Gunten

  • Chroniqueur sur Europe 1, Bernard Fripiat donne ces trucs en réponse aux interrogations des patrons, assistantes de direction, commerciaux qui s'inscrivent à ses stages d'orthographe. Son but : lutter contre la honte de faire des fautes, pire ennemie de l'apprentissage. Chaque truc renvoie à un épisode de la série humoristique « Orthogafe.com » accessible sur YouTube, ce qui vous permettra de rire de l'orthographe en famille. Après avoir bien ri, nous cesserons de la regarder comme une montagne infranchissable et la verrons telle qu'elle est : une épine dans le pied. Ce n'est pas grave, mais pour courir, c'est embêtant ! Enlevons l'épine ! « L'orthographe, 99 trucs pour en rire et la retenir », stylo rouge et nez rouge très compatibles pour ne plus s'en faire un mauvais sang. Bernard Fripiat, le plus fameux coach d'orthographe, s'est constitué un incroyable matériel de prestidigitateur. François de Closets, Zéro faute, Éditions des Mille et une nuits. «D'une phrase, d'une expression ou d'une question toujours avec cet accent belge inimitable, Bernard a emballé les auditeurs de France Bleu 107.1 et a donc ajouté chroniqueur radio à la longue liste de ses activités» Billie, Radio France

  • Après «Déposer les larmes», son précédent ouvrage, Lou Malaval nous propose dans notre série, «Histoires Comtoises», son nouveau titre «Le dernier Burgonde». Entre légende romanesque et véritable fresque historique, les personnages fictifs se mêlent aux personnages authentiques de l'époque qui vit mourir le dernier roi burgonde enterré sous le château du même nom et le début d'une prophétie se réalisant au 13eme siècle au sein de sa descendance. Lou Malaval raconte comment «Hersende», la sorcière, prêtresse manipule le destin de cette noble famille à l'aide de divinations et d'augures. Elle engendrera la malédiction et le drame s'abattra sur les membres de cette famille. Ils connaîtront tour à tour et parfois en même temps, l'amour et la guerre, le sang et les larmes, la trahison et l'amitié. Qui de Bertrand de Mesirey ou de son frère Roland gagnera le coeur de la belle Aélis de Saint-Loup? Lequel gagnera la bataille livrée par leurs deux camps pour la Comté? Lequel sera «le dernier Burgonde»? Ermengarde de Mesirey, la mère reste la clé des mystères de la réalisation de la prophétie. Et son déroulement voire sa fin réserve d'énormes surprises. L'auteur, Lou Malaval, très éclairée, retrace avec beaucoup de connaissances et de précision cette grande période historique pour la Franche-Comté. Son talent d'une rare efficacité se met autant au service de l'Histoire que de l'histoire, pour le plus grand plaisir des amateurs de l'une et de l'autre! Un festival d'écrits et de lumières

  • Le Chant des Chevaux

    Dominique Meyer

    • Gunten
    • 7 Février 2020

    « Le chant des chevaux », vient en écho à celui de « Joli coeur ». Dominique Meyer ne pourra démentir qu'elle est la compositrice de ces mélodies inspirées par sa passion pour eux. Mais cet ouvrage sous forme de nouvelles est plus que cela encore, il est un hymne à l'âme, aux âmes, celle abritée par tout être de chair et celle toujours présente des chers disparus comme « des oiseaux sur les branches des arbres généalogiques », écrit-elle. Chacune de ses nouvelles se fait leur interprète sous sa baguette. Le véritable talent de ce chef d'orchestre est l'énigmatique délicatesse d'en comprendre à la fois tout leur mystère et même leur secret sans jamais les trahir ni les dévoiler tout à fait. Avec elle, avec Dominique Meyer, nous avançons dans un sous-bois d'automne entre ombre et lumière, au-delà du temps, et pour notre plus grand plaisir, elle a rassemblé « les feuilles emportées par le vent comme les pages d'un livre déchiré ». Il est dédié à chaque être, à chaque âme, donc, avec ce qu'ils ont de plus humain à leurs côtés, l'animal et de plus beau autour d'eux, la nature.

  • L'arbre dehors

    Patricia Gavoille

    • Gunten
    • 1 Février 2007

    Jeanne, amenée par son fils Paul, arrive aux Espérels, centre de soins palliatifs. Mais elle n'est pas encore au bout du chemin ! Jeanne est vivante et le fait savoir : tour à tour caustique, sarcastique, tendre... et terriblement lucide. Riche de ce qu'elle porte en elle, elle apprend à mourir, jour après jour, comme auparavant elle avait appris à vivre. Et autour d'elle, les autres apprennent à «être». Pas d'hommage, pas de compassion ; Patricia Gavoille laisse libre cours à ses personnages, fils, mari, soignants, qui n'en finissent pas de se rejoindre sur une route inconnue. Forts et faibles, tous avancent maladroits, presque méfiants comme des enfants le premier jour de l'école. Pas de bravoure non plus... encore que... Chacun d'entre eux appelle, réclame si fort qu'il apprivoise le sourire aux larmes, grâce au talent unique de leur auteur qui nous livre là un ouvrage d'une exceptionnelle beauté. Un roman d'émotion d'une intensité rare... ... Puis, je me tais. Ma voix se mouille. Dans un sursaut de colère et de chagrin mêlés, je murmure avec un trémolo : « Pas ça ! » Je vois mon Paul qui perd contenance. Il se garde bien de me demander ce que je voudrais d'autre. Comme quand il était petit, il danse d'un pied sur l'autre, pour un peu il m'avouerait tout de go une mauvaise note ou un bête chapardage de pommes. Moi pour la forme, je gronderais de cette voix sévère que je prenais alors, une gronderie si chargée d'amour qu'elle n'a jamais fait mal : je veux croire qu'elle a construit l'homme. Mais c'est pourtant cet homme-là aujourd'hui qui m'amène au mouroir. Sur ordre de son père, mon vieux mari. Il est tout embarrassé, l'homme, mais il obéit. « Pas ça ! » Il marmonne : « Je t'en prie maman ! S'il te plaît ! On en a déjà parlé, non ? »

  • Les abîmes

    Alain Richard

    • Gunten
    • 1 Novembre 2020

    Alain Richard ne peut s'empêcher de rudoyer l'humanité qui de toute évidence le mérite... mais cet « acharnement » n'est-il pas proportionnel à sa passion et à sa bienveillance pour elle ? Dans son nouveau roman Les abîmes, dans lesquels il n'hésite pas à nous faire plonger, Alain Richard nous fait toucher le fond, le fond où croupissent les âmes les plus noires. Ce roman policier haletant, tout en suspens, tient à rendre Justice et faire éclater des vérités, Alain Richard n'épargne personne, surtout pas le lecteur qui ira de découvertes sordides en découvertes macabres, toutes plus sinistres les unes que les autres. La nature de l'homme reste la principale énigme. Une fois de plus, Alain Richard brouille les pistes, dans tous les sens du terme, pour, peut-être, nous amener à nous demander comme lui, ce qui différencie l'homme de la bête. Pourtant l'auteur qu'il est, chérit l'être inhumain, en qui il veut encore malgré tout croire, nous faire croire et il continue à mettre une majuscule à Humanité, à Nature humaine, à Homme ! A la lecture de cet ouvrage, il est vrai que nos coeurs vibrent, palpitent, saignent... Elle appelle sa maman mais son cri ne résonne pas, jugulé par le tissu qu'on vient de plaquer sur son nez et sa bouche. Elle respire encore, mais une odeur nouvelle, asphyxiante, pénètre en elle. Eloïse ne veut pas mourir.

  • On a tué la maîtresse

    Christian Jelsch

    • Gunten
    • 15 Octobre 2018

    Julie la « gentille maîtresse » comme l'appellent les enfants, a été tuée, un soir, à Dole, à la sortie d'un spectacle. Qui a bien pu commettre ce crime ? Pour quel mobile ? Stéphane, l'inspecteur, épris de Julie, est chargé de mener à son terme cette difficile enquête. Après bon nombre d'interrogations, trouvera-t-il enfin le meurtrier... un collègue, un parent d'élève, une connaissance, un amoureux éconduit, un proche ou tout simplement un inconnu ? Christian Jelsch, l'auteur de ce roman policier tient le lecteur en haleine du début à la fin avec talent et malice. Un réel suspense, une enquête très bien campée, soigneusement troublante, précisément vague et pour ne rien gâcher un dénouement attendu très inattendu !

  • Quelques jours avant la fin de la guerre 39-45, deux enfants sont assassinés avec sauvagerie dans un petit village. Un officier SS doit prendre en charge l'enquête car la police française est quasi-inexistante... Dans ce roman « Les galets du ruisseau », Fabrice Cart tient à rappeler des faits réels tout en revisitant le passé. L'action se déroule à la fin de la guerre de 40 dans le Jura, à Lons-le-Saunier, et dans ses villages environnants. Ces petits galets qu'il jette et qui font ricocher l'histoire comme l'eau, sans en changer leur cours, troublent cependant leur surface et font trébucher le lecteur. Les personnages ont eux des petits cailloux dans le pied. Il s'agit de Hans, un soldat SS, au-delà de tout espoir et de toute compassion, amené à enquêter sur le meurtre de deux gamins, d'un commissaire d'opérette, une caricature, d'un chef de la gestapo digne du nom, d'un jeune agent inexpérimenté, des indics, des résistants, ou des passants par-là, par cette époque. Par quels sentiments Hans est-il animé ? La justice, la loyauté, l'indulgence, l'amour ? Peuvent-ils éclore en enfer comme une fleur au milieu des ruines ? Avec romantisme Fabrice Cart cherche à effleurer les états d'âmes sans en bousculer les frontières que l'on sent fragiles... Un texte audacieux, insolite et captivant rehaussé d'un vrai suspense du début à la fin.

  • Joli coeur

    Dominique Meyer

    • Gunten
    • 30 Août 2019

    «?Me pardonnerez-vous si, en racontant votre vie, j'en fais plus un roman qu'une biographie?? Du reste, comment puis-je savoir ce que fut votre vie???» A partir d'une lettre écrite par sa grand-mère plus de cinquante ans avant, Françoise remonte le temps... Elle entreprend d'écrire Joli Coeur le roman d'une rencontre qui a bouleversé quatre femmes de sa famille. La guerre, entre temps, n'a pas réussi à reléguer les souvenirs... 17 ans d'amour, d'attente se sont écoulés dévalant le coeur d'Augustine comme un torrent plutôt qu'une douce rivière. Ils ont érodé son âme elle aussi en guerre, mais contre elle-même, une autre facette de sa cruauté.

    Dominique Meyer, enseignante, est l'auteur de cet ouvrage. Elle refusera qu'on l'encense, cependant on ne résiste pas à lui trouver des petits airs ou plutôt des grands airs de Maupassant pour sa verve réaliste parfois sans concession derrière laquelle elle et lui cachent un grand romantisme.

  • Soldata sana

    Mario Morisi

    • Gunten
    • 4 Septembre 2020

    AMY JONES, une Américaine d'une quarantaine d'années, annonce aux frères Morisi qu'elle est la petite-fille de leur tante partie aux États-Unis la nuit de la Marche sur Rome en 1922. Lana Sektor, une éditrice de biographies, installée à Brooklyn, est chargée par sa famillle de rédiger sa biographie. Expédié en train au pays de ses destins croisés, le lecteur est embarqué dans une odyssée vertigineuse. Hommage aux jeunes femmes forcées d'émigrer, odyssée italo-américaine, autobiographie déguisée, monument de malice, de brutalité et de poésie, l'ouvrage que vous tenez est un feu d'artifice qui renvoie à l'univers des séries U.S sur fond de rock, de blues et de rap, cocktail étourdissant de John Dos Passos, d'Umberto Eco, de R. J. Ellory et d'Arto Paasilinna. Morisi et son algoroman posent la question post-moderne par excellence : au siècle de l'info en boucle, des fake-news et de la réalité alternative, que restera-t-il demain de nous autres, les femmes et les hommes, et aurons-nous seulement existé ? MARIO MORISI, écrivain et journaliste, né le 1e janvier 1951, italien et français, a signé une vingtaine d'ouvrages tous plus suprenants les uns que les autres. Adepte de l'hétéronymie, il s'ingénie à brouiller les pistes. Auteur de romans consaxcrés au Ballon d'Or italien Roberto Battio, au géant finlandais Arto Paasilinna et à Renaud Outhier, un abbé savant né dans le Jura, il signe ses polars Absentès et exploite une douzaine d'alias publiés qui constituent sa Comédie éclatée.

  • Le roman du grenier

    Agnès Siegwart

    • Gunten
    • 6 Janvier 2021

    « Le roman du grenier », nouveau titre d'Agnès Siegwart. A lui-seul, il donne le ton, exprime un univers, celui de l'auteur. Nous invite à y rentrer... comme par une petite porte dérobée et secrète. Une fois franchie, nous sommes encore entourés de mystères à pénétrer. Il faut alors suivre Lise et Adrien, un couple heureux qui vient d'emménager dans une magnifique demeure... découvrir avec Adrien, « Inachevé », Le roman du grenier. Et lire avec lui. Chaque nouvelle décrit les personnages d'une photo puis raconte leur histoire... où se mêle étrangement la vie d'Adrien et Lise... Qu'un de ses romans flirte un beau jour au fond d'un grenier avec un de Moravia, de Proust ou de Tourgueniev, voilà le plus joli rêve de l'auteur... ! On existe toujours pour quelqu'un... la mort n'efface pas un sourire aimé, et n'arrache pas les feuilles d'un livre...

  • Vic cherche de vieilles photos au grenier, tombe sur d'anciennes lettres de sa grand-mère Victorine destinées à son amie Amédine. Jamais envoyées. En compagnie d Amédine, Vic découvre la vie, le calvaire de Victorine : elle attendait la guerre, une autre guerre, celle qui devait la libérer. Et Lucien, son époux est mobilisé en août 1914. Il est soldat dans l'âme, guerrier implacable... il revient honoré. Vic et Amédine comprennent alors bouleversées de quel côté traîne l'horreur et de quel côté bouge le diable déplaçant l'enfer. Avec Patricia Gavoille, l'auteur de cet ouvrage, c est le talent qui uvre partout... Les émotions se nichent dans les moindres recoins. Le temps d'une virgule, un sourire essuie une larme, parce c est beau le bien écrit. Et bien menée l'histoire et bien posée la question : comment une jeune femme peut-elle prier en 1914 pour « que la guerre vienne ! » On apprend le pourquoi de cette prière grâce à sa petite-fille et Mamie Amédine. Patricia Gavoille, l'auteur de L arbre dehors précédent chef-d uvre, incorrigible rebelle, ne peut s'empêcher de nous bousculer, mélanger les damnés et les victimes, raconter les oiseaux, les fleurs, la mort, les tranchées. Incorrigible romantique, nous faire pleurer, vibrer, batailler et... mais cela le désire-t-elle vraiment : pardonner ? On l'ignore mais c est toujours l'inévitable issue que ses personnages veulent éclairer... incorrigible humaniste !

  • Ligne de flottaison

    Marie-Odile Goudet

    • Gunten
    • 20 Juillet 2010

    Après « Chronique d'un Barbare » et « Khephren » Marie-Odile Goudet signe son troisième roman, « La flottaison ». Elle nous revient avec Judith, l'héroïne, qui elle part, quitte tout à la mort de son mari, Harry. Elle se raconte, enfant en Lorraine, puis là sans Harry, sans famille, en Guadeloupe où elle a échoué comme en exil. Elle a tout délaissé, ses propres enfants, ses frères et soeurs emportant sa douleur. Amarrée à l'amitié d'Eudoxie, Judith est déracinée des Vosges de son enfance dont elle est encore toute rosie. Elle surnage, douloureuse mais bien vivante, obligatoirement vivante, trouvant comme il se doit sa ligne de flottaison... qui la ramènera aux siens. Et le lecteur, lui, pendant ce temps-là d'être enchanté par Judith, ravi par Marie-Odile qui capture littéralement. Un doux piège que ce roman aux allures des plus grands. Les alizés se sont levés ce soir, légèrement, juste ce qu'il faut pour écarter quelques uns des nuages alourdis de chaleur et ajouter un curieux friselis au ressac. On dirait que la mer a mis ses bigoudis. Je m'appelle Judith. C'est le nom qui m'a été donné à mon baptême. Mon baptême...Ma première immersion après l'amnios, mon premier contact avec l'amertume du sel de la terre, rude contraste avec la saveur douceâtre du mamelon maternel. Longtemps, je n'ai pas aimé mon nom. D'abord, chez les filles de mon âge, dans la très catholique Lorraine on portait d'ordinaire un prénom composé avec celui de la mère du Christ, le mien me différenciait des autres. En outre, je n'ai jamais eu d'affinités particulières avec les héroïnes de l'Ancien Testament, surtout pas avec cette garce capable de couper la tête de l'homme qu'elle venait de séduire.

  • Inspirés de faits authentiques, les personnages de ce roman nous ouvrent les arcanes des machinations politiques occultes durant la guerre froide en plein coeur de Rome. Il ne s'agit ni d'une tragédie, ni d'un documentaire-fiction mais d'une histoire réelle, vécue. Grâce à Patrizio Avella nous retrouvons avec délectation une Italie traditionnelle aux mille saveurs mais aussi une Italie en pleine évolution avec ce que cela comporte de drames et de scandales... Guido Gian, un agent des « Servizi » saisit l'opportunité d'une mission pour organiser un évènement spectaculaire et meurtrier dans le but de créer un climat de terreur préalable à un coup d'état militaire. Au milieu de ce plan machiavélique qui concernera le « Tout Rome » un amour naîtra. Licia en détournera-t-elle les sombres desseins ? Après « La Dolce Vita », les années de plomb débutent dans le sang et les larmes. Patrizio Avella nous embarque littéralement en plein coeur de l'Italie, de Rome et de sa plume vise très habilement les nôtres. Extrait : « L'horizon embrasait les collines du capitole. Sur le Quirinal le ciel, chargé de nuages incendiés, illuminait la cité romaine avant l'orage de feu. Du plus profond de ses entrailles montait un vacarme galopant. La guerre se rapprochait. Rome, sombrait dans un grondement. Nul ne connaissait la progression exacte de l'invasion de la ville éternelle. Les Bolcheviks bousculaient les troupes de l'Otan pour les acculer devant le dernier rempart de la Chrétienté. Cette fois, Rome ne serait pas ville ouverte. Le berceau de la civilisation occidentale devait suivre l'exemple de Prague et lutter contre la barbarie. Les combats rageurs se poursuivaient. L'antique Rome se perdait. Le jeune Colonel italien épousseta son uniforme, ajusta précautionneusement son casque. Le moment devint solennel.

  • Les Rendez-vous de Toussaint pour permettre à Yves Couturier de conter les vivants et les morts de la famille de Rémi dans laquelle il nous fait entrer avec respect et émotion. Des grands-parents aux belles-filles, passant par les petits-enfants, les cousins, les cousines, les voisins, les amis, les destins se cousent et se décousent au fil des affections ou des afflictions. Le maître, un auteur qui tisse leurs jours comme un tissu, solidement certes mais surtout délicatement sans déchirer ni froisser. Un cousu main, une broderie rare, jamais désuète. Nostalgiques, tristes parfois mais jamais amers, nous ne manquerions ces rendez-vous. Un dé d'or à Yves Couturier qui, aussi, signe haut et fort ses sentiments comme ses engagements. Et, dans une grande dignité, un fini tragique. « Le vent du nord papote avec quelques vieux corbeaux noirs. La Toussaint d'hier a battu son record de chrysanthèmes. Les morts rêvent de toutes les couleurs. Le Bon Dieu a fait salle comble. Les hosties étaient à point. Le vin de messe d'un cru exceptionnel. Maintenant, au fond des mouchoirs, les larmes dorment mêlées à la morve. » Extrait : Je vois... l'homme est âgé. À l'image de ses cheveux gris débordant sous son béret noir, il doit bien digérer ses un peu plus de soixante-dix ans. Il se tient raide dans ce pardessus dont il ne sollicite le port qu'en de grandes occasions. Ses souliers noirs cirés brillent. Près de lui, la femme et son chignon ne détonnent en rien. Son ensemble de bonne facture vire du gris au noir ou du noir au gris, selon. De tout son être, comme un délicat parfum émane une douceur infinie, presque palpable. Autour d'eux, il y a les Autres. Tous les Autres et la première de leurs filles, son époux et un échantillon de leur progéniture. Tous les Autres et leur troisième fille, son époux, sans leur progéniture. Des autres enfants, manquent celui éloigné et ceux décédés. Le tout reconstitué forme la famille. Mais dans ce tableau un petit d'homme intrigue qui zieute plus particulièrement de son côté. Ça vous mesure dans les neuf-dix ans un môme de cet acabit ! - Pépère, on s'en va. Ce n'est pas une question. Il n'y aura donc pas de réponse formulée ! Pépère Rameau se contente de tenir fermement la main de son petit-fils Rémi. Toutefois le message passe des gros doigts rongés d'arthrite aux petits doigts souples. Ça se traduit par un nous nous en irons quand je l'aurai décidé. D'ailleurs, Mémère Fleurine n'en a pas terminé avec ses chrysanthèmes...

  • Lumière d'argile

    Fatma Omar

    • Gunten
    • 1 Octobre 2007

    Un ouvrage qui consacre l'art au rang qu'il mérite, au rang le plus beau c'est à dire proche de chacun de nous. Fatma Omar choisit à juste titre la sculpture, cet art troublant qui seul permet de matérialiser la lumière, le temps, l'équilibre. Le héros de son roman, Settir, est cet artiste qui grâce à la rencontre de Socco, son maître va chercher tout au long de sa vie à créer l'oeuvre à travers laquelle il se révèlera à lui-même. C'est cette quête que Fatma nous raconte dans un style bien à elle, avec la poésie et la rigueur des grands contes moralistes. Le récit se déroule en Egypte il y a quelques siècles... Voyage d'argile, de pierre, de marbre et de bois, autant dire merveilleux... Destination : bonheur... Arrivée : tout près de soi. Extrait : Voici l'histoire d'un jeune sculpteur, devenu vieux. Il a fait un long chemin, mais il sculpte toujours. Maintenant, c'est seulement un plaisir, l'obsession du créateur l'a enfin quitté. Settir laisse cette gymnastique au Tout-puissant. Il vit auprès de sa femme et ses deux grandes filles dans la maison de son père. Son frère aîné et sa soeur vivent avec leur famille, à quelques pas de chez lui. Settir et Ali, amis de toujours projettent d'ouvrir, dans quelques jours les portes de leur troisième association. Elle ne sera pas aussi ambitieuse que l'Arche de l'espoir, mais elle pourrait venir en aide à beaucoup de gens. Ce récit se déroule il y a bien longtemps. Settir était encore un enfant et il cherchait un sens à sa vie. Bien sûr, il ne savait pas qu'il était déjà en quête. Pour lui ce n'était que de l'ennui. Il ignorait qu'il cherchait une raison à son existence, un but à son être, un endroit pour son corps et son âme, ensemble. C'était il y a tant d'années et pour lui c'est comme si c'était hier...

  • Dans son récit «Des âmes vives», François-Xavier Perthuis nous livre le très touchant témoignage d'un jeune enfant marqué par le décès de sa petite soeur, comment naufragé dans sa solitude il sortira de ses années blanches, comment le refus de l'oubli et la présence de cette petite soeur au plus profond de lui, donneront tant d'élan à sa vie jalonnée de belles réussites et d'instants infiniment bouleversants. La sincérité de l'écriture témoigne de l'impact du deuil au sein de la fratrie, de la force de la foi, de la transformation possible de la vulnérabilité en un inépuisable amour de la vie, hommage aux êtres chers restés dans nos coeurs. «Mais bien au-delà de la simple promenade des années précédentes, ces instants hors du temps me renvoyaient maintenant à mon monde intérieur, à la grande fracture de ma vie, à mes émotions toujours contenues, aux larmes que je n'avais jamais versées, aux tristesses que je n'avais jamais épanchées. Je quittais ces lieux avec l'impression qu'ils m'avaient compris et qu'ils savaient pourquoi je reviendrais.»

  • Shalom Israël

    Shalom Israel

    • Gunten
    • 31 Décembre 2012

    Vous suggérer une destination, vous en dévoiler un peu de son âme avec tout son coeur, telle est la devise du « Trotter passion », un guide que vous propose Sylvain Gallet. «Shalom Israël » est le premier d'une série originale et pour débuter, ce n'est pas par hasard que le choix s'est porté sur Israël. Terre charismatique, de richesses, de chaleur, de diversité, terre qui répond exactement à l'ambition de cette collection : aimer et faire aimer. Même s'il n'a pas l'envergure ni la puissance d'un Airbus, ce petit souffle vous fera décoller. Sylvain Gallet est né le 20 mai 1980 à Lons le Saunier dans le Jura. D'une formation dans le tourisme, le goût du voyage, de l'évasion est une évidence pour ce passionné, avide de découvertes et de nouveaux horizons.

  • Confitures amères

    Patricia Gavoille

    • Gunten
    • 12 Avril 2016

    Dans ce nouveau roman, Patricia Gavoille recueille les mots comme des blessés. Elle doit d'urgence les accueillir, les installer avec douceur, les répartir avec délicatesse entre les personnages. D'un côté la Petite, son héroïne, qu'il importe de soulager d'une enfance où les mots, comme autant de gifles, lui sont systématiquement jetés plutôt qu'offerts. De l'autre, la Mère, dont il faut accepter l'incompréhensible dureté et la rudesse pour pouvoir se construire. Patricia Gavoille, une fois de plus, pointe ce qui éreinte, dénonçant dans « Confitures amères » l'enfance maltraitée. C'est en plongeant sa plume à la source de la poésie qu'elle parvient à atteindre les blessures les plus profondes. Ainsi, de son tracé le plus sensible, son écriture fait-elle se rejoindre des douleurs parallèles, des vies parallèles. Extrait : «- Tu vas manger dis, au lieu de me regarder ? La Petite veut baisser les yeux, se cogne le menton sur le bord de son assiette et sursaute violemment, en se demandant où il faut regarder, dès lors que c'est à elle que l'on s'adresse. Ne pas pleurer, surtout pas, c'est comme si les larmes attiraient les claques. Ne pas recevoir de claques, éviter la peur, la douleur, et ce bruit de cloches dans l'oreille, à chaque fois, qui n'en finit pas, en même temps que Maman crie si fort. Dans son assiette du poulet et des haricots verts.?»

  • L'herbier

    Jean-Pierre Colin

    • Gunten
    • 12 Avril 2016

    Pour l'herbier, Jean-Paul Colin a eu bien raison de se jeter dans les eaux bouillonnantes de la mémoire, de lui faire éperdument confiance et la laisser, source parfaite, rafraîchir tous ses souvenirs ramenés à la surface. Lui permettre de les charrier, les caresser, les façonner aussi pour en faire une autobiographie-fiction ou l'inverse. Peu importe la réalité évanescente des fruits qui tomberont d'un arbre décrit maigre et haut, mal poussé, pas épanoui, pas majestueux, pourvu que celle-ci rosisse à nouveau quelques joues, sèche quelques larmes parlant d'un fils qui parle des ses parents, de ses grands-parents, de ses oncles, tantes, cousines et amis. Sans oublier l'espoir incrédule des retrouvailles au-dessus de l'humus. Un brin de Pergaud pour l'écureuil et les noisettes du grenier, de Balzac pour l'opulence rance des salons bourgeois, de Chateaubriand pour Eugénie qui se glisse frileusement sous la pierre plate, de Proust pour le froufroutement des robes, de Baudelaire au bras d'une coquette maigre aux airs extravagants pour les ballets involontaires, dans le champ d'épis dorés de Jean-Paul Colin, seul maître de cette peinture du temps et des saisons, des âmes... dont le talent est de rapprocher le coeur des mains. « Le fils va renouer le dialogue avec les meubles de son jeune âge, avec les tableaux qu'il dévisageait dans ses jours de fièvre, jusqu'au vertige. Il comprend seulement alors à quel point ce décor, qui a voyagé dans le monde presque entier, a toujours fait partie de lui-même, à son insu. Il passe des nuits délicieuses et apaisantes dans cette maison morte, où ne vit plus que l'essentiel. Il a remis en marche la pendule qui sonnait jadis l'heure des petits bonheurs... »

  • Pièges

    Jean-Jacques Cambrelin

    • Gunten
    • 20 Septembre 2016

    Jean-Jacques Cambrelin nous propose de découvrir son roman « Pièges » dont l'héroïne, Carole, est envasée dans un marécage nauséabond. Née d'une mère odieuse qui n'aura de cesse de l'anéantir et d'un père émigré algérien aimant mais plongé lui-même dans une atmosphère de calomnie et de peurs, Carole, alias Jacqueline, alias Aziza croit tromper l'ennui et l'écoeurement en changeant de prénom. Cela ne suffira pas à la sortir des sables mouvants dans lesquels elle est enlisée. Elle et les siens pataugent dans cet univers désespérant où la terre du Nord, belle et lourde, les enterre vivants. La méchanceté de la mère, les soubresauts vains du père, l'apathie des frères et soeurs et des habitants, ouvriers à l'usine du bourg, tissent autour de Carole un véritable piège, une toile semblable à celle de l'araignée qu'elle apprivoisera en prison après son crime. Carole sera désignée sans mal coupable idéale d'un infanticide dans lequel se sustenteront la justice, les ragots et les bassesses. Mon pays, on ne s'y arrête pas. On y passe et on l'oublie. Les chemins qui le traversent mènent vers l'horizon et l'horizon est un mirage. Ici, l'ennui vous happe comme un engrenage monstrueux. Ici, l'ennui, c'est une vis sans fin. Vraiment sans fin... Et pourtant, il faut vivre ici. Comme on peut...Je suis née là et je ne suis jamais partie. Pourquoi partir ? Il aurait fallu suivre un de ces types avec un sourire comme un couperet qui vous prend la main et vous promet la lune. Je n'avais pas la tête à ça. Le désastre n'est jamais loin quand vous vous fiez à un sourire. Je n'allais pas unir mon existence à ce genre de comète qui, à la première occasion venue, me laisserait tomber... J'avais au moins compris que l'amour est un mirage. J'ai regardé partir mes amies mais je ne les enviais pas. Il suffisait que le type parle de la ville, du soleil ou de la mer pour emporter la mise. Ces idiotes ont rêvé mais l'amour de leur vie n'était qu'un dom Juan en quête d'aventure. Les espoirs de ces grues les ont menées au fond d'un lit, ce marécage où la vie s'enlise et se désespère...

  • Allons ! Entrez ! « Entrez en astrologie avec Thérèse Coudry ». Franchissez la grille et ouvrez ce livre comme la porte de sa maison. Délicatement, fébrilement, passionnément car vous rentrez dans un endroit aussi mystérieux que chaleureux, vous sentez de suite que vous ne sortirez pas indemnes mais... Et là vous rencontrez des personnes célèbres, oui, célèbres, ou non, vous vous liez d'amitié immédiatement, vous ne pouvez faire autrement tant elles sont toutes attachantes. Thérèse Coudry fait les présentations, elle les connaît tellement bien pour les avoir reçues en consultation d'Astrologie. Et c'est peu dire. Au fil des pages, Thérèse effeuille son coeur, le dévoile à travers ceux de ses consultants. C'est cela qu'elle tente de vous faire découvrir dans cet ouvrage même si elle y explique l'Astrologie, la Chirologie, la Numérologie, la Voyance, leurs origines, leurs fonctions et leurs pratiques. Astrologue étoilée par un guide (comme le guide Michelin), ce Chef qui vous accueille là vous présente son divin menu, sa carte du Ciel ! Qui ne saurait résister ! Qui y reviendra !

  • Les estocades

    Alain Richard

    • Gunten
    • 15 Juin 2018

    Dans ce recueil de nouvelles « les estocades », Alain Richard relate les assauts, plus ou moins brusques que nous font subir la vie et la mort, capricieuses, versatiles, parfois cruelles, parfois violentes. Dans des anecdotes puisées dans le quotidien, l'une vient bousculer, chambouler l'autre, transportant et déplaçant le temps. Passé, présent, futur dévalent comme les galets du torrent, déboulent, charrient, brinquebalent amour et haine, s'enchevêtrent, pour terminer assemblés, voir confondus. Alain Richard nous dépeint un combat sans merci entre ces deux puissantes adversaires, où tous les coups sont permis pour nous fasciner, nous égarer (nous duper ?), sûr, nous captiver. Il met tant d'aisance, de précision, de rythme, de « mines de rien » ou de « carrément », dans son récit que finalement roués de coups, tout sourire (jaune), nous retrouvons notre chemin tout éclairé grâce à son minutieux talent. Dans cet ouvrage, l'ordinaire devient extraordinaire, ou l'inverse ; l'insolite devient évident, ou l'inverse ; l'anodin, féroce ; le calme, farouche ; la cruauté, pardonnée ; le beau parfois laid, le laid toujours beau ; le mal pour un bien, l'inverse aussi. « Les estocades » d'Alain Richard font mouche, touchent nos coeurs, les ébranlent et nous atteignent faisant et défaisant les plis de nos mémoires. Les personnages d'Alain Richard ont des petits airs, rafraîchis, de ceux de La Fontaine et de La Bruyère...

  • Les saisons éternelles

    Caroline Pivert

    • Gunten
    • 29 Janvier 2019

    Après «Déposer les larmes», son précédent ouvrage, Lou Malaval nous propose dans notre série, «Histoires Comtoises», son nouveau titre «Le dernier Burgonde». Entre légende romanesque et véritable fresque historique, les personnages fictifs se mêlent aux personnages authentiques de l'époque qui vit mourir le dernier roi burgonde enterré sous le château du même nom et le début d'une prophétie se réalisant au 13eme siècle au sein de sa descendance. Lou Malaval raconte comment «Hersende», la sorcière, prêtresse manipule le destin de cette noble famille à l'aide de divinations et d'augures. Elle engendrera la malédiction et le drame s'abattra sur les membres de cette famille. Ils connaîtront tour à tour et parfois en même temps, l'amour et la guerre, le sang et les larmes, la trahison et l'amitié. Qui de Bertrand de Mesirey ou de son frère Roland gagnera le coeur de la belle Aélis de Saint-Loup? Lequel gagnera la bataille livrée par leurs deux camps pour la Comté? Lequel sera «le dernier Burgonde»? Ermengarde de Mesirey, la mère reste la clé des mystères de la réalisation de la prophétie. Et son déroulement voire sa fin réserve d'énormes surprises. L'auteur, Lou Malaval, très éclairée, retrace avec beaucoup de connaissances et de précision cette grande période historique pour la Franche-Comté. Son talent d'une rare efficacité se met autant au service de l'Histoire que de l'histoire, pour le plus grand plaisir des amateurs de l'une et de l'autre! Un festival d'écrits et de lumières.

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