Independencia

  • En autant de rencontres que de films, les frères Larrieu évoquent leur travail avec lucidité et sans détour.
    « Les Larrieu sont des montagnards qui savent combien les chemins tout tracés sont ennuyeux (comme est froid le cinéma de pur dispositif, ou comme est infertile le dogmatisme) mais aussi que l'improvisation sans cadre peut-être fatale (comme est informe la mise en scène de ceux qui galvaudent le naturalisme). Leur art, à la fois aventureux et rigoureux, consiste à trouver un naturel équilibre entre le formalisme et la volupté. Si naturel, c'est-à-dire si loin de la pose, qu'il est encore parfois mal vu, comme une incongruité trop difficile à étiqueter pour être prise au sérieux. L'un des grands mérites de cet entretien est de mettre à jour tout le travail enfoui sous l'évidence, et de démontrer la complexité et l'intelligence d'un cinéma qui a le bon goût de s'offrir à nous dans une joie lumineuse. » Marcos Uzal « Ce qui était un exploit physique. On est monté, durant deux heures, hors sentiers. Et, comme les coqs arrivent en fin de nuit, on a placé les acteurs le soir sur l'aire de chants, avec ordre de ne plus manger, plus bouger, plus pisser. Nous avions deux caméras, une pour nous et une autre pour Christophe Beaucarne. On a attendu l'aube. On sait que les coqs ont senti nos présences, parce que ceux qui connaissent nous disaient où ils se mettraient précisément et ils étaient en fait un peu plus loin. Mais on réussi ce fameux plan panoramique, non coupé, qui part de la tête d'Hélène puis celle de Mathieu et va jusqu'aux coqs. Un plan bazinien. On y tenait absolument pour montrer qu'ils étaient bien à côté des coqs. D'un côté, les acteurs, le jeu, l'artifice, et les coqs de l'autre. » Jean-Marie Larrieu, à propos de Un homme, un vrai avec Mathieu Amalric et Hélène Fillières « A chacun de nos rendez-vous, les frères Larrieu réfléchissaient à la position du soleil. On se plaçait alors en fonction autour de la table.
    Ils évoquent tout au long du livre l'importance de la géographie dans leur choix de mise en scène.
    Précis et très argumenté, les cinéastes décrivent un cinéma unique, à la fois climatique et sulfureux, théorique et sensuel. » Quentin Mével Publié à l'occasion de la sortie du film de Arnaud et Jean-Marie Larrieu « 21 nuits avec Pattie » le 25 novembre 2015.

  • En autant de rencontres que de films, Cédric Kahn évoque son travail avec lucidité et sans détour.
    « Un cinéma social ? Un autre mot s'impose : populaire. La priorité accordée aux comédiens, la subordination de la forme aux impératifs du sujet, le goût du concret, l'horizon d'exemplarité qui n'arrondit jamais les faits anguleux : tout cela finit par configurer un cinéma populaire. «C'est mon but depuis toujours. Et je ne suis pas sûr de l'avoir atteint. C'est plus facile de faire un film d'auteur radical qu'un film populaire». Plaisamment paradoxale, l'affirmation est discutable. Mais ne se discute plus si la notion inclut aussi le type de réception désiré par une telle démarche, et qui procède de la quadrature du cercle : s'adresser à tous sans jouer le consensus mou, attirer du monde dans la salle sans recourir aux grossières manoeuvres de séduction populiste des films qui s'arrogent l'étiquette. » François Bégaudeau

  • Les écrits complets de Jean Epstein, épuisés ou inédits, publiés pour la première fois dans leur intégralité.
    « Comme de ces étoiles dont on ne perçoit la lumière que lorsqu'elles n'existent plus, la radioactivité des livres de Jean Epstein ne parviendra guère aux yeux des coeurs que dans de nombreuses années ; qu'il me soit permis de prédire qu'ils serviront de Bible aux jeunes cinéastes des futures générations », écrivait Abel Gance.
    Pour que se réalise la prophétie, encore faut-il que ces livres soient disponibles, que la pensée d'Epstein circule, que tous ses écrits puissent enfin être lus dans la plus complète, scientifique et généreuse édition possible. Dirigée par Nicole Brenez, universitaire renommée et spécialiste reconnue de l'histoire des avant-gardes cinématographiques, Joël Daire, directeur du patrimoine à la Cinémathèque Française, grand connaisseur de l'oeuvre et des archives d'Epstein, et Cyril Neyrat, responsable des éditions Independencia, critique et enseignant d'histoire et d'esthétique du cinéma à la Haute Ecole d'Art et de Design (HEAD, Genève), cette édition des écrits de Jean Epstein en est la première édition intégrale. Aux textes déjà publiés dans l'édition Seghers, aujourd'hui épuisée, sont venus s'ajouter les feuillets trouvés dans quelques-uns des cent-vingt cartons contenant les archives du cinéastes, conservés à la Cinémathèque Française, qui dévoilent une oeuvre d'une ampleur et d'une diversité insoupçonnée : non seulement de très nombreux écrits sur le cinéma, certains essentiels, sont inédits, mais aussi une oeuvre littéraire, essayiste, pédagogique, mémorialiste, qui déborde largement le champ du cinéma et se révèle d'une qualité égale à celle des textes connus. Se sont joint à l'entreprise neuf cinéastes et neuf chercheurs, spécialistes du cinéma de Jean Epstein, parmi lesquels F. J. Ossang, Philippe Grandrieux, José Luis Guerin, Ange Leccia, John Gianvito... L'intégralité des écrits est divisée en neuf volumes à paraître à compter de mai 2014, à raison de trois volumes par an.

  • Spontanée et généreuse, Noémie Lvovsky revient dans ces entretiens sur la fabrication de ses films, ses expériences et ses goûts cinématographiques. Premier ouvrage d'une collection consacrée aux cinéastes contemporains.
    Du premier film de Noémie Lvovsky, Oublie-moi, en 1994, surgissait un des personnages marquants de notre jeunesse : Nathalie, folle d'amour et de rage, petite soeur perdue des Hippo et Halpern d'Un monde sans pitié. Quelques années plus tôt, Noémie Lvovsky avait co-écrit La Sentinelle d'Arnaud Desplechin. Avec cette fille et ce garçon, le cinéma français retrouvait son verbe et ses tripes, découvrait des corps et des cerveaux nouveaux (Valeria Bruni-Tedeschi, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger...). Avec les films suivants, l'humour vient tempérer la rage de Lvovsky, qui installe son ton singulier : cru, physique, tendre et accidenté, grave et drôle. Un cinéma qui concilierait Truffaut et Godard ; qui s'autoriserait le romanesque du premier tout en le travaillant, le fracturant par les heurts et les dissonances du second. Un cinéma qu'on résumerait en disant que la vie, les sentiments et leurs danses ne font pas peur à Noémie.
    Ce livre inaugure une collection consacrée à la pratique des cinéastes contemporains. Entretiens, carnets de travail, documents commentés... plusieurs formes alterneront pour servir une même ambition : raconter et commenter une oeuvre en cours, en plongeant avec le cinéaste dans la fabrique de ses films. Revenir aux conditions de production, aux contraintes de fabrication, suivre la genèse d'un film de l'idée première à sa sortie en salles, suivre un parcours de créateur, de film en film. Comprendre le cinéma, aujourd'hui, implique de se tenir à l'écart du romantisme de l'auteur tout-puissant comme du pseudo-marxisme paranoïaque-obsessionnel du « système » ou de la « crise du scénario »... La vérité du cinéma est ailleurs, dans un jeu de l'art et de la vie dont chaque cinéaste et chaque film invente les règles, dans une dialectique sans cesse relancée du désir et de la réalité, de problèmes et de solutions, de préparation et d'improvisation, de l'intuition personnelle et des alchimies collectives.
    Noémie Lvovsky a peu de temps, partagée entre une émission de radio, le dossier de presse de Camille redouble à boucler, la préparation d'un film dans lequel elle s'apprête à jouer, en Bretagne. L'entretien est morcelé en quatre rencontres au bar du Ritz puis chez elle, et enfin un rendez-vous téléphonique. Mais place à la parole précise, généreuse et libre de Noémie Lvovsky, narratrice gourmande de son parcours de cinéaste, de film en film jusqu'au dernier, en attendant le suivant.

  • Version française / english version Écrits complets - Volume 5 (1945-1951) - L'Intelligence d'une machine, Le Cinéma du Diable et autres écrits Jean Epstein [tous les titres] Independencia [tous les titres] Jean Epstein Écrits complets Volume 5 (1945-1951) - L'Intelligence d'une machine, Le Cinéma du Diable et autres écrits commander imprimer envoyer un lien lire un extrait sommaire revue de presse Edité par Nicole Brenez, Joël Daire, Cyril Neyrat.
    Préface de F. J. Ossang.
    Introduction et notes de Natacha Thiéry.
    Paru en octobre 2014 édition française 14 x 20,5 cm (broché) 256 pages (1 ill. n&b) 18.00 € ISBN : 979-10-90683-12-9 EAN : 9791090683129 en stock Les écrits complets de Jean Epstein, épuisés ou inédits, publiés pour la première fois dans leur intégralité.
    « Comme de ces étoiles dont on ne perçoit la lumière que lorsqu'elles n'existent plus, la radioactivité des livres de Jean Epstein ne parviendra guère aux yeux des coeurs que dans de nombreuses années ; qu'il me soit permis de prédire qu'ils serviront de Bible aux jeunes cinéastes des futures générations », écrivait Abel Gance.
    Pour que se réalise la prophétie, encore faut-il que ces livres soient disponibles, que la pensée d'Epstein circule, que tous ses écrits puissent enfin être lus dans la plus complète, scientifique et généreuse édition possible. Dirigée par Nicole Brenez, universitaire renommée et spécialiste reconnue de l'histoire des avant-gardes cinématographiques, Joël Daire, directeur du patrimoine à la Cinémathèque Française, grand connaisseur de l'oeuvre et des archives d'Epstein, et Cyril Neyrat, responsable des éditions Independencia, critique et enseignant d'histoire et d'esthétique du cinéma à la Haute Ecole d'Art et de Design (HEAD, Genève), cette édition des écrits de Jean Epstein en est la première édition intégrale. Aux textes déjà publiés dans l'édition Seghers, aujourd'hui épuisée, sont venus s'ajouter les feuillets trouvés dans quelques-uns des cent-vingt cartons contenant les archives du cinéastes, conservés à la Cinémathèque Française, qui dévoilent une oeuvre d'une ampleur et d'une diversité insoupçonnée : non seulement de très nombreux écrits sur le cinéma, certains essentiels, sont inédits, mais aussi une oeuvre littéraire, essayiste, pédagogique, mémorialiste, qui déborde largement le champ du cinéma et se révèle d'une qualité égale à celle des textes connus. Se sont joint à l'entreprise neuf cinéastes et neuf chercheurs, spécialistes du cinéma de Jean Epstein, parmi lesquels F. J. Ossang, Philippe Grandrieux, José Luis Guerin, Ange Leccia, John Gianvito... L'intégralité des écrits est divisée en neuf volumes à paraître à compter de mai 2014, à raison de trois volumes par an.

  • Un roman expérimental qui mêle étude critique, pamphlet politique, ode lyrique, avec l'ambition de tisser en un flux ininterrompu de pensée toutes les dimensions de l'oeuvre et de la vie de Buñuel.
    C'était un temps où on croyait que Luis Buñuel était mort en 1983 au Mexique, une époque de soumissions, début du vingt et unième siècle, 2009 ou 2010, peut-être 2012, 2013. Surréaliste et pamphlétaire, tissant intime et politique, Dévoré de rêves nous replonge dans ce passé de collaboration où tant d'hommes et de femmes survivaient sans espoir.
    Des films les plus célébrés aux plus négligés, tout Buñuel est là, décrit, analysé, minutieusement donné à voir, dans ce qui n'est en rien un essai pour cinéphiles mais un récit, une fiction documentée de vérité. Tout don Luis est là, subversif, tendre et fécond, dans ce rêve éveillé dévoré de multiples intrusions ; on l'entend, on le suit sans complaisance à travers son siècle, se demandant quoi accepter, à quelles conditions continuer. Le cinéaste est vivant et présent. Comme le sont les fantômes, et désormais la démocratie directe et la solidarité.
    Si Philippe Lafosse a écrit son livre en tournant sciemment le dos à la distance critique de la monographie traditionnelle, c'est parce que, à ses yeux, elle n'aurait pas rendu justice aux traits fondamentaux de l'oeuvre et de la vie de Buñuel: l'engagement surréaliste et l'engagement politique, tous deux radicaux et maintenus sans tiédir jusqu'à la mort. Contre la distance critique, Philippe Lafosse s'est jeté dans l'écriture romanesque, fondant ensemble l'oeuvre et la vie, pour ressusciter Buñuel, aujourd'hui.é.

  • Les livres de la collection sont consacrés à la pratique des cinéastes contemporains. Entretiens, carnets de travail, documents commentés... plusieurs formes alterneront pour servir une même ambition : raconter et commenter une oeuvre en cours, en plongeant avec le cinéaste dans la fabrique de ses films. Revenir aux conditions de production, aux contraintes de fabrication, suivre la genèse d'un film de l'idée première à sa sortie en salles, suivre un parcours de créateur, de film en film.

  • Ouvrage collectif : Nicole Brenez / Pierre Leon / Bertrand Bonello / Philippe Grandrieux / Gloria Morano / Maureen Loiret / Cyril Neyrat / Philippe Azoury / Raymond Bellour /Judith Revault d'Allones / Jean-Pierre Rehm / Enrico Ghezzi.

    Le 28 juin 2012, Stephen Dwoskin est décédé à Londres.
    Ce livre rassemble des textes, pour la plupart inédits, de cinéastes, critiques de cinéma, théoriciens du cinéma, historiens de l'art, poètes, amis, collaborateurs, pour qui l'oeuvre de Stephen Dwoskin a compté.
    Nous avons conçu le livre comme un parcours à travers sa filmographie. Les textes s'attachent à un aspect particulier des films (le désir, les femmes, la maladie, les expérimentations formelles...), certains témoignent de leur fabrication concrète, d'autres évoquent les relations de Stephen Dwoskin avec le cinéaste Robert Kramer ou le compositeur Gavin Bryars. Théoriques, intimes, pratiques, poétiques, les approches variées qui composent le livre répondent à la richesse et la beauté du cinéma de Stephen Dwoskin.
    Des images en couleurs extraites des films accompagnent les textes.

  • LE FILM :
    Philippe Séclier part sur les traces du célèbre photographe Américain Robert Franck, à partir du livre-manifeste édité en 1958, Les Américains. Il explore l'esprit de la "beat generation", l'impact du livre sur le monde de l'art et la culture américaine.

  • Tabou n'est pas seulement un très beau film. C'est aussi une oeuvre d'une grande portée théorique et historique, qui éclaire la situation contemporaine du septième art. C'est enfin le produit d'une peu commune aventure de cinéma.
    Autant de raisons de passer trois jours à Lisbonne, en compagnie de Miguel Gomes et de quelques-uns de ses acolytes : le chef opérateur Rui Poças et son assistante Lisa Persson, l'ingénieur du son Vasco Pimentel et enfin le producteur du film, Luís Urbano. Trois jours de conversations à bâtons rompus. Entre récit de l'aventure, analyse du film, et toutes sortes de digressions.

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