Vrin

  • Curieux de l'évolution de sa discipline, les neurosciences de la vision, l'auteur s'est intéressé aux différents moments qui ont jalonné l'émergence des principales théories de la perception visuelle. En remontant cette histoire de l'Antiquité au Moyen Âge, on rencontre de grands savants, philosophes, médecins, mathématiciens. Notamment un génie arabe né à Bassorah (Irak actuel) au tournant du dixième siècle, Al-Hassam ibn al-Haytham (965-1039). Auteur d'une oeuvre scientifique considérable, il compose, à l'ombre de la mosquée al-Azhar du Caire, un ouvrage majeur, le Kitab al-Mana?ir, ou Livre de l'Optique. Inconnu jusqu'à la fin du treizième siècle, ce livre exercera une influence décisive sur les doctrines de la vision au cours des siècles suivants.
    L'oeuvre d'Ibn al-Haytham marque une rupture radicale, lumière et vision, indissociables dans l'Antiquité, sont désormais séparées : l'oeil n'illumine plus les objets, il en reçoit la lumière qu'ils réfléchissent. Cette découverte rendit possible les théories modernes initiées par Képler au début du XVIIe siècle.
    C'est cette page brillante de la science arabe que cet ouvrage se propose de raconter. Que connaissait Ibn al-Haytham de ses prédécesseurs (Aristote, Euclide, Galien, et Ptolémée notamment)? En quoi sa contribution propre a-t-elle été une véritable révolution scientifique? Quelle en fut la réception dans l'Occident chrétien?

  • Tout au long de son oeuvre, du De arte Combinatoria (1666) aux Nouveaux essais sur l'entendement humain (1700-1704), Leibniz s'est intéressé au grand programme d'une mathesis universalis. Or, même si cette notion a fait l'objet de nombreux commentaires, il n'existe à ce jour aucune étude exhaustive des écrits leibniziens sur la question, ni même d'édition fiable de ces textes. Ce volume rassemble en traduction française l'ensemble des textes connus sur la mathématique universelle. Certains d'entre eux sont complètement inédits et ont fait l'objet, pour la première fois, d'une transcription à partir des manuscrits latins dont nous proposons également une édition. En résulte une vue nouvelle de la mathesis universalis dans la pensée de Leibniz et de la place que ce thème tient dans notre modernité philosophique et scientifique. La publication de ces textes est aussi l'occasion de montrer en acte les rapports précis que pouvaient entretenir logique et mathématique chez Leibniz.

  • finlandais, professeur à l'université de boston depuis 1990, jaakko hintikka est un philosophe mondialement connu. traduction de manuel rebuschi, maître de conférences en philosophie (nancy université), chercheur au l.p.h.s. -archives h. poincaré (cnrs, umr 7117).

  • Dans cet ouvrage, science et musique dialoguent selon trois grandes lignes. La première est représentée par la recherche des « causes physiologiques de l'harmonie musicale », conformément au titre de la conférence que donne Helmholtz en 1857 (exposé des idées qu'il reprendra dans sa Théorie physiologique de la musique), et par la « présentation populaire pour les musiciens » qu'en propose Ernst Mach, dès 1866. Avec Helmholtz, le son acquiert une place centrale pour la musique et la dissonance devient dès lors la clé de toute théorie musicale. Mais qu'en est-il aujourd'hui de la théorie physiologique de Helmholtz? Son examen par Patrice Bailhache, forme la seconde ligne de force du présent livre. Et la troisième, retenue par Antonia Soulez, est celle tracée par Carl Dalhaus, qui en 1970, voit dans la démarche de Helmholtz une mise en question inaugurale de la « naturalité » d'un système de sons. C'est la musique qui, alors, questionne la science : quelle pertinence ces considérations sur la dissonance conservent-elles face au règne du timbre et de la dissonance depuis la musique atonale et le dodécaphonisme?

    Patrice Bailhache, docteur ès lettres, est professeur à l'Université de Nantes.
    Antonia Soulez est professeur à l'Université Paris VIII, responsable du séminaire philosophie et langage.
    Spécialiste de la philosophie du langage, Céline Vautrin est chargée d'édition au collège de France.

  • Bien qu'il n'y ait consacré aucun ouvrage, Descartes s'intéressait à la chimie de son temps, qui s'appelait aussi alchimie. On a souvent oublié cet aspect de ses recherches scientifiques, alors que les questions de chimie se posent dans Les météores de 1637 et constituent l'essentiel de la quatrième partie des Principes de la philosophie.
    Pour autant, loin de comparer la chimie à la mécanique ou à la médecine, Descartes s'est employé à réduire les opérations de la chimie à celles de la mécanique, contestant les opérations et concepts de la chimie. Le système cartésien ne pouvait se satisfaire ni des « esprits » de la chimie (entre matière et pensée), ni des principes paracelsiens, Mercure, Soufre et Sel (propriétés sensibles). Se pose alors la question de la possibilité d'une chimie cartésienne. En défendant son autonomie à l'égard de la physique et de la médecine, la chimie a pu se développer aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme une science empirique loin des présupposés métaphysiques.

  • Le réalisme mathématique ou platonisme conçoit les mathématiques comme un corps de vérités décrivant des objets dont l'existence est aussi indépendante du sujet connaissant que celle des objets étudiés par les sciences empiriques.
    Après avoir exposé les difficultés qui se posent à cette conception des mathématiques, ce livre présente les principales formes de platonisme en accordant une grande importance à la manière dont elles essaient de résoudre ces difficultés. Une fracture apparaît entre les tenants d'un réalisme qui voit dans les mathématiques une discipline a priori fondée directement sur une intuition d'objets abstraits et de vérités nécessaires et les penseurs qui ne reconnaissent que l'expérience empirique comme source légitime de connaissance.
    De cette confrontation émergent peu à peu l'importance des considérations sémantiques sur le langage mathématique, la problématique capitale de l'universalisme logique (l'unicité du discours scientifique et de sa logique) et les notions antagonistes d'ensemble (extension de concept ou combinaison arbitraire d'éléments distincts), autant de thèmes transversaux nuis essentiels pour isoler les formes de réalisme les plus convaincantes et les mieux armées pour répondre aux critiques d'inspiration intuitionniste, constructiviste ou formaliste.

  • Publié en 1928, le premier grand ouvrage de rudolf carnap, der logische aulbau der welt, aura attendu trois quarts de siècle sa première traduction française.
    L'auteur dont l'oeuvre domine tout un pan de l'histoire et de l'actualité de la philosophie contemporaine vient aujourd'hui à la rencontre du lecteur francophone à travers son premier hauptwerk, en lequel se découvrira également, aux yeux des connaisseurs des ouvrages plus tardifs, l'originalité du " premier camp ", dont la démarche et le visage singuliers ont été longtemps confondus avec le style supposé unifié du cercle de vienne, cercle lui-même associé au programme néo-positiviste de critique de la métaphysique.
    Ce " premier carnap " s'engage dans un programme de " constitution " de l'intégralité de la connaissance du monde sensible qui forme un pendant, moins connu en france, de celui qui caractérisait à la même époque la phénoménologie husserlienne. si les entreprises, et leurs postérités, sont diverses, et divisées, la lecture de l'autbau montre leur enracinement dans une même tradition philosophique et leur commun renvoi initial aux données de la gestalt theorie, de la psychologie brentanienne, ainsi qu'à l'héritage des méthodes abstraites et structurales employées dans la logique et les sciences exactes.
    Longtemps recouvert par les effets de la critique adressée au sein de l'épistémologie popperienne et post-popperienne au vérificationnisme du cercle, ou au sein de l'épistémologie quinienne à la conception de la logique que carnap, logicien lui-même, devait remanier de façon très profonde, le texte de l'aufbau est aujourd'hui au sein de la communauté philosophique l'objet d'un renouveau pour l'interprétation de l'ensemble de l'oeuvre.

  • Les grands enjeux de cette confrontation entre musique et mathématisation des phénomènes s'illustrent particulièrement dans la tentative de Jean-Philippe Rameau pour fonder en nature le système de l'harmonie et le sentiment qui nous la manifeste. Cette entreprise associe en effet une conception nouvelle et originale des principes de l'écriture musicale (ce que l'on désignera plus tard comme tonalité harmonique), des spéculations arithmétiques plus traditionnelles et les résultats expérimentaux d'une physique de la vibration dont les concepts (ainsi l'élasticité) se dégagent depuis la fin du XVIIe siècle. A cet égard, la théorie ramiste fournit aux encyclopédistes le motif d'une réflexion épistémologique sur les conditions d'une application légitime des sciences les unes aux autres. Mais l'ambition de découvrir l'origine naturelle de l'harmonie mobilise également des hypothèses sur la perception musicale, qui articule des caractères physiologiques et une activité configuratrice dont l'élucidation (s'agit-il d'un jugement, ou d'un sentiment simple ?) suscite l'opposition exemplaire de Rousseau à Diderot. Le problème des fondements de l'harmonie éclaire donc d'un jour nouveau l'empirisme des Lumières, comme théorie de la connaissance et comme philosophie de la perception.

  • Comment comprendre les énoncés statistiques et probabilistes ? Cette question concerne aussi bien le domaine scientifique que notre vie quotidienne.
    Nous attribuons constamment des degrés de possibilité aux événements que nous envisageons, et nous tirons des inférences à partir de ces attributions. Comment ces inférences sont-elles justifiées ? Quelle est la signification de leurs conclusions ? Ce livre tente d'apporter une réponse philosophique à ces questions, en explorant divers aspects de la philosophie des probabilités.
    A titre d'illustration, l'exemple de la mécanique statistique est étudié en détail, tant sous l'aspect historique que sous l'aspect philosophique.
    Ce qui permet de présenter in concreto les solutions qui ont été apportées dans ce domaine particulier de la physique aux problèmes de la philosophie des probabilités.

  • Elie Zahar a été le disciple de Karl Popper et d'Imre Lakatos, aux côtés duquel il a contribué au début des années soixante-dix à la constitution de la Méthodologie des Programmes Scientifiques de Recherche.
    Ses travaux portent sur des problèmes classiques de philosophie des sciences (statut de la géométrie, révolution relativiste, rôle des mathématiques en physique, platonisme et théorie des ensembles), aussi bien que sur des problèmes de théorie de la connaissance (base empirique et intentionnalité, démarcation, induction, heuristique, problème de Duhem, analytique et synthétique, réalisme structurel).
    Son approche s'inscrit dans la tradition française (Duhem, Poincaré, Meyerson) aussi bien que dans la tradition austro-allemande (Brentano, Reichenbach, Popper) et anglo-saxonne (Russell, Quine, Kuhn). Cet Essai d'épistémologie réaliste constitue une véritable introduction générale à la philosophie des sciences du vingtième siècle.

  • Jan .ukasiewicz (1878-1956), philosophe et logicien polonais, fut lfun des plus eminents representants de lfEcole de Lvov-Varsovie fondee par Kazimierz Twardowski a la fin du XIXe siecle. Son oeuvre se caracterise par une diversite dfinterets peu commune, qui se reflete egalement dans le present ouvrage, rassemblant des articles pour la plupart encore inedits en francais. Si la logique occupe evidemment une place centrale dans le projet qui etait le sien, a savoir de fonder scientifiquement la philosophie, elle est alors abordee a la fois du point de vue technique (calcul des propositions, logique trivalente, logique formelle/logique formaliste, modalites, definitions, etc.) et du point de vue historique, et notamment quant a ses origines stoiciennes. .ukasiewicz integre en effet non seulement certains problemes metaphysiques, tel le determinisme et la causalite, dans sa reflexion, mais il invente aussi une nouvelle forme de notation de la logique, dite la notation polonaise ou la notation prefixee.

  • Formé en mathématiques par Kronecker et Weierstraß, puis en psychologie par Brentano et Stumpf, évalué par Cantor, critique de Schröder, correspondant de Frege, collègue de Hilbert, maître de Weyl et Becker, Edmund Husserl est l'exact contemporain des débats célèbres qui ont opposé positions pyschologistes, logicistes, intuitionnistes et formalistes au cours de ce qu'on a appelé la « crise des fondements » des mathématiques. Initié sur le terrain de l'arithmétique, puis très vite confronté à ces « fines fleurs de la mathématique moderne » que sont la théorie des systèmes de nombres, la théorie des géométries de Riemann ou la théorie des groupes de transformation de Lie, son projet phénoménologique vise à rendre compte du type de signification et d'intuitivité que peuvent revendiquer des « objets » dont la connaissance est médiée par leurs rapports rationnels les uns aux autres. Or, après s'être montré sensible aux arguments de ses différents interlocuteurs et avoir ponctuellement adopté certaines de leurs positions, ce sont en définitive des thèses formalistes que Husserl va tout à la fois défendre et s'efforcer d'élucider par des analyses constitutives statiques puis génétiques.

  • Les notions relatives au vivant jouent un rôle central dans l'économie interne du système de la nature selon Leibniz.
    Elles ont aussi influé sur les théories qui ont ponctué le développement des sciences de la vie. Le dessein de cet ouvrage est de traiter de ce double objet. Comment Leibniz dessine-t-il le profil d'une science des vivants suivant un modèle en partie inspiré de Malpighi? Comment la théorie leibnizienne de la substance influe-t-elle sur la détermination du concept de vivant comme " machine de la nature "? Quel rôle charnière la dynamique joue-t-elle dans la conception leibnizienne de 1' " organisme ".
    Concept scientifique nouveau en son temps? Echangeant avec des figures majeures de la science et de la médecine de cette époque, Hartsoeker, Stahl, Hoffmann, Johann Bernoulli, Michelotti et d'autres, comment Leibniz développe-t-il la vision d'une " physique spéciale " dont le vivant serait l'objet spécifique? De quelle manière le modèle leibnizien s'intègre-t-il d'emblée dans des théories sur la génération que développent Conti et Vallisneri, puis Bourguet? Ainsi une exploitation multiforme d'idées leibniziennes sur le vivant pourra-t-elle s'amorcer au siècle des Lumières.

  • Quel est le rôle de l'intuition dans le processus de connaissance mathématique et philosophique ? Un usage rationnel de l'intuition est-il possible ? L'intuition pourrait-elle peut-être même permettre la compréhension, voire la justification, de concepts et de propositions mathématiques ? L'ouvrage de Gerhard Heinzmann, qui adopte une perspective pragmatique de la question, ne se limite en effet pas à nous proposer une analyse du rôle systématique de l'intuition épistémique en mathématique et en philosophie, en montrant ainsi ses limites et ses mérites comme principe méthodique. Mais il discute également les problèmes historiques liés à cette fonction de l'intuition, tels qu'on les trouve chez les philosophes classiques (Aristote, Descartes, Locke, Kant) et les scientifiques des XIXe et XXe siècles (Helmholtz, Poincaré, Brouwer, Weyl, Beth, Cavaillès).

  • Comment peut-on rendre intelligible le système des causes qui régit l'interaction des corps ? Au XVIIe siècle, cette question dominait la réflexion philosophique. Parmi les architectes de la science moderne (1646-1716) est l'un de ceux qui ont consacré à cette problématique les efforts les plus soutenus.
    Des premiers modèles physiques à la "réforme" de la mécanique, de la mécanique réformée à la dynamique, Leibniz s'emploie à dévoiler l'ordre combinatoire imminent aux lois de la nature.
    Cet ouvrage analyse la genèse et la structure de la dynamique leibnizienne, moment méthodologique privilégié de la science moderne.

  • Au coeur de la Révolution scientifique, philosophes et naturalistes tentent de concevoir les modèles les plus aptes à rendre compte du vivant.
    Les schèmes hérités de l'Antiquité médicale et philosophique sous-tendent encore les théories originales de Van Helmont et de Harvey. Si le mécanisme s'instaure avec le modèle de l'animal-machine chez Descartes, les audaces et les limites du projet cartésien infléchiront toute démarche ultérieure, comme en témoigne la notion spinoziste d'intégration corporelle. Gassendi suggère, pour sa part, d'associer la modélisation mécaniste et la téléologie immanente des processus.
    Les néo-platoniciens More et Cudworth évoquent le " principe hylarchique " ou la " nature plastique ", afin de traduire, par-delà les insuffisances du mécanisme, l'émergence des organisations vitales. Lorsque le débat se transpose aux microstructures, Malpighi promeut l'analyse physiologique selon le modèle de " petites machines " diversement combinées et emboîtées ; Glisson attribue la perception et la réactivité aux fibres élémentaires.
    Les phénomènes de la génération, que l'on a d'abord expliqués par l'épigenèse, s'interprètent principalement en termes de préformation et de préexistence des germes. Mais, à l'encontre de toute construction hypothétique, Locke privilégie une médecine limitée à l'observation des seuls phénomènes vitaux. La critique du mécanisme suscite en outre les modèles " animistes " de Perrault et de Stahl. En une remarquable tentative, Leibniz repense alors les concepts fondamentaux de la théorie physiologique et suggère les voies d'analyse pour une science de " l'organisme ".

  • Cet ouvrage réunit pour la première fois en français une vingtaine d'articles du logicien et philosophe anglais Frank Ramsey, publiés entre 1923 et 1929. Ces articles fulgurants explorent les domaines de la logique, des mathématiques, de la philosophie et de l'économie, et comprennent également une étude du Tractatus logicophilosophicus de Wittgenstein, dont Ramsey fut le contemporain et l'ami.
    Sa critique de la théorie des types de Russell et son traitement des paradoxes logiques, sa formulation de la théorie des probabilités subjectives et de la théorie de la décision, son analyse de la croyance, de la causalité et des lois, ainsi que du problème des universaux, font aujourd'hui partie de l'héritage de la philosophie analytique et en inspirent encore les travaux les plus contemporains.

  • Professeur renommé au collège jésuite de Rome, Clavius était en relation avec la plupart des savants de son époque. Au tournant des XVIe et XVIIe siècles, son oeuvre se situe à une période charnière entre tradition et modernité. Si on lui doit des résultats originaux, ses ouvrages sont surtout à visée pédagogique. C'est le cas pour son édition des Eléments d'Euclide, oeuvre majeure et jalon significatif dans l'histoire de ce texte. Cette étude montre comment Clavius s'approprie les Eléments et les nourrit d'énoncés et de concepts tirés d'autres ouvrages, principalement médiévaux, de commentaires pédagogiques et de réflexions polémiques. Elle est suivie d'une traduction du livre V, qui contient la théorie des proportions et illustre l'analyse des enjeux et de la structure du commentaire de Clavius.

  • L'introduction par Fresnel, en 1815, d'une conception vibratoire et ondulatoire de la lumière ouvre à l'optique un nouveau chapitre de son histoire: adoptant, pour la plupart, les idées directrices de Fresnel, les physiciens s'emploient, au cours du XXe siècle, à rendre compte non seulement de l'établissement et de la progression de la perturbation lumineuse dans un milieu donné, qu'il soit isotrope ou non, immobile ou en mouvement, mais encore des effets ou des particularités de sa rencontre avec la surface de séparation de deux milieux (réflexion, réfraction, polarisation) somme de sa marche dans une substance. L'effet ainsi déployé s'est traduit par l'édification d'une " science du phénomène lumineux", cette dernière expression se rapportant à l'ensemble des manifestation de l'entité lumière: sa propagation, mais aussi les divers phénomènes physiques qui l'accompagnent. Relater la genèse de cette science, qui appelle l'attention de l'historien tout autant qu'elle invite l'épistémologie à la réflexion, tel cet l'objet de cet ouvrage. Les approches du phénomène lumineux auront été multiples: mécanique, puis électromagnétique, mais aussi géométrique, ondulatoire, analytique, énergétique. La nécessité de les combiner s'est maintes fois imposée, en particulier dans la théorie des images optiques. L'édifice qui a été bâti pour rendre raison du phénomène lumineux saisi dans sa complexité apparaît, à la veille des révisions relativistes et quantiques, sais la forme d'un discours mathématisé, s'appuyant sur un réseau de concepts, que l'on est en droit de qualifier de " théorie physique ".

  • En 1676, alors qu'il séjourne encore à Paris, Leibniz entreprend de composer un volumineux traité qui restera sans doute l'un de ses écrits mathématiques les plus fortement charpentés : La quadrature arithmétique du cercle, de l'ellipse et de l'hyperbole et la trigonométrie sans tables qui en est le corollaire. Ce traité se présente comme un abrégé exhaustif de la géométrie infinitésimale, dont Leibniz avait pu espérer qu'elle lui ouvrirait les portes de l'Académie des Sciences. Cependant, contraint de quitter la capitale avant sa publication, il abandonnera derrière lui un ouvrage qui n'allait voir le jour qu'en 1993. Le problème de la quadrature est prétexte à soulever plusieurs enjeux capitaux tant pour les mathématiques que pour la philosophie. Il permet notamment à Leibniz d'examiner avec une grande précision la question de la méthode, des fondements, ainsi que les notions cruciales de rigueur et d'infini, tout en mettant en évidence leurs applications pratiques. Si la présente édition de ce texte foisonnant ne reproduit pas l'intégralité des variantes, elle en propose une version corrigée et annotée, qui s'accompagne d'une traduction française en regard.

  • Entre les premiers développements de la mécanique galiléenne et la publication des Principia de Newton se joue une transformation radicale de la philosophie naturelle. Christiaan Huygens a assuré un lien nécessaire pour son époque entre l'assimilation des Principes de la philosophie de Descartes et la réception - critique elle aussi - de la pensée newtonienne. La lecture traditionnelle voit en Huygens un savant positif, celui que nous découvrons offre un regard métaphysique sur la science.

empty