la phytotérapie, l'étude est tout aussi approfondie, mais les conclusions sont plus nuancées. Suit un chapitre sur les problèmes éthiques et politiques posés par les médecines alternatives. Pour finir, un guide des thérapies alternatives analyse brièvement 36 autres thérapies.

  • Sept des douze leçons sont consacrées à la convergence entre mathématiques et physique, ou entre mathématiques et informatique. C'est l'esprit du temps qui le veut. Le volume 2 sera réimprimé à la même date.
    Les douze auteurs sont tous des mathématiciens (français, russes, anglais, américains, suisses) de grande réputation internationale.

  • Ve´ritable promenade a`travers notre univers, cet ouvrage du ce´le`bre physicien Gamow fournit toutes les bases pour comprendre les merveilles de la Science moderne. Entropie et ge`nes y ont un ro^le, aussi bien qu'atomes et ne´buleuses. Divers proble`mes fascinants sont aussi aborde´s : nature de la courbure de l'univers, quatrie`me dimension, the´orie des nombres, topologie, origine de l'e´nergie dans l'univers.
    Difficile ? Non. Gamow a le don de rendre simple les choses compliquées.

    Il s'agit de la réédition d'un ouvrage traduit par Dunod en 1956. La traduction a été légèrement révisée, et un chapitre de l'édition originale anglaise One, two, three... infinity qui n'avait pas été repris à l'époque a été rétabli.
    Mathématiques, physique, biologie (Gamow a été l'un des pionniers dans la recherche sur le fonctionnement de l'ADN) donc, à la portée de tous. On peut lire sur amazon.com les témoignages de chercheurs qui racontent comment ce livre (ou sa traduction en chinois) les a décidés à choisir une carrière scientifique. Ils sont des douzaines, dit l'un d'eux, des milliers dit un autre...
    Et nous avons recueilli en France des témoignages analogues, auprès des universitaires qui ont insisté pour que nous procédions à cette réédition, notamment pour pouvoir donner le livre à leurs enfants ou petitsenfants.
    L'ouvrage est illustré de 128 dessins de l'auteur.
    Enfin, un appendice signale les points qui doivent être actualisés. Ces points sont en fait peu nombreux, ce qui s'explique aisément : Gamow a été un acteur majeur des principales révolutions scientifiques de la première moitié du XXe siècle, en mécanique quantique, en cosmologie, en biologie... et il n'y a pas eu de révolution comparable dans le seconde moitié du siècle:
    Les immenses progrès de la science auxquels nous assistons se fondent sur ce qui a été acquis alors.

  • Peu de livres ont eu une influence aussi durable et joué un rôle aussi important dans le monde moderne que Théorie mathématique de la communication, publié à l'origine comme un article technique dans le Bell Systems Technical Journal.

    Les idées de Shannon, qui forment la base de ce qu'on appelle aujourd'hui théorie de l'information, ont joué un rôle essentiel aussi bien dans l'avènemement de l'ère informatique moderne (sans elles, aucun ordinateur, aucun téléphone, aucun réseau ne pourrait fonctionner) que dans les sciences humaines, et en biologie.
    En fait on les retrouve partout où on étudie la transmission ou la conservation de l'information : psychologie, linguistique, biologie de l'ADN, des organismes, du cerveau. À la source des disciplines appelées aujourd'hui sciences de l'information et de la communication, sciences cognitives, neurosciences, on trouve encore Shannon, et le modèle général de la communication entre systèmes de Shannon se retrouve aussi dans les cours faits aux cadres du marketing, aux futures professeurs ou aux futures infirmières.
    L'article de Shannon est rédigé dans un style simple et accessible, mais il devient technique au bout de quelques dizaines de pages. C'est pourquoi l'éditeur de la version original l'a fait précéder d'un article de vulgarisation rédigé par son collègue et supérieur de l'époque Warren Weaver.

    La première édition française a paru en 1975 aux éditions Retz, dans la collection Les classiques des sciences humaines.
    La présente édition reprend cette traduction, avec quelques corrections et une nouvelle préface.

  • Ce livre rassemble les chroniques scientifiques que le physicien Jacques Treiner a réalisées pour la radio entre février 2016 et mai 2017.
    Énergie, climat, santé, eau et agriculture, ondes électromagnétiques...
    : le but de l'auteur est d'illustrer, à propos de questions de société où science et technologie sont fortement impliquées, la différence entre un énoncé scientifique et une opinion.
    Jacques Treiner attire aussi notre attention sur l'ordre de grandeur des quantités en jeu, car une idée n'est utile que si elle est à la mesure du problème posé. Vu l'ampleur des enjeux, les chiffres, ça compte...
    Le décryptage de l'actualité immédiate prend facilement un tour polémique, qui est ici joyeusement assumé.
    Mais il convient aussi de prendre de la distance, de sonder ce plaisir de chercher et de comprendre, ce mouvement irrépressible de la pensée vers l'exploration du pourquoi et du comment des choses. C'est pourquoi, entre deux chroniques polémiques, Jacques Treiner nous invite à nous laisser aller au plaisir du contemplatif.

  • Ce petit ouvrage, le premier de notre collection Le Sel et le Fer, a été vendu à 11 000 exemplaires.
    Nous le remettons aujourd'hui en vente, après qu'il ait été absent des librairies pendant quelques années.
    Ses premiers fans ont été deux manutentionnaires de Géodis, qui voyant les couvertures à travers le plastique enveloppant la palette se sont écriés : « Oh, y a des cosinus ! » (et ont eu droit aux premiers exemplaires). Le livre convient à tous, et notamment aux lycéens à partir de la seconde.
    Extrait de la 4e de couverture. Les mathématiques sont sûrement très utiles, elles sont aussi amusantes et fascinantes.
    En nous racontant très simplement des histoires, réelles ou imaginaires, joliment illustrées, les auteurs nous révèlent le sens profond des formules mathématiques, nous les rendent évidentes, et nous expliquent comment elles ont été découvertes.

  • Les concombres, comme chacun sait, sont composés à 99 % d'eau.
    On laisse reposer 500 kilos de concombres pendant une nuit, et le lendemain, les concombres ne contiennent plus que 98 % d'eau. quel est le poids des concombres au matin ? c'est l'un des problèmes favoris du célèbre mathématicien paul halmos, grand amateur et collectionneur de problèmes. ne répondez donc pas trop vite. en voici un autre. le plan peut être rempli par des droites disjointes, par exemple toutes les droites parallèles à l'axe des x.
    Peut-on de la même façon remplir le plan par des cercles disjoints ? attention : vous n'avez pas droit aux cercles de rayon nul (les points), ni aux cercles de rayon infini (les droites). certains des problèmes de ce livre peuvent être résolus par des lycéens, d'autres demandent la maturité d'un mathématicien professionnel. chacun d'eux est une histoire que nous conte halmos. il éveille notre curiosité, donne des indications, et livre enfin une solution complète, toujours instructive, même pour ceux qui avaient " trouvé ".


  • après le succès des deux premiers volumes des leçons de mathématiques d'aujourd'hui, nous présentons ici douze nouvelles " leçons ".
    les leçons de mathématiques d'aujourd'hui, données à bordeaux depuis 1993 par des experts de renommée internationale, ont pour but de constituer un panorama largement accessible des mathématiques contemporaines. comme les deux précédents, ce volume s'adresse à tous ceux, mathématiciens, physiciens, ingénieurs professeurs, étudiants, qui sont intéressés par la recherche actuelle en mathématiques et curieux d'en avoir une vue de l'intérieur.


  • Les sujets sont parfois difficiles à préciser : l'entrée en matière de Bernard Malgrange, « mon objectif est de vous montrer des liens surprenants qui existent entre des êtres mathématiques a priori complètement différents », pourrait être reprise par plusieurs contributeurs. Essayons tout de même :
    Fractals et probabilités, physique théorique, topologie, théorie des nombres, séries de Fourier, géométrie et théorie des nombres, équations de la supraconductivité, méthodes mathématiques en climatologie, arithmétique des courbes elliptiques, optique géométrique et ondulatoire, ondelettes.

  • " L'être humain n â pas inventé l'agriculture puis sauté et dansé de joie : il y fut amené petit à petit, contraint par la nécessité, et depuis il n'arrête pas de pester contre le labeur qu'elle exige.
    " Au Néolithique déjà, l'agriculture représentait un ensemble de savoir-faire transmis depuis des temps immémoriaux au sein de populations de " proto-cultivateurs ". Associées à la chasse et à la cueillette, ces pratiques sont à l'origine de l'extraordinaire succès écologique de l'espèce humaine ; elles permettent d'expliquer l'ampleur du carnage des grands mammifères au Pléistocène et, peut-être, la disparition des Néandertaliens : en cultivant la terre à leurs moments perdus, les hominidés étaient mieux à même d'assurer leur survie et d'agir sur l'environnement.

    Suivant le fil de cette hypothèse, qui éclaire des faits longtemps restés mystérieux, Colin Tudge trouve des arguments convaincants pour interpréter à la manière d'un western l'affrontement entre " protofermiers " de Cro-Magnon et " bandits " néandertaliens, ou pour retrouver sous les eaux du golfe Persique le jardin d'Eden des chasseurs-cueilleurs, évincés du Paradis par la montée des eaux survenue à la fin de l'âge glaciaire.

    Mais la révolution du Néolithique n'apparaît pas tant comme le fruit de circonstances particulières que comme l'inévitable conséquence du succès des premières pratiques agricoles. S'élevant avec force contre la représentation idyllique des travaux des champs, l'auteur soutient qu'il faut plutôt se demander pourquoi l'espèce entière s'est convertie à un mode de subsistance si manifestement inhumain.
    Nos ancêtres ont tout simplement été victimes de leur succès et entraînés dans un cercle vicieux qui les a condamnés à produire toujours davantage pour nourrir une population toujours croissante. Ce qui amène Colin Tudge à se demander s'il ne serait pas temps de retrouver les vertus de la fainéantise - une qualité que les chasseurs-cueilleurs partageaient avec les grands prédateurs.

  • Textes de grands physiciens commentés par des physiciens d'aujourd'hui.
    Lumière. Roemer (la découverte de la vitesse de la lumière), Newton (la décomposition de la lumière blanche), Young (interférences et théorie ondulatoire), Fresnel (interférences, les lentilles de phare), Arago (la vitesse de la lumière), Foucault (encore sur la vitesse de la lumière), Michelson, von Laue (l'éther).
    Radioactivité. Roentgen (la découverte des rayons X), Becquerel (la découverte de la radioactivité), Rutherford (l'explication de la radioactivité), Irène et Frédéric Joliot- Curie (la radio-activité artificielle).

  • Grâce à une succession extraordinaire de découvertes, nous disposons de théories qui touchent à la structure profonde de la réalité : la mécanique quantique avec son lot d'univers parallèles - dans l'interprétation d'Everett -, mais aussi la théorie du calcul de Turing, la théorie de la connaissance de Popper et la théorie de l'évolution, car la réalité n'est pas formée uniquement d'éléments de base : espace, temps, particules élémentaires ; y contribuent aussi des propriétés émergentes, comme la vie, la pensée, le calcul.
    Ces quatre théories sont acceptées pour leur contenu utilitaire, mais en même temps considérées avec méfiance, car chacune a des implications qui heurtent le sens commun. David Deutsch, pour qui le but de la science est d'expliquer le monde, soutient que ces théories doivent être prises au sérieux. Soucieux de convaincre le profane, il le guide dans des domaines réputés inaccessibles, lui faisant constater l'existence d'univers parallèles - comme meilleure explication du comportement de la lumière -, lui faisant voir le calcul informatique comme l'embryon d'une réalité virtuelle, ou les promesses des ordinateurs quantiques comme fondées sur la distribution du travail entre univers parallèles, ou même la vie comme une structure régulière du "multi-univers", l'entraînant enfin dans de fascinantes expériences de pensée à propos du voyage dans le temps.
    Au bout du compte, le lecteur aura réalisé que ces théories paradoxales ont plus de sens que le sens commun, et que la meilleure explication du monde consiste à les considérer ensemble car elles sont inextricablement liées.

  • Cet ouvrage paraît au moment où la vision qu'ont les mathématiciens de l'algèbre change profondément. « Abstraite » depuis les années 30, l'algèbre moderne devient aujourd'hui « effective », sous l'influence de l'informatique. En même temps, on découvre que des domaines classiques depuis toujours considérés comme relevant des mathématiques pures donnent lieu à des applications concrètes : la théorie des nombres, la théorie des corps finis, sont à la base de la cryptographie moderne et des codes correcteurs utilisés pour la transmission du signal.

  • Les mathématiques ont fait preuve d'une efficacité presque déraisonnable, selon l'expression d'Eugène Wigner, dans le domaine des sciences physiques et de leurs applications technologiques.
    Leur rôle en biologie et en sciences sociales a été plus modeste, mais tend actuellement à se développer grâce aux possibilités de simulation qu'offrent les ordinateurs. Nicolas Bacaër retrace une partie de cette histoire, l'étude de la dynamique des populations, un domaine à cheval entre la démographie, l'écologie, l'épidémiologie et la génétique. On y retrouvera notamment la genèse de quelques thèmes célèbres : la croissance exponentielle, depuis Euler et Malthus jusqu'à la politique chi-noise de l'enfant unique ; l'intervention du hasard, depuis les lois de Mendel et la question de l'extinction des noms de famille jusqu'aux modèles de percolation pour la propagation des épidémies ; les modèles de populations chaotiques, entre hasard et déterminisme.
    Le lecteur de ce livre verra désormais sous un jour différent les problèmes rencontrés par les scientifiques lorsque les politiques ou la société leur demandent des prévisions fiables sur des questions d'actualité telles que le contrôle des épidémies (SRAS, chikungunya, grippe aviaire), la gestion des ressources naturelles (quotas de pêche, diffusion des OGM), les évolutions démographiques (vieillissement de la population, immigration).

  • Cet ouvrage a pour but d'amener le lecteur à la rencontre de textes scientifiques originaux, s'échelonnant pour la plupart du XVIIe au début du XXe siècle. Quinze scientifiques contemporains ont chacun choisi un texte ancien qu'ils aiment, manuscrit, article ou quelques pages d'un livre et en présentent une analyse. En suivant le texte de près, avec des citations abondantes, ils s'attachent à expliquer la démarche et la nature des résultats d'un savant dont la pensée compte encore à notre époque. La première partie, De l'écriture au calcul, présente quelques jalons marquants de l'histoire du calcul : l'apparition de v2 sur la tablette d'un scribe babylonien, les prémisses de la notion de dérivée chez Fermat, la naissance des coordonnées cartésiennes, la machine à calculer de Pascal, la courbe transcendante de la chaînette découverte par Leibniz, le plan complexe d'Argand, les groupes de Galois, les matrices de Cholesky. La deuxième partie, dont le titre est Théorie des nombres, suit à travers ses acteurs certaines grandes avancées de cette branche des mathématiques : Lambert et l'irrationalité de n, une démonstration facile de l'irrationalité de e par Fourier, la mise en évidence du premier nombre transcendant par Liouville. la démonstration du caractère transcendant de e par Hermite, les deux infinis de Cantor. Ce volume, consacré aux mathématiques, est le premier d'une collection qui abordera d'autres disciplines. Elle vise à présenter une histoire des sciences accessible et mise en relation avec les connaissances scientifiques les plus répandues.

  • Les Leçons de Mathématiques d'Aujourd'hui, données à Bordeaux depuis 1993, ont pour but de constituer un panorama largement accessible des mathématiques contemporaines, à destination de tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, sont intéressés par la recherche actuelle en mathématiques et curieux d'en avoir une vue de l'intérieur. Ce volume aborde la mécanique (systèmes dynamiques intégrables, théorie ergodique), la géométrie (transversalité, géodésiques, géométrie tropicale), l'algorithmique (factorisation, automates, logique et théorie des graphes), la théorie des tresses, l'analyse harmonique sur les groupes, les matrices aléatoires et le transport optimal (leçon de Cédric Villani, médaille Fields 2010).

  • " Gagnant-gagnant ", " perdant-perdant ".
    Depuis qu'on a compris que la vie sociale n'est pas un " jeu à somme nulle ", le vocabulaire de la théorie des jeux a envahi la vie politique. Car l'analyse de certaines situations par la théorie des jeux est riche d'enseignements. La plus fascinante et la plus Instructive de ces analyses est celle du " dilemme du prisonnier " C'est l'archétype de ces situations paradoxales dans lesquelles des individus, des firmes, des pays qui ont un intérêt réel à coopérer se résolvent à trahir compte-tenu du risque élevé qu'un autre le fasse.
    La seule chose qui pourrait sauver les " prisonniers ", ce serait que chacun d'eux ait l'habitude de se poser la question : et si tout le monde faisait la même chose que moi ? Toute la morale est-elle là, comme le pressentait Emmanuel Kant ? En analysant le comportement des joueurs de poker, von Neumann, le père de l'ordinateur et l'une des plus brillantes intelligences du siècle, élabora la théorie des jeux à somme nulle.
    John Nash montra quelle est la meilleure façon de jouer dans un jeu à somme non nulle. Flood et Dresher découvrirent, avec le dilemme du prisonnier, que la " meilleure solution " de Nash, si elle est appliquée par tous, peut mener au pire pour tous. Tout cela se passait dans les années 40 et 50, entre la mise au point de la bombe atomique et le début de la guerre froide, quand von Neumann et Bertrand Russell défendaient l'idée de la guerre préventive.
    Inventé peu après que les Soviétiques eurent à leur tour construit la bombe, le dilemme du prisonnier devint rapidement une allégorie de la course aux armements, et la théorie des jeux, un outil controversé de la stratégie - alternativement accusée de justifier la course aux armements ou mise en avant comme le seul espoir de l'arrêter. De l'enfance de von Neumann à la crise des fusées de Cuba, " Le dilemme du prisonnier " retrace ainsi l'histoire d'une idée révolutionnaire - aujourd'hui à l'oeuvre en économie, en biologie, en sociologie - qui a été célébrée comme un des temps forts de la pensée du XXe siècle.

  • Les êtres humains sont des coopérateurs-nés.
    Alors pourquoi la gauche a-t-elle accordé si peu d'attention aux théories biologiques du comportement, laissant la droite revendiquer le darwinisme et la " lutte pour la vie " ?
    En partie parce que le mécanisme évolutif par lequel la " lutte pour la vie " conduit à des comportements coopératifs a longtemps été pour les darwiniens eux-mêmes une énigme. En partie aussi parce que réduire, à la suite de Marx, l'essence de l'homme à " l'ensemble des rapports sociaux ", en ignorant le fait que l'homme est un produit de l'évolution, permettait de croire à la perfectibilité de la nature humaine.

    Dans ce petit livre, Peter Singer retrace l'histoire de ce malentendu intellectuel pour arriver à la conclusion qu'il est temps que la gauche adopte une vision scientifique de la nature humaine. Il montre en même temps comment les progrès récents de la théorie (Axelrod et " donnant-donnant ", notamment) peuvent nourrir la pensée de la gauche et l'aider à se fixer des objectifs réalistes - et réalisables.

    Cette nouvelle vision politique semble tomber à point nommé : la gauche a rarement eu autant besoin de se renouveler qu'aujourd'hui.

  • Environnement, climat et énergie Nouv.

    Ce livre est un pari. Celui de recenser les principales interrogations des citoyens entendues dans plus d'une centaine de débats publics et d'y répondre sans détour, sans tabous, en nous attaquant frontalement aux objections les plus sérieuses qui circulent sur le modèle énergétique français. Un de ses objectifs est de dépassionner le débat sur la sortie des énergies fossiles, et de ne pas le limiter à l'opposition simpliste « nucléaire » contre « renouvelables ».
    Il s'agit aussi de prendre conscience des vrais rapports de force - qui sont essentiellement d'ordre économique - de façon à éclairer d'une lumière nouvelle les différentes campagnes favorables ou hostiles à tel ou tel choix. Car la vraie bataille est là : Que les citoyens s'emparent de cette question, et sortent le secteur de l'énergie des griffes du marché, pour s'engager dans une transition énergétique répondant vraiment à l'intérêt général.

  • Ce livre tire son origine d'un cours expérimental fait en 1964 par le grand mathématicien Vladimir Arnold à des lycéens de Moscou. Le cours portait sur le fameux théorème d'Abel (1828) qui affirme qu'il est impossible de résoudre par radicaux l'équation algébrique générale du cinquième degré. Il s'agissait bien sûr de lycéens un peu plus doués que la moyenne, et le projet d'Arnold était de leur donner l'occasion d'exercer leurs capacités.
    C'est pourquoi l'enseignant s'efface dès qu'il le peut devant l'auditeur (ou le lecteur). Chaque notion nouvelle, une fois présentée, fait l'objet d'une série de problèmes, qui permettent à l'étudiant d'en acquérir la maîtrise, pour pouvoir ensuite l'employer dans des situations relativement complexes.
    En 350 et quelques problèmes, le lecteur, bien guidé, parvient ainsi, si ce n'est à démontrer lui-même le théorème d'Abel, du moins à comprendre en profondeur la structure de sa démonstration.

    Après cet exercice, il reste au lecteur de solides connaissances sur les groupes, les nombres complexes, la topologie, et surtout l'expérience d'un travail de longue haleine en mathématiques.

  • Il s'agit de la réédition d'un ouvrage traduit par Dunod en 1956. La traduction a été légèrement révisée, et un chapitre de l'édition originale anglaise One, two, three... infinity qui n'avait pas été repris, mais qui figurait dans un autre livre publié par Dunod à la même époque a été rétabli.
    La présentation de l'époque, comme le livre, n'a pas vieilli : « Véritable promenade à travers notre univers, cet ouvrage du célèbre physicien Gamow fournit toutes les bases pur comprendre les merveilles de la Science moderne. Entropie et gènes y ont un rôle, aussi bien qu'atomes et nébuleuses.
    Divers problèmes fascinants sont aussi abordés : nature de la courbure de l'univers, quatrième dimension, théorie des nombres, topologie, origine de l'énergie dans l'univers. » Mathématiques, physique, biologie (Gamow a été l'un des pionniers dans la recherche sur le fonctionnement de l'ADN) donc, à la portée de tous. On peut lire sur amazon.com les témoignages de chercheurs qui racontent comment ce livre (ou sa traduction en chinois) les a décidés à choisir une carrière scientifique... Et nous avons en France des témoignages analogues d'universitaires, qui ont d'ailleurs insisté pour que nous procédions à cette réédition, sans doute pour pouvoir donner le livre à leurs enfants ou petits-enfants.
    L'ouvrage est illustré de 128 dessins de l'auteur.
    Enfin, un appendice signale les points qui doivent être rectifiés, la science ayant fait des progrès entre 1956 et 2011. Ces points sont en fait peu nombreux.

  • Sauter les tourniquets du métro ? rouler dans les couloirs d'autobus ? polluer sans payer ou pêcher les dernières baleines ? est-il vraisemblable que dans toutes ces questions oú intérêt individuel et bien collectif sont en conflit on retrouve la même structure mathématique, 4 nombres rangés dans un certain ordre et enfermés dans un petit tableau carré ? dans la plus pure de ces situations, vous et un coaccusé êtes, chacun dans sa cellule, confrontés au dilemme : témoigner contre votre complice (a) ou garder le silence (b).
    Vous retournez la situation dans votre tête : aucun doute, qu'il choisisse (a) ou qu'il choisisse (b), vous vous en sortez mieux si vous trahissez. mais s'il raisonne comme vous, c'est le pire assuré pour vous deux. toute la morale est-elle là, comme le pressentait un certain emmanuel kant ? car la seule chose qui pourrait vous sauver, c'est que chacun se pose la question : et si l'autre en faisait autant ? en analysant le comportement des joueurs de poker, von neumann, le père de l'ordinateur et l'une des plus brillantes intelligences du siècle, élabora la théorie des jeux à somme nulle.
    John nash montra quelle est la meilleure façon de jouer dans un jeu à somme non nulle. flood et dresher découvrirent, avec le dilemme du prisonnier, que la " meilleure solution " de nash, si elle est appliquée par tous, peut mener au pire pour tous. tout cela se passait dans les années 40 et 50, entre la mise au point de la bombe atomique et le début de la guerre froide, quand von neumann et bertrand russell défendaient l'idée de la guerre préventive.
    Inventé peu après que les soviétiques aient à leur tour construit la bombe, le dilemme du prisonnier devint rapidement une allégorie de la course aux armements, et la théorie des jeux, un outil controversé de la stratégie - alternativement accusée de justifier la course aux armements ou mise en avant comme le seul espoir de l'arrêter. de l'enfance de von neumann à la crise des fusées de cuba, le dilemme du prisonnier retrace ainsi l'histoire d'une idée révolutionnaire - aujourd'hui à l'oeuvre en économie, en biologie, en sociologie - qui a été célébrée comme un des temps forts de la pensée du xxe siècle.

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