Eres

  • De sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, Emmanuel Hirsch analyse les temps forts de cette année de pandémie où la démocratie a été confinée.

    Dès l'annonce des premiers signes évocateurs de la pandémie, Emmanuel Hirsch s'est engagé avec l'équipe de l'Espace éthique de la région Île-de-France dans un travail d'observation et de suivi des enjeux sociétaux de la crise sanitaire. Bénéficiant de son expertise dans les « années sida » puis d'une implication dans les travaux préparatoires à la pandémie grippale entre 2006 et 2009, il s'est imposé comme une référence pour apporter les éclairages éthiques indispensables. Ses interventions régulières dans de nombreux médias se sont prolongées par un travail d'approfondissement à travers ses écrits au fil des circonstances.

  • Une lecture sociologique des innovations managériales en cours, qui tendent à faire oublier les véritables objectifs des employeurs : continuer à mettre en oeuvre la subordination des salariés, seule garantie de leur exploitation « légitime ».

    L'auteure décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui prend une forme de plus en plus personnalisée, intrusive et délétère, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des drh « bienveillantes » et préoccupées du « bonheur » de leurs salariés aux « entreprises libérées » par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, l'auteure analyse tous ces faux-semblants qui paralysent l'intelligence collective et menacent l'avenir du monde.

  • Ce vocabulaire présente les concepts, la clinique, les pionniers de la pratique psychanalytique avec les enfants et les adolescents. Il est ouvert sur les autres disciplines qui s'intéressent à l'environnement social et culturel du premier âge et de la jeunesse.

    « Qu'est-ce qu'une psychanalyse avec des enfants, des adolescents ? Nous avons voulu répondre à cette interrogation par un vocabulaire ancré dans la clinique avec nos jeunes patients.
    De la même façon qu'un psychanalyste ne saurait travailler en se coupant du bruit du monde, nous avons conçu un ouvrage polyphonique, réceptacle des signifiants, mots, concepts, expressions... qui véhiculent culture, connaissances, débats entre professionnels et thématiques liées à l'enfance et à l'adolescence qui intéressent tout un chacun. » C.R.

  • Ce livre se penche particulièrement sur la question de l'excès d'amour, que ce soit l'amour fou de la mère pour son bébé ou l'amour fou de l'adolescent pour l'autre tant désiré.

    Comment se joue l'amour fou dans la rencontre entre le bébé et sa mère ? Se rejoue-t-il à l'adolescence ? La dimension hallucinatoire de la première rencontre entre le bébé et sa mère jusqu'au drame triangulaire de la tragédie oedipienne de l'enfance est-elle réactivée dans l'après-coup du coup de foudre amoureux de l'adolescence et de la jalousie des pairs ? à partir de leur expérience clinique, les auteurs se penchent sur la nécessité de mieux différencier l'amour fou de la passion amoureuse. L'amour fou évoque une attraction irrépressible à la fois pulsionnelle et passionnelle : pulsionnelle où la source et l'objet se confondent ; passionnelle où le complémentaire et l'identique s'estompent. L'amour fou pose la question des modalités d'un travail analytique et en particulier des obstacles au transfert, tout autant avec le couple mère(père)-bébé qu'avec l'adolescent.

  • Les règles d'usage des écrans ne peuvent pas être les mêmes à chaque âge. La règle « 3-6-9-12 » - « Pas de télévision avant 3 ans, pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, pas d'Internet avant 9 ans et Internet accompagné jusqu'à l'entrée en collège, vers 11-12 ans » - constitue une feuille de route pour un usage raisonné des écrans, de la naissance à la majorité, et au-delà.

    Cette nouvelle édition se présente enrichie de trois façons par rapport à la précédente, même si le message principal reste évidemment le même : l'apprentissage du bon usage des écrans commence dès la naissance, et il se fait en famille.
    1. De nombreux exemples nouveaux.
    2. La référence à des travaux parus depuis 2013 renforce l'idée que les troubles liés à la surconsommation d'écrans sont corrélés au temps passé devant un écran avant l'âge de trois ans.
    Du coup, l'accent de la prévention est déplacé. La responsabilisation se porte encore plus sur les parents qui doivent comprendre l'importance de tenir l'enfant de moins de trois ans à l'abri des écrans.
    3. L'énoncé d'un mode d'emploi pour aider les parents à tenir leurs décisions concernant les limitations du temps d'écran face à leurs enfants. Les enfants ont beaucoup plus de plasticité psychique et comportementale que tous ne le croient : profiter des changements, comme la rentrée scolaire, pour modifier les habitudes...

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

  • Ce livre expose de manière simple et très illustrée le chemin par lequel le bébé passe pour arriver à la marche et tous les bienfaits qu'il peut en tirer. Cette nouvelle édition augmentée tient compte des très nombreux échanges que l'auteur a eus, depuis la première parution, avec les parents, les kinésithérapeutes, les personnels de la petite enfance et les médecins.

    Kinésithérapeute expérimentée, l'auteur a observé et analysé avec précision les étapes qui mènent le bébé vers la marche. Par son côté pratique - des illustrations qui montrent le quotidien du bébé, un texte clair, mis en page de manière très simple et colorée - l'ouvrage a déjà séduit de nombreux parents et personnels de la petite enfance.
    On y « voit » les mouvements du bébé, on comprend facilement le chemin naturel qui conduit le nourrisson de la position « couché sur le dos » à la marche autonome et tout le bénéfice qu'un bon développement moteur peut lui apporter. L'auteur propose des conseils pour la vie quotidienne, pour le choix du matériel et des objets à mettre à disposition, mais aussi des jeux moteurs simples, faciles à partager, afin de donner au tout-petit toutes les chances d'être à l'aise dans son corps avant de savoir marcher.

    Stimulés ou pas, tous les bébés en bonne santé parviennent à marcher, sans que l'on ait besoin de leur apprendre. Toutefois, l'attitude des personnes qui les entourent peut favoriser ou freiner l'installation d'une bonne motricité.
    Forte de son expérience de kinésithérapeute, l'auteur répond aux nombreuses questions que se posent les parents et les professionnels de la petite enfance : le passage par le quatre pattes est-il important ? Faut-il aider le bébé à se mettre debout ou à marcher ? Doit-on s'inquiéter d'un petit retard d'installation de la marche ? Comment faire face à un bébé en difficulté ?
    Les nombreux dessins et photos rendent l'ouvrage dynamique, vivant et pédagogique : au service de tous les enfants, qu'ils soient en bonne santé ou qu'ils présentent une pathologie, il a pour objectif d'inciter l'entourage familial et professionnel à mieux observer les tout-petits, à s'émerveiller devant leurs exploits moteurs et mais aussi à agir au bon moment en cas d'inquiétude.

  • Nouvelle traduction à une seule voix de l'oeuvre poétique complète de Federico García Lorca.

    On ne présente plus l'oeuvre poétique de Federico García Lorca, qui a été abondamment traduite et publiée en français, par divers auteurs et à des époques différentes. Pour la première fois l'intégralité de son oeuvre poétique se trouve ici traduite à une seule voix. Se dégage, de cette vision d'ensemble, la richesse thématique et stylistique de son écriture.

  • De nouvelles pistes de réflexion pour comprendre comment nous devenons des sujets et pourquoi la qualité des soins précoces apportés aux bébés est déterminante pour leur devenir à long terme.

    L'embryon est un organisme vivant, le foetus également, mais il est difficile d'imaginer qu'ils aient déjà une réflexivité qui leur permette de se sentir exister. Ils peuvent probablement se sentir être car il n'y a pas besoin d'avoir déjà découvert l'objet externe pour cela. En revanche, le sentiment d'ex-ister fait par définition référence à l'extérieur et aux objets de l'environnement, il suppose donc d'accéder à l'intersubjectivité et à la subjectivation. Le passage de l'un à l'autre peut être traumatique, comme c'est probablement le cas dans le cadre des pathologies autistiques ou archaïques. Les défis de la périnatalité concernent la question du soin des liens précoces afin de permettre au bébé de passer sans à-coup du sentiment d'être au sentiment d'exister.

  • Longtemps sollicitée par la grande presse brésilienne pour répondre au « courrier du coeur », l'auteure en a tiré ici une nouvelle forme d'éducation sentimentale.
    « Sénèque transmet son savoir sur la vie sous la forme d'un échange épistolaire avec ses amis. J'ai voulu retrouver sa démarche. [...] J'adopte le point de vue de l'écrivain qui a une formation psychanalytique et me limite à indiquer un chemin permettant de déboucher sur une solution. Pour répondre aux questions, je fais une analyse rigoureuse du texte qu'on m'envoie, mettant en relief les mots utilisés, les lapsus et les répétitions. Je souligne ce qui est important pour que mon correspondant puisse découvrir la raison de sa souffrance. Plus je m'attache à creuser sa subjectivité, plus le lecteur s'identifie. Ce qui me guide, c'est le désir d'apprendre et de faire passer deux idées de base. La première, c'est qu'il est aussi important de se libérer des préjugés que de la tyrannie du sexe... La seconde idée, c'est que pour s'affranchir de son inconscient, il faut prendre en compte son existence et interpréter ses manifestations quand il le faut. »

  • L'adolescence en veut ! ; désir et transgression Nouv.

    Le moment de l'adolescence est fait d'incertitude et de solitude, il est parfois très vif, confus ou errant, avec plus de souffrance pour certains. Il a lieu sur la frontière entre la famille et le social.
    L'adolescent prend place dans la société. Il s'agit de sortir. Il regarde vers l'avant. Porté par une envie de nouveauté dans la Cité, il interroge les fondements éthiques de l'humain et politiques de citoyen. Cela confère à ce moment de la vie une valeur anthropologique.
    L'adolescent est au seuil de participer au lien social.
    Cela lui fait traverser une série de questions et d'obstacles, pour trouver ses propres points d'appui, alors qu'il doit assumer la responsabilité de ses choix concernant qui il est, ses appartenances, sa sexuation, son désir. Or la délinquance touche de façon directe le centre de cette participation au lien social.

  • L'enfant non conforme ? à l'épreuve des normes et des classifications Nouv.

    Comment envisager les difficultés de l'enfant (scolaires, comportementales, physiologiques, génétiques, etc.) sans vouloir tout expliquer par un diagnostic qui le stigmatise et l'enferme ? Comment faciliter son évolution ? Les auteurs questionnent la normativité sociétale actuelle qui pèse sur l'enfant et les souffrances psychiques qu'elle génère.

    L'enfant, être en construction, se voit de plus en plus contraint de correspondre à un modèle normatif, chaque écart se formulant en termes de trouble qu'il s'agit alors de rectifier ou supprimer. À travers de multiples situations emblématiques, les auteurs illustrent comment ces prescriptions normatives, appuyées sur le présupposé d'une étiologie neuro-développementale, cérébrale ou génétique, négligent les investigations psychiques et privilégient le traitement médical, rééducatif, voire chirurgical, au détriment de la prise en compte d'une souffrance psychique toujours susceptible de se manifester. Agitation hyperactive, suspicion de haut potentiel : la demande familiale et scolaire soumet le corps de l'enfant à des investigations pour, au final, le voir normé ou même rectifié. Les auteurs déclinent cette problématique dans des situations contemporaines que rencontre l'enfant à l'école, dans sa famille, dans les structures hospitalières, dans son usage des écrans, des réseaux sociaux... Les expériences relatées démontrent l'importance de tenir compte du psychisme de l'enfant quel que soit le trouble avancé, fût-il organique comme dans le syndrome de DiGeorge.

  • Une enquête inédite sur l'école inclusive et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, menée directement de l'intérieur par une professeure des écoles, docteure en sociologie, qui éclaire les dysfonctionnements du système scolaire, de la continuité pédagogique durant la pandémie de Covid-19, tout en proposant des solutions.

    Les réformes aux intentions les plus nobles et formellement bien conçues pour favoriser la scolarisation de tous les enfants et leur réussite peuvent défaillir du fait d'une mise en oeuvre approximative. Dans cette enquête inédite sur l'école primaire et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, Sylviane Corbion dresse un état des lieux des dysfonctionnements du système scolaire, qui ont été criants durant la pandémie du Coronavirus. Elle s'appuie pour cela sur des histoires de vie professionnelle d'enseignants du primaire dans des contextes sociodémographiques différents, sur ses expériences propres de professeure des écoles et sur les résultats de sa recherche doctorale.
    Ce livre montre l'écart abyssal entre, d'un côté, les prescriptions et recommandations des politiques ministérielles, qui affichent le souci d'une école inclusive et bienveillante, et de l'autre, le travail des enseignants, peu formés, qui doivent faire preuve d'inventivité pour les élèves les plus vulnérables, dont les besoins éducatifs particuliers sont insuffisamment pris en compte.
    Alors que la crise sanitaire est venue corroborer son travail approfondi, l'auteure contribue utilement au débat sur l'école inclusive et propose des principes d'action qui donnent à penser, et ouvrent des possibles.

  • Les injonctions à être heureux au travail qui caractérisent le nouveau management engendrent paradoxalement une fragilisation physique et psychique des travailleurs, qui ne parviennent pas à cet objectif illusoire. Des spécialistes analysent les transformations du monde du travail et leurs effets sur la santé.

    Alors que le bonheur de travailler - ou cette nécessité d'être impérativement heureux au travail - n'a jamais été autant proclamé, c'est le mal-être et la souffrance qui s'accroissent statistiquement dans la réalité des entreprises, mais aussi des services publics. Probablement parce que le bonheur prescrit n'est qu'une coquille vide masquant un délitement des conditions de travail et surtout de la définition même du travail.
    La perte de sens de son travail, l'invisibilité progressive de ce qui constitue le coeur de son métier reviennent comme des arguments forts dans quasiment toutes les études en sciences sociales sur les liens entre santé et travail.

  • « Au début, vous vous figuriez que cet enfant, votre enfant, serait le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus doué, le plus aimant, le plus tout ce que vous pouviez imaginer. Mais vous allez devoir déchanter parce qu'aucun enfant ne vient au monde pour satisfaire les rêves de ses parents, parce qu'aucune puériculture n'est simple, aucune éducation aisée, parce qu'être parent, parfois c'est galère, parfois c'est super, parce qu'accompagner un enfant sur les chemins de la vie, c'est un vrai engagement, quotidien, lourd, riche. Vous serez ravis, émerveillés par la petite, le petit, qui vous donnera du peps, du bonheur, qui vous fera sourire, pleurer, penser. Et à d'autres moments, vous serez éreintés, démoralisés, perdus, contrariés, déprimés, enfin bref si c'était à refaire, le referiez- vous ? Ben oui, vous le referiez. Parce que vous allez survivre à ces moments, trop bons ou trop pénibles. Vous allez trouver par vous-même les moyens de tenir, de durer, de bien vivre, de bien faire.
    Immanquablement sur votre route, vous allez croiser ces nouveaux papes de la parentalité, bienveillante la parentalité, non-violente, compréhensive. Ils vous ont dit de ne pas vous inquiéter, qu'ils allaient vous donner les moyens de bien faire, qu'on a enfin trouvé la méthode miracle pour élever les enfants dans la paix et l'harmonie. Imaginez, finis les conflits, les prises de tête, les pétages de plomb, le burn-out et la déprime ! Contre quelques euros, vous avez acquis la notice, et vous vous êtes persuadés qu'à la course à l'enfant parfait, vous alliez finir prem's . Alors, vous l'avez gagnée votre médaille de parents zéro déchet ? Vous avez pu vous connecter au flux de la bienveillance et de l'empathie et vibrer à hauteur de l'illumination parentale ? Vous l'avez retrouvée cette positive attitude qui, immanquablement, a fait de vous des parents merveilleux, de vos enfants des enfants merveilleux, de votre famille une famille merveilleuse ?
    Comment ? Non ! Ce n'est pas possible, je ne vous crois pas, vous avez vraiment bien appliqué les techniques, les recettes, les 10 commandements et les 14 outils de la parentalité positive ? Vous vous êtes bien servi des 5 clés pour tout comprendre de votre enfant ? Vous avez soigneusement lu et administré ces petits guides à l'usage des parents positifs, ces kits de démarrage, ces fiches outils du « Parent bienveillant » ? Vous êtes bien allés aux ateliers ? Quoi ? Vous avez fait tout cela ? Et vous n'avez pas su trouver votre bonheur et celui de votre enfant ? Malgré tout l'outillage contemporain du parent moderne qu'on vous a distribué ? Oh ! Là, il y a un `blème... Vous avez un problème. Bien sûr, à cet instant précis, vous lisez « vous êtes un problème » parce que si les promesses de la parentalité positive ne se sont pas réalisées, c'est de votre faute n'est-ce pas ? C'est vous qui ne savez pas faire. Ouh, les parents qui se ratent ! La honte ! Pas fichu de bien faire avec leur gosse, bouh ! Et voilà qu'au lieu de contribuer à révéler vos « compétences » parentales, la super méthode clés en main ne fait que vous culpabiliser davantage.
    Allez, ne vous inquiétez pas, prenez ses conseils comme ils sont, lénifiants parfois, de bon sens d'autres fois, cucul-la- praline aussi et carrément insupportables encore. Et continuez, tranquilles, votre petite traversée de la vie avec enfant, par grand beau temps et mer calme mais aussi tempête et houle. Cultiver le bonheur en famille, développer l'équilibre des enfants et rendre leur vie future harmonieuse et sereine n'est pas une mince affaire. Parfois vous serez des parents 100% positifs, parfois juste 100% nuls. Et ce n'est pas grave. Pis, c'est normal. Parce que vivre, du mieux que l'on peut, cette incroyable et folle aventure de la parentalité, c'est pas évident. Mais vous y arriverez. » PBS

  • À partir de diverses entrées - le social, la clinique, l'institution, le déclin du politique, l'épisode des Gilets jaunes, la fin de la loi du père... - se déplie la thèse du livre : vingt-cinq ans après Un monde sans limite, c'est un immonde sans limite que nous avons fait émerger.
    Le livre décrit le changement d'hégémonie culturelle qui nous emporte depuis une quarantaine d'années. Fin du patriarcat et fin de la religion comme mode de vie en société nous ont entraînés vers un individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. L'avènement de « l'individu total », de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit notre société de « l'immonde », caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement. L'auteur en analyse les conséquences sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation et montre la place que les psychanalystes ont encore à y tenir.

  • Féminité singulière

    Gisèle Chaboudez

    • Eres
    • 10 Septembre 2020

    L'auteure montre en quoi l'évolution conceptuelle d'une pensée psychanalytique du féminin s'extrait des mythes universels de la femme que les discours ont construit, et en quoi une féminité singulière s'en excepte.
    Au niveau de la compréhension du féminin, dans l'opinion la plus large, il n'y a plus de thèse psychanalytique reconnue. La première étape freudienne en a été massivement critiquée, la deuxième étape lacanienne n'est pas encore totalement déchiffrée ni mise en oeuvre. La conception d'un féminin en défaut est une grille de lecture historique, elle laisse maintenant place à ce qui prend en compte l'évolution des faits. Ainsi une femme n'est pas toute dans la fonction phallique du discours, elle ne veut pas tout de son offre et de sa prise, mais elle y intervient du dehors et travaille à tresser autrement les noeuds de l'amour. Les discours ont de tout temps forgé des mythes féminins universels qui ne sauraient exister, la mystique a approché la logique féminine d'une manière qui fait énigme, la littérature en articule parfois des termes singuliers, l'expérience réelle les rencontre une à une.

  • À partir d'une expérience de psychothérapeute auprès d'enfants violents, l'auteure propose des pistes pour les accueillir, comprendre leurs difficultés et les accompagner.

    Comment rencontrer l'enfant violent, là où il en est ? Comment l'accueillir avec et malgré la violence ? Et comment l'accompagner au long cours, en tenant compte des multiples facteurs qui président à ses difficultés ?
    Issu d'une pratique clinique en ITEP, ce livre propose au lecteur un partage d'expérience. L'auteure s'appuie sur la psychopathologie, la psychanalyse. Elle en rappelle les concepts et les modèles de compréhension du fonctionnement psychique au regard de cette clinique particulière. Elle s'intéresse également au versant comportemental en abordant la question de l'acte et de ses adresses, et inclut dans sa réflexion la philosophie contemporaine, avec les travaux de Paul Ricoeur sur l'identité narrative : comment s'inventer lorsque la vie est abîmée au berceau ? Quelles identités narratives l'enfant peut-il déployer, avec son thérapeute, pour sortir d'une spirale destructrice et mortifère ?
    Mélanie Georgelin s'attache à dégager des propositions thérapeutiques foisonnantes et ouvertes. Elle invite le lecteur à suivre pas à pas des thérapies d'enfants, âgés de 6 à 12 ans, fondées sur la créativité et le jeu. Chacun pourra mettre en sens les situations cliniques, faire jouer les identifications et nourrir sa propre pratique.

  • Que devient l'inconscient ? Retraçant l'histoire de ce concept fondamental de la psychanalyse, inventé par Freud, l'auteur montre sa pertinence, au-delà de la clinique, dans le domaine de la politique.
    En un peu plus d'un siècle, sur l'arrière-fond d'une production conceptuelle continue - où Freud, Lacan, Deleuze et Guattari sont des jalons essentiels -, l'inconscient a questionné la philosophie et l'histoire, l'anthropologie, la vie sociale, les insondables de l'amour et de la vie sexuelle. Chaque jour davantage, il bouscule le domaine envahissant d'une réflexion politique inaugurée par l'analyse marxienne du capital. Il ne cesse d'interroger ensemble la micropolitique des pouvoirs et les pulsions machiniques obscures du désir, l'économie politique et l'économie libidinale délibérément confondues. Les facettes multiples de cet essai explorent les processus de domination ou de résistance qui agencent la production des subjectivités, les politiques répressives ou émancipatrices d'un inconscient dans son temps.

  • La notion de condition permet de comprendre ce qui détermine la vie des personnes dites handicapées, leur manière personnelle d'être au monde, mais aussi celle qu'elles partagent avec d'autres. Historiquement située, socialement construite, la condition handicapée peut être dépassée ou modifiée, elle ne correspond pas à une identité figée.

    La notion de « condition » a souvent été utilisée par des auteurs célèbres : Malraux, Hanna Arendt, Simone de Beauvoir, Simone Weil, Pap Ndiaye, pour désigner notamment la condition ouvrière, la condition féminine, la condition noire... Appliquée aux personnes dénommées handicapées, elle permet de se dégager de toute perspective identitaire et essentialiste. En effet, la condition étant par définition historique, son analyse amène à envisager comment on peut la dépasser. Deux voies sont ici proposées : une philosophie de l'absolue singularité de tout humain ; une action pour mettre les personnes concernées en position d'acteur social et politique et non plus de simple bénéficiaire.

  • Cet ouvrage est le résultat d'une mobilisation inédite de praticiens venant des principaux courants théoriques de la psychanalyse. Oubliant leurs traditionnelles divisions, et après avoir rappelé les fondements scientifiques de leur discipline, les auteurs offrent un panorama des apports de leur discipline à la société française dans trois secteurs: la santé mentale, l'enfance et la culture.
    Initiative unique dans l'histoire de la psychanalyse française, cet ouvrage vise à montrer la capacité des praticiens de cette discipline à surmonter leurs traditionnelles divisions pour mieux mettre en commun leurs expériences, leurs savoirs et leurs compétences. Contrairement à ce que déclarent les fossoyeurs de cette « discipline reine » en sciences humaines, ils veulent souligner à quel point la psychanalyse irrigue toujours davantage la pensée contemporaine. Ils montrent combien leurs concepts, devenus de véritables outils de travail pour nombre de praticiens et de chercheurs, font désormais partie du langage courant.

  • Montrer l'importance de la spécificité de la sublimation dans la psychanalyse par rapport aux oeuvres d'art ou scientifiques habituellement prises comme exemple.
    Après Le ravissement de Lacan (érès, 2015) et La sublimation, une érotique pour la psychanalyse (érès, 2018), Erik Porge définit ce qui fait la spécificité de la sublimation pour la psychanalyse : sa fonction curative du symptôme, ainsi qu'un renouvellement de la conception de la fin d'une analyse et une articulation avec le discours analytique dans le public. Cette spécificité se produit dans la cure même (psychanalyse en intension) et elle concerne son achèvement ainsi que le passage de l'analysant à l'analyste. Elle doit aussi être reliée aux façons dont le psychanalyste intervient dans le discours public (psychanalyse en extension). Elle se pose comme articulation temporelle du désir de l'analyste (soutenu par un fantasme) à son identification sexuée, pulsionnelle sans refoulement.

  • L'adolescence est, pour la psychanalyse, la naissance d'un sujet, c'est-à-dire l'aventure fondatrice de la subjectivité. L'adolescence est aussi un passage mortel : alors que meurt le corps de l'enfant, doit naître celui de l'adulte. Meurt également, et ainsi, l'ancienne fonction de parent, malgré les nouvelles difficultés que cela engendre. Le passage de l'enfant à l'adulte constitue, plus souvent qu'on ne le pense, une traversée périlleuse. En même temps que l'urgence-planète - et allant de pair avec celle-ci -, il y a une urgence-adolescents dans la mesure où, tout compte fait, ils seront les seuls à pouvoir la sauver et se sauver avec elle.

  • Analyser les mécanismes et les enjeux qui ont conduit aux impasses d'un régime normatif révélées par la tragique actualité sanitaire, mais aussi dégager de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital sans oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.
    Cet ouvrage est issu non pas d'une analyse de circonstance à la faveur de la crise sanitaire mondiale lié à l'épidémie de coronavirus, mais d'un véritable travail clinique mené dans la durée et dans l'épaisseur des fonctionnements hospitaliers concrets. Ayant une expérience d'intervention de plus d'une vingtaine d'années dans le secteur sanitaire et médico-social, Corine Cauvin Renault met au jour les contradictions et les tiraillements dans lesquels sont engagés les professionnels soignants, entre humanisme et souci d'efficacité, dans un milieu de travail de plus en plus complexe. Mais au-delà de ce constat, l'auteure déplie les mécanismes et les enjeux qui ont conduit aux impasses de ce régime normatif, révélées par la tragique actualité sanitaire. Elle contribue ainsi à dégager de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital en réconciliant les différentes logiques hospitalières - médicale, soignante, gestionnaire - qui ne doivent pas oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.

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