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Actes Sud
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Poète des banlieues maussades et des petits riens anonymes, Robert Doisneau (1912-1994) est l'un des principaux représentants de la photographie humaniste française. Parisien malicieux, il joue de la photographie comme son ami Jacques Prévert jouait des mots. Le regard qu'il porte sur le quotidien avec une bienveillance amusée, sa disposition d'esprit qui le rend amoureux de ce qu'il voit font de lui l'archiviste des instants furtifs et des vérités passagères. "Il est des jours, dit-il, où l'on ressent le simple fait de voir comme un véritable bonheur."
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Sabine Weiss (1924-2021), photographe depuis ses dix-huit ans, rejoint l'agence Rapho en 1952 par l'entremise de Robert Doisneau.
Le goût de la rencontre, le souci de la technique et une curiosité vive et constante pour l'observation des gens - anonymes ou personnalités publiques - apparaissent comme les fils conducteurs d'une oeuvre très diverse.
En 2020, elle reçoit le prix Women in Motion pendant le festival des Rencontres d'Arles, saluant une carrière exceptionnelle. Sabine Weiss a indéniablement marqué l'histoire de la photographie, contribuant de manière déterminante au développement de la photographie humaniste française. -
L'histoire de Vivian Maier (1926-2009) est celle d'une nanny ayant traversé sa vie dans le silence avant d'être révélée comme photographe. Autodidacte, elle invente son langage à la croisée de la photographie humaniste et de la street photography. Qu'elle s'intéresse aux enfants ou aux quartiers ouvriers, elle représente ceux qui sont les oubliés du rêve américain. Ses autoportraits témoignent d'une quête d'identité au sein d'un monde où elle ne semblait pas avoir de place.
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L'oeuvre photographique, les écrits, la radicalité de sa démarche font de Daido Moriyama (né à Osaka en 1938) un des chefs de file du renouvellement international du langage photographique à partir des années 1970. Son esthétique de l'instantané, son refus absolu des conventions de la prise de vue (il affirme "prendre ses photographies plus avec le corps qu'avec les yeux"), sa volonté de penser et de vivre la photographie comme une expérience intime, ont ouvert des champs nouveaux, jusqu'alors presque inédits, et suscité une forme de libération de l'acte photographique.
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La place de Claudia Andujar (née en 1931) dans la photographie brésilienne tient aux deux dimensions indissociables de son oeuvre, l'une esthétique, l'autre politique. Telle une chamane urbaine, elle défie les règles du documentaire : sans forme fixe ni sens prédéfini, ses images se transforment selon qui les invoque. En s'affranchissant des techniques classiques, elle partage la cosmogonie des Indiens yanomami aux côtés desquels elle lutte de longues années pour la reconnaissance de leur territoire.
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Helen Levitt (1913-2009) a saisi la vitalité de l'aire de jeux informelle que constitue la rue. Elle témoigne de la coexistence, par fois heureuse parfois conflictuelle, des minorités ethniques, dans le Brooklyn de son enfance, ou dans le Lower East Side et les quartiers Nord de Manhattan - Harlem, Spanish Harlem - d'où proviennent la plupart des images prises à partir de 1936.
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Susan Meiselas (née en 1948), membre de l'agence Magnum depuis 1976, réinvente le rôle de témoin du photographe afin de permettre à ceux qui n'ont pas de voix de prendre la parole. Que ce soit avec les adolescentes new-yorkaises ou les femmes victimes de violences, elle maîtrise parfaitement la distance - tant physique que politique - dans un travail collaboratif qui s'installe dans la durée. Du Nicaragua au Kurdistan, elle remet en question les notions de vérité et interroge les codes du photojournalisme.
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Devenir cheval
Clara Arnaud, Yann Arthus-Bertrand, Emilie Haillot
- Actes Sud
- Arts - Photographie
- 13 Novembre 2024
- 9782330196752
L'horizon de notre histoire,
c'est devenir cheval.
On dit qu'il y a des hommes
de cheval, des femmes de cheval. C'est inexact. Il y a aussi des hommes-chevaux, des femmes-chevaux, ceux qui, s'investissant auprès des équidés, ont brouillé
les limites de leur identité.
Se sont escrimés à voir cheval, sentir cheval, bouger cheval,
si bien que leurs gestes, leurs sensations, leur regard sur
le monde, en sont bouleversés.
Devenir cheval, consentir à
oublier un peu l'humain en soi. -
56e Rencontres de la photographie
Collectif
- Actes Sud
- Arts - Photographie
- 2 Juillet 2025
- 9782330207151
Depuis plus de cinquante ans, les Rencontres d'Arles, festival annuel de photographie, participent aux côtés de grands noms de la photographie à la transformation et à la diffusion de cette pratique.
Année après année, le festival se veut le décrypteur d'un monde qui change.
Durant l'été, le public est invité à découvrir près de quarante expositions dans des lieux patrimoniaux, contemporains, voire inattendus. -
Là où, dans la photographie de presse, on recherche l'emphase et le drame, le regard de Gianni Berengo Gardin navigue à contre- courant : sans excès, plein d'attention, de sensibilité et de respect des sujets. Inspiré par l'école humaniste, le photographe se pose en témoin qui préserve l'authenticité de ce qui advient devant son appareil. Ce qui compte à ses yeux, ce sont la vie, les gens, les événements.
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Évoquant le fracas silencieux d'un monde en fragments et la poésie du désenchantement, les photographies de Stéphane Duroy (né en 1948) s'imposent au regard du spectateur, chargées du poids de l'histoire. Membre de l'agence VU' depuis 1986, régulièrement exposé et publié, Stéphane Duroy impose un regard sans concession sur son temps, préférant le mode contemplatif au document qui dénonce. Après avoir sillonné l'Europe pendant plus de quarante ans, observant les traces des tragédies qui ont façonné le XXe siècle, il incorpore désormais plusieurs médiums à sa pratique et pose un regard réflexif sur son oeuvre.
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D'abord apprentie chez un photographe de quartier, puis laborantine et photographe au magazine Votre beauté, Dolorès Marat, née en 1944, commence, à presque 40 ans au milieu des années 1990, une oeuvre personnelle peuplée d'énigmes et d'ambiances étranges, de figures séduisantes et sensuelles, de scénarios sans issue.
Le flou de bougé est la composante reconnaissable du travail de Dolorès Marat. Elle se hâte de photographier, répondant à son instinct, et ce mouvement précipité se retrouve dans ses images. Le procédé de tirage Fresson, qu'elle privilégie jusqu'à la mort de Michel Fresson (2020) avant de pratiquer le tirage sur un papier japonais artisanal, donne à ses clichés un aspect velouté et des couleurs spectrales. Elle est une photographe de la nuit, de l'illusion, du rêve. -
Ce livre dessine une histoire de la photographie allongée, invitant à voyager de lit en lit au gré des nuits et des rencontres. Nombre de photographes se sont emparés de ce motif tout à la fois intime et universel, depuis les portraits mortuaires du XIXe siècle jusqu'au lit transformé en néo-bureau pour le télétravail au XXIe siècle. Nouvelle matrice créative, il brouille la frontière entre privé et public, fiction et documentaire.
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Que faites-vous de vos morts (2024)
Sophie Calle
- Actes Sud
- Arts - Photographie
- 6 Novembre 2024
- 9782330196684
En 2017, à l'occasion du décès de son père, Sophie Calle s'est posé cette question qu'elle partage avec nous : "Que faites-vous de vos morts ?". La première édition de ce livre regroupait des photographies prises par l'artiste à travers le monde dans des cimetières, accompagnées d'une sélection de messages laissés par les visiteurs. Cette nouvelle édition intègre les messages recueillis lors de son exposition à la chapelle du Centre de la Vieille Charité à Marseille en 2019 .
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Duchamp vint en fin d'après-midi et m'emmena dans un café des boulevards oú les jeunes écrivains dadaïstes, se retrouvaient régulièrement avant dîner.
Une demi-douzaine d'hommes et une femme étaient assis autour d'une table, dans un coin isolé. après les présentations, nous essayâmes de converser. jacques rigaut, qui parlait quelques mots d'anglais, traduisait les questions et les réponses. c'était assez sommaire, et pourtant je me sentis à l'aise avec ces inconnus qui semblaient m'accepter comme un des leurs, sans doute à cause des goûts qui m 'étaient attribués.
En outre, ils semblaient déjà au courant de mes activités new-yorkaises. andré breton, qui devait quelques années plus tard fonder le mouvement surréaliste, paraissait déjà dominer les autres et portait sa tête imposante comme un défi; louis aragon, écrivain et poète, semblait également sûr de lui et quelque peu arrogant. le poète paul eluard, avec son grand front, ressemblait à une version, en plus jeune, du portrait de baudelaire que j'avais vu dans un livre.
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Gilbert Garcin, photographe français né en 1929, est une révélation dans l'univers de la photographie. Rares sont les exemples d'une pratique artistique entamée à soixante-cinq ans qui parviennent en deux décennies à développer une oeuvre dont l'audience internationale ne cesse de croître. C'est après s'être initié à la photographie lors d'un stage aux Rencontres d'Arles que Gilbert Garcin, s'attachant à la technique du photomontage, crée Mister G., sorte de double de l'artiste.
À la fois théâtre illusionniste et haïku photographique, son oeuvre, d'une puissance poétique sans équivalent dans l'histoire de la photographie, et d'une virtuosité graphique confondante, déploie une forme visuelle de fables philosophiques qui exercent un pouvoir d'attraction universel. -
Eikoh Hosoe est un des grands noms de la photographie japonaise. À quatre-vingt-huit ans, l'influence et le magistère de cet artiste, dont l'oeuvre n'a cessé de bousculer et d'interroger l'âme même de la culture japonaise, sont d'une intacte fécondité. Ami de l'écrivain Yukio Mishima et de Tatsumi Hijikata (fondateur du butô), il incarne l'avant-garde de la création nippone. C'est autour de la représentation du corps - et singulièrement de la nudité, strict tabou de la civilisation japonaise -, de sa sensualité, que se concentre et se développe son art, dans un langage photographique et un style foncièrement novateurs où le grain de l'image, ses mises en scène, ses contrastes, son esthétique quasi baroque imposent une vision qui à bien des égards peut se percevoir comme révolutionnaire.
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Disparu en 1988, Leon Levinstein occupe une place originale dans la photographie américaine. Bien que soutenu par Edward Steichen, l'artiste, au tempérament introverti, qui incarne une forme singulière de la Street Photography new-yorkaise, se tient éloigné des milieux de l'art. Dans les rues de New York, hommes d'affaires, mendiants, prostituées, femmes du monde, jeunes amoureux, promeneurs, ouvriers sont ses modèles. Loin d'une démarche documentaire ou humaniste, Levinstein semble habité par une quête formelle fiévreuse qui lui permet d'explorer l'essence même de la vision photographique. Plans rapprochés, cadrages, mouvements, compositions sont chez lui affaire de rythme, de tensions, de perceptions fugaces qui confèrent à son oeuvre - aujourd'hui largement révélée et plébiscitée - une aura toute particulière.
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Née en 1957 à México, Flor Garduño est une représentante exemplaire de la richesse et de la diversité de la photographie d'origine mexicaine dont la contribution à l'histoire de la photographie universelle est depuis longtemps établie.
Ses années d'études et de formation sont marquées par la fréquentation et la proximité de deux grands artistes : Kati Horna, la célèbre photographe anarchiste hongroise, mexicaine d'adoption, dont elle suit assidûment l'enseignement, et Manuel Álvarez Bravo, le grand maître de la photographie mexicaine dont elle sera l'assistante durant deux ans. C'est auprès de ce dernier qu'elle s'initiera aux subtilités de la chambre noire et à la technique des tirages complexes.
À vingt-cinq ans, Flor Garduño décide de se consacrer exclusivement à la photographie.
Au secrétariat à l'Éducation publique, où elle travaille sous la direction de la photographe Mariana Yampolsky, elle oeuvre à la publication de livres et manuels scolaires nourris de la mission documentaire qu'elle conduit à travers les campagnes mexicaines. C'est au cours de ces voyages dans la ruralité profonde que Flor Garduño forge son propre style. La vie et la condition des paysans, l'atmosphère des pueblos et la variété des paysages champêtres sont abordées sous son objectif de manière radicalement antifolklorique.
En 1985, la parution de son premier livre Magia del juego eterno («Magie du jeu éternel»), qui présente six années de ses recherches et travaux, dévoile sa puissante vision d'une culture indigène empreinte de mythologie et de religiosité, dont les pratiques et rituels confinent à la magie. De même, dans Bestiarium qu'elle publie deux ans plus tard, ses photographies d'animaux dialoguent avec la culture indienne ancestrale dans laquelle chaque animal se rattache à une divinité spécifique.
À partir des années 1990, Flor Garduño, poursuivant de nouvelles recherches formelles, se tourne vers la nature morte, l'étude du nu féminin et une approche plus intimiste de la photographie. Elle prolonge ainsi une oeuvre qui révèle une dimension poétique exceptionnelle, où chaque image semble habitée par un sens inné de la métaphore et une quête aux frontières de l'imaginaire. -
Un auteur, plutôt qu'un reporter. Un photographe au long cours, plutôt qu'un baroudeur, dit de lui Annick Cojean.
Et il est vrai qu'il se classe dans la catégorie des chasseurs d'images classiques, de ceux qui cherchent à comprendre autant qu'à voir. En couleurs autant qu'en noir et blanc.
Ce photojournaliste, membre de l'agence Magnum, qui refuse l'esthétisme et l'horreur, qui déteste le sordide, a sillonné la planète, couvert des révoltes et des famines, des guerres et des révolutions, photographié des chefs d'État et des réfugiés, des paysans et des militaires.
Impliqué avec intensité dans le moment présent, il a constitué une oeuvre toute de sensibilité et de lucidité.
L'exposition «Bruno Barbey» se tiendra en septembre et octobre 2015 à la Maison européenne de la photographie (Paris).
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Si l'autoportrait d'artiste préexistait comme genre a l'avènement de la photographie, les photographes en ont exacerbé la pratique. Passer devant l'objectif de l'appareil, se mettre en scène, fixer son apparence selon son bon vouloir, constitue peut-être la part secrète, refoulée, de l'être au monde des photographes.
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55e Rencontres internationales de la photographie
Collectif
- Actes Sud
- Arts - Photographie
- 28 Juin 2024
- 9782330193034
Catalogue des 55e Rencontres internationales de la photographie.
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Alfred Latour : Un regard sur la forme
Mattieu Gafsou, Aziza Gril-Mariotte, Christian Lacroix
- Actes Sud
- Arts
- 24 Avril 2024
- 9782330189389
Regard sur la forme présente l'oeuvre et les recherches menées par Alfred Latour (membre de l'UAM - Union des Artistes Modernes) entre 1928 et 1964 dans deux des modes d'expression qu'il employa tout au long de sa carrière : la photographie et le dessin pour imprimés textiles.