Playlist Society

  • Après ses débuts dans la sphère underground de Toronto, à la fin des années 1960, David Cronenberg s´est imposé comme un auteur majeur capable de passer, avec une aisance rare, du mainstream à l´expérimental, sans perdre, pour autant, sa singularité de cinéaste. Son oeuvre met en scène des corps mutants façonnés par la science et la technologie, comme dans La Mouche ou Crash, ou simplement victimes de l´environnement dans lequel ils évoluent. À travers eux, le cinéaste explore les zones insoupçonnées de l´inconscient et interroge la nature, à la fois transgressive et libératrice, du fantasme. La Transgression selon David Cronenberg analyse l´oeuvre d´un observateur de la nature humaine qui, par le biais du corps, redéfinit notre propre rapport au monde, à l´esthétique et à la morale.

  • Cinéaste, écrivain, dramaturge, metteur en scène de théâtre et d´opéra, Christophe Honoré compte parmi les artistes français les plus singuliers de son époque. De son premier film, 17 fois Cécile Cassard, à l´autofiction Plaire, aimer et courir vite, il fait dialoguer l´intime et l´universel et décline son amour pour la création artistique sous une multitude de formes. Son travail se nourrit de nombreuses influences, notamment de la Nouvelle Vague, ainsi que de sa complicité avec ses acteurs fétiches et le musicien Alex Beaupain. Observateur des moeurs modernes et des sentiments, attaché à la représentation des corps, il met en scène des personnages en quête de liberté. Christophe Honoré, les corps libérés retrace le parcours de cet artiste qui interroge notre place dans le monde et dans le temps, tout en cultivant sa mythologie personnelle.

  • Avec ses longs-métrages - La Raison du plus faible, 38 Témoins, Chez nous. -Lucas Belvaux s´inscrit dans une tradition cinématographique, où les questions sociales sont au coeur du débat. Le cinéaste belge interroge nos démocraties modernes sous plusieurs angles : la responsabilité individuelle, la place de la justice, la montée de l´extrême droite, ou encore la fin du monde industriel et son corollaire, le chômage de masse. Derrière un propos d´une grande cohérence, chaque film explore un genre différent : la comédie, la romance, le polar, la chronique judiciaire, la tragédie ou encore le réalisme politique. Au plus près des difficultés rencontrées par ses personnages, ses oeuvres possèdent une approche documentaire. Le nord de la France et la Belgique constituent ces principaux décors et plongent ses histoires dans une réalité post industrielle, populaire et poétique. Composé d´un essai introductif et d´un entretien, La Mécanique Lucas Belvaux explore une filmographie.

  • Dès la naissance du cinéma et le court-métrage Le Christ marchant sur les flots de Georges Méliès (1899), les cinéastes se sont emparés des sujets religieux, et plus spécifiquement de la question des miracles. Dans de grandes fresques hollywoodiennes, telles que Les Dix Commandements (Cecil B. DeMille, 1956) ou Ben-Hur (William Wyler, 1959), le miracle constitue l'apothéose qui associe la sidération des spectateurs à un émerveillement religieux.

    D'Ordet (Carl Theodor Dreyer, 1955) à L'Apparition (Xavier Giannoli, 2018) en passant par Bruce tout-puissant (Tom Shadyac, 2003), le phénomène miraculeux a connu une multiplicité d'évocations, au cinéma et dans les séries. C'est à chaque fois une expérience-limite qui fait s'opposer l'invisible et le visible, la folie et la raison, le bien et le mal. Par la mise en scène, le miracle peut être sublimé, dénoncé comme supercherie, ou au contraire trouver une dimension nouvelle. Cinémiracles, l'émerveillement religieux à l'écran explore les modes de représentation du miracle, au croisement des questions esthétiques et spirituelles.

  • En trois décennies, Kanye West s'est imposé au coeur des conversations.
    Sa musique rassemble fans de rap, grand public, médias et penseurs. Ses albums et ses collaborations ont redistribué les cartes au sein de l'industrie musicale. Sa vie chaotique, sa personnalité atypique, son narcissisme assumé passionnent les foules et invitent au débat. Il appartient au clan restreint des musiciens capables de provoquer des changements sociaux et culturels au sein de l'Amérique contemporaine.
    Adoré, détesté, Kanye West se définit lui-même comme « le plus grand artiste en vie ». Ultra créatif, il s'illustre dans la musique, l'art, la mode, mais aussi la politique ou la religion. Son parcours et sa production posent la question de la place de l'expression artistique dans la société actuelle, ses enjeux et ses limites. Kanye West ou la créativité dévorante interroge une légende autoproclamée : Kanye West est-il le reflet monstrueux du monde moderne ou la géniale incarnation de ses aspérités ?

  • Lana et Lilly Wachowski sont essentiellement connues pour avoir réalisé en 1999 Matrix, l'un des films majeurs de la transition entre le XXe et le XXIe siècle. Dans ce film comme dans tous leurs autres, les deux soeurs inventent de nouvelles manières de penser et de concevoir le septième art tout en évoluant dans le cinéma mainstream. Derrière la variété des genres abordés (film noir, science-fiction, adaptation de manga, space opera,...), l'oeuvre des Wachowski est d'une grande cohérence thématique et humaine, que chaque nouvelle pièce vient renforcer. De Bound à Cloud Atlas en passant par la série Sense8, leurs créations sont liées par un engagement commun : accomplir son émancipation personnelle.
    Cette quête d'émancipation que l'on suit à l'écran depuis deux décennies fait écho à l'histoire intime des deux soeurs, avec en point d'orgue leurs transitions de genre. Ce qu'elles sont, et ce qu'elles créent, sont pour Lana et Lilly Wachowski les deux faces d'une même pièce. Elles nous invitent à trouver dans les films des beautés et des vérités qui nourrissent positivement notre identité, nos valeurs, nos luttes, comme elles-mêmes ont su le faire. Dans leur expérience personnelle du cinéma hollywoodien, il est question de courage, de confiance, d'élévation ;
    De cette transcendance dont l'art peut se faire le vecteur.

  • C'était d'abord un choix pratique : personne ne voulait produire leurs films.
    Alors Hayao Miyazaki et Isao Takahata, aidés de Toshio Suzuki, ont fondé ensemble le studio Ghibli. Depuis, ils ont enchaîné les succès, de Princesse Mononoké à Pompoko, du Tombeau des Lucioles au Voyage de Chihiro. Leurs personnages, comme Totoro et Porco Rosso, sont devenus emblématiques, et les oeuvres du studio ont marqué des générations entières de fans à travers le monde, comme si Ghibli était un équivalent japonais de Disney.
    Bien plus qu'une marque et au-delà d'une simple usine à rêves, Ghibli offre avant tout une vision d'un monde idéal, fondé sur l'écologie, le féminisme, l'ingénierie et les croyances magiques. Un Monde parfait selon Ghibli explore les histoires créées par le studio, les décortique, en les mettant en perspective avec la carrière de leurs créateurs, avec en toile de fond une question lancinante : Ghibli survivra-t-il à la retraite de ses fondateurs ?

  • Depuis la déflagration La Nuit des morts-vivants en 1968, les zombies ont colonisé nos imaginaires et le box-office. On a beaucoup écrit sur ces créatures trahissant les pires angoisses des sociétés postindustrielles, un peu moins sur les personnages leur faisant face. Or les films de zombies mettent en scène des monstres, mais aussi des individus lambda contraints de réinventer, individuellement et collectivement, leur rapport au monde.

    De Zombie à World War Z, en passant par The Walking Dead et 28 jours plus tard, les personnages confrontés à la crise zombie perdent pied dans un monde en ruines, instable, liquide. Face à cette incertitude chronique, ils développent des stratégies diverses pour survivre et, si possible, redonner du sens à leur environnement, « refaire monde ». Géographie zombie, les ruines du capitalisme pointe les défis géographiques et politiques que doivent relever nos sociétés, comme le rapport à l'Autre et le sens que nous donnons aux lieux que nous habitons.

  • Inspiré du roman de Tom Perrotta, The Leftovers (2014-2017) est la série héritière de Lost (2004-2010) : les deux oeuvres partagent le même showrunner Damon Lindelof et peuvent être vues comme les deux faces d'un même disque. Si Lost suivait le destin de disparus après le crash d'un avion, The Leftovers se consacre à ceux qui sont restés derrière à la suite d'un événement singulier et inexpliqué : la disparition soudaine, le 14 octobre 2011, de 2% de la population humaine.
    Au sein d'un monde hanté par le doute, le mystère et l'ambiguïté, la série présentent des personnages qui pensent parfois avoir compris le sens de leur vie, à tort. Les spectateurs, eux, sont emmenés sur un très grand nombre de fausses pistes, alors que l'évidence est sous leurs yeux. The Leftovers met en scène non seulement la fin de l'humanité, mais surtout le déni des êtres humains devant l'extinction du vivant, dont ils sont eux-mêmes responsables.
    Dans notre monde en crise, The Leftovers, le troisième côté du miroir interroge la capacité de la fiction à résoudre les maux des humains et à les aider dans les combats nécessaires à venir.

  • Depuis cinq longs-métrages (La Reine des pommes, La Guerre est déclarée, Main dans la main, Marguerite et Julien, Notre Dame), Valérie Donzelli creuse un sillon singulier dans lequel la fantaisie se gorge sans cesse de ténèbres.
    Tiraillé entre le burlesque et le tragique, son cinéma noir et pop donne corps à nos vies remplies de contrastes, où les instants de grâce sont parfois brisés par les drames.
    Composé d'un essai et d'un entretien, Valérie Donzelli, noir fluo traverse l'univers vivace d'une cinéaste qui interroge la norme et la marge avec une joie mélancolique. L'oeuvre de la réalisatrice s'avère aussi hantée par l'angoisse de la mort que par la recherche du grand amour, le tout au service d'une grande réflexion sur le refus de la solitude.

  • Massacre à la Tronçonneuse (1974) est considéré comme une véritable matrice de l'horreur moderne, une oeuvre culte qui a d'ailleurs éclipsé la filmographie de son auteur. Pourtant, Tobe Hooper est loin d'être le réalisateur d'un seul film. Avec le recul, Le Crocodile de la Mort, Massacres dans le Train Fantôme ou Lifeforce apparaissent aujourd'hui comme passionnants.
    Entre Poltergeist (1982), produit par Steven Spielberg dans le confort hollywoodien, et Mortuary (2005), son retour en grâce dans les salles, le cinéaste aura connu les affres de la Série B et du marché de la vidéo, sans jamais se départir de sa vision particulièrement cynique de la société.
    En quatre décennies, son oeuvre dresse un portrait sans concession des Etats-Unis, grand pays hanté par les spectres du passé et le traumatisme du Vietnam. Pour Tobe Hooper, le film d'horreur est avant tout politique et redonne la parole aux ancêtres de l'Amérique.

  • Elle était la muse ultime de la scène rock de New York à la fin des années 70, l'égérie parfaite du mouvement new wave. De Patti Smith à Richard Hell, en passant par Lydia Lunch, ils étaient tous fous de sa musique. Pourtant, la chanteuse française Lizzy Mercier Descloux est morte seule à 47 ans, dans le plus grand dénuement, sans laisser la trace qu'elle aurait dû dans l'histoire de la musique. Comment une figure aussi culte a-t-elle pu tomber dans l'oubli ? C'est la question à laquelle Lizzy Mercier Descloux, une éclipse cherche à répondre en revenant sur l'histoire tragique de la chanteuse à l'aide des témoignages de ceux qui l'ont connue.
    Marchant dans ses pas, la suivant dans ses voyages incessant en Afrique du Sud, aux Bahamas ou encore au Brésil, le livre explore comment l'auteure de « Mais où sont passées les gazelles ? » a été précurseure du courant qu'on appelle aujourd'hui la world music. Il permet de découvrir une personnalité complexe dont la carrière a été semée d'embuches, la faute à des choix artistiques avant-gardistes au sein d'une industrie musicale empreinte de sexisme.

  • En moins de quinze ans, J. J. Abrams s'est imposé comme l'une des figures phares d'Hollywood. Créateur de séries qui ont redéfini le genre (Alias, Lost et Fringe), réalisateur à la tête d'énormes franchises (Mission Impossible, Star Trek et Star Wars), et producteur de renom via sa société Bad Robot, il est devenu le nouvel homme-orchestre du cinéma américain, s'inscrivant ainsi dans la lignée de son mentor Steven Spielberg.

    Son oeuvre est traversée par l'idée fixe de la réinvention. Quels que soient les différents noms qu'on lui donne - reboot, remake, reprise, hommage -, il s'agit toujours pour lui d'interroger la question de l'héritage du cinéma. J. J. Abrams ou l'éternel recommencement explore à quel point l'histoire cinématographique est une boucle, et cherche à répondre à cette question : comment dépasser ses modèles tout en marchant dans leurs pas ?

  • Paul Verhoeven a réalisé 16 films dans trois pays - les Pays-Bas, dont il est originaire, les États-Unis et la France - avec toujours en ligne de mire, l'idée de bousculer les codes nationaux en vigueur. De Basic Instinct à Starship Troopers, il s'agit toujours pour lui de conserver une liberté de ton et une dimension subversive hors du commun. Avec Elle, son dernier film tourné à Paris, il dynamite ainsi le cinéma hexagonal de l'intérieur, questionne ses motifs récurrents et donne une nouvelle leçon de mise en scène.
    Naviguant entre les genres avec une facilité déconcertante, entre science-fiction, fresque historique, thriller ou satire burlesque, Verhoeven creuse pêle-mêle les thèmes de l'individu face au pouvoir, la place de la femme au sein de nos sociétés contemporaines, le devenir du corps humain ou encore la puissance manipulatrice de l'image. Cet essai explore cette oeuvre d'une richesse inouïe, qui, depuis près de cinquante ans, n'a cessé de susciter controverses et malentendus.

  • Réalisateur de longs métrages à la fois burlesques, macabres et touchants, Pierre Salvadori pourrait bien être l'héritier français de l'âge d'or des comédies américaines, celles d'Ernst Lubitsch et de Blake Edwards. De Cible émouvante, son premier film avec Jean Rochefort et Marie Trintignant, à Dans la cour avec Catherine Deneuve et Gustave Kervern, c'est toute une gallérie de personnages puissants et décalés qui s'expose dans ses films.
    Ses protagonistes, qu'ils vivent en marge de la société ou soient lestés par leurs traumatismes passés, cherchent sans cesse des voies pour s'en sortir, faisant de sa filmographie un guide de survie dans le monde moderne. Composé d'un essai et d'un entretien, c'est ce mélange de douceur et de violence qu'explore Pierre Salvadori, à la marge.
    En Liberté !, son prochain film qui sort en salle le 31 octobre 2018, a déjà fait sensation au Festival de Cannes, et devrait le confirmer comme l'un des réalisateurs français les plus passionnants du moment.

  • Michael Mann est incontournable à Hollywood. Il est non seulement l'auteur de succès planétaires (Heat, Le Dernier des Mohicans), mais ses partis-pris formels et thématiques, d'une singularité extrême, tranchent avec l'uniformité des productions actuelles.
    Son cinéma est total, simple d'accès et incroyablement plaisant, mais il est toujours traversé d'un sous-texte existentialiste ; le personnage « mannien », héros tragique éperdu de liberté, reste aliéné quoi qu'il fasse par une société avec laquelle il n'est pas en phase.
    Films d'époque, thrillers, histoires d'amour impossible, les ressorts classiques qu'il utilise lui permettent d'atteindre le grand public, tout en développant de nouvelles voies d'expression pour composer un tableau de l'homme dans le monde.

  • À eux deux, les frères Ridley et Tony Scott possèdent une filmographie regroupant plus d'une quarantaine de longs métrages. Malgré une complicité certaine et des parcours similaires - des Beaux-Arts au cinéma en passant par la publicité -, ils n'ont jamais travaillé ensemble et tout semble les opposer : le premier est un démiurge à la tête de grandes fresques historiques et de science-fiction, le second, un auteur de films d'action frénétiques et musclés.
    Pourtant, se dessine en filigrane au sein de leurs longs métrages, une approche commune, celle de films-mondes où l'humain est au coeur des systèmes politiques qu'il combat, et par laquelle ils revisitent les genres cinématographiques et remettent en question les codes établis. De Blade Runner à Man on Fire, de Thelma et Louise à True Romance, d'un frère à l'autre, c'est toute une vision du cinéma qui se construit peu à peu.
    De résonances en échos, Tony et Ridley Scott, Front Commun crée des ponts entre les oeuvres de deux frères réalisateurs qui au-delà des apparences n'ont cessé de se nourrir mutuellement.

  • La société de production Propaganda Films a beau être inconnue du grand public, elle est pourtant responsable de quelques-unes des images les plus cultes des années 1980 et 1990.
    En 15 ans d'existence, elle aura favorisé l'essor des Guns N'Roses, iconisé Madonna et Janet Jackson, canonisé R.E.M., révolutionné l'esthétique et le business de la publicité, participé au lancement des séries Twin Peaks et Beverly Hills 90210 et révélé des metteurs en scène comme David Fincher, Michael Bay, Spike Jonze, Mark Romanek et Antoine Fuqua.
    Avec ses clips, ses pubs, ses films et ses séries, la société a joué un rôle central dans la culture populaire américaine, en conjuguant les opportunités offertes par l'émergence de la chaîne 100 % musicale MTV et du blockbuster avec celles de l'ère du pitch, ces courts résumés sensés contenir toute l'intrigue d'un film en une poignée de mots.
    Conçu d'après les témoignages des principaux acteurs de cette folle épopée, Génération Propaganda Films retrace un pan inédit, mais essentiel, de l'histoire de la télévision et du cinéma américains.

  • En cinquante ans et plus de 40 films, Frederic Wiseman s'est imposé comme un maître du documentaire. D'un asile psychiatrique à un lycée, d'un hôpital à une caserne militaire, il a quadrillé l'ensemble des institutions américaines pour offrir au public des portraits puissants et nuancés de celles-ci.
    Son immersion au coeur de ces structures lève le voile sur leur fonctionnement et dresse un panorama des fondations de nos sociétés modernes. Réfractaire à toute idéologie, Wiseman montre le quotidien de ces hommes et ces femmes, dont le travail cimente la nation.
    Composé d'un essai et d'un entretien au long cours, Frederic Wiseman, à l'écoute revient sur les oeuvres majeures du réalisateur - préparation, tournage et montage - et permet de mieux comprendre comment ce cinéaste a inspiré les plus grands, de Scorsese à David Simmons, en passant par Raymond Depardon.

  • Le réalisateur de La panthère rose et de La party reste un cinéaste mal connu. Aussi bien créateur de formes comiques que grand observateur des transformations de la société, il aura accompagné un demi-siècle d'histoire du cinéma américain, au sein duquel il occupe une place particulière.
    Issu du vieil Hollywood, Blake Edwards s'appuie sur cette influence - jusque dans ses formes les plus archaïques - pour proposer une vision de la comédie qui pose les jalons du renouveau des années 2000. Il a ainsi produit une oeuvre à part entière, qui fait la jonction entre deux âges d'or de la comédie américaine.
    Artiste attachant, il n'en reste pas moins un personnage torturé, à la fois obsédé sexuel et dépressif, comme en témoigne sa série de chefs-d'oeuvre méconnus réalisés dans les années 1980 et consacrés aux crises du milieu de vie de ses alter ego masculins.

  • Récompensée par de nombreux prix, soutenue par la critique et par un fidèle contingent d'admirateurs, Mad Men a réinventé, de 2007 à 2015, le concept de la série télévisée historique. Durant sept saisons, celle-ci a montré l'Amérique des années 1960 à travers le regard de ses personnages officiant dans l'univers de la publicité et oeuvrant quotidiennement à façonner le concept de rêve américain.
    Au-delà de son élégance visuelle et de sa réputation glamour, Mad Men se distingue par un univers narratif profondément original, porté par un un héros mélancolique qui se débat dans une époque marquée par d'incessants changements politiques et sociaux. Capable de se renouveler et de faire évoluer son esthétique, la série s'impose à la fois comme une épopée sentimentale et comme un grand portrait de la société américaine d'hier et d'aujourd'hui.
    Par son exploration de la passionnante galerie de personnages de la série, Les Révolutions de Mad Men vise à mettre en lumière les qualités et l'orginalité de l'une des oeuvres artistiques majeures des années 2010.

  • Qu'est-ce qui fait la spécificité du cinéma malickien ? En quoi le territoire américain inspire sa puissance visuelle, ses thématiques, ses légendes, sa morale ? C'est ce à quoi l'ouvrage Terrence Malick et l'Amérique tente de répondre. À la fois essai de vulgarisation et analyse thématique, il offre de nouvelles perspectives pour appréhender le cinéma de Malick. Il est surtout le premier ouvrage francophone à traiter de l'intégralité de sa filmographie et permet ainsi une étude transversale unique.
    Ours d'or à Berlin en 1998 pour La ligne rouge et Palme d'or à Cannes en 2011 pour The Tree of Life, « Le plus mystérieux des cinéastes américains » réalise des films à la fois singuliers et très ancrés dans l'imaginaire américain. Accompagné de grandes stars hollywoodiennes - de Richard Gere à Ben Affleck, en passant par Sean Penn et Brad Pitt -, il façonne des tableaux impressionnistes sur la solitude, l'incommunicabilité, le deuil et l'espoir.
    Terrence Malick, c'est la recherche constante de la beauté transcendantale du monde et de l'esprit. Comment filmer cela ? La mise en sourdine de la violence, la sacralisation des corps ou encore le déracinement sont autant de pistes abordées tout au long de cet essai, dans une langue simple et accessible.

  • Le cinéma d'Henri-François Imbert propose, loin des agitations et du rythme frénétique des média, une poétique de l'image. Par sa réflexion sur le cinéma comme outil de mise en relation des êtres, des choses et des temporalités, HenriFrançois Imbert pose sans cesse la question : qu'est-ceque faire partie de ce monde ?
    Un film d'Henri-François Imbert est un comme un cours d'eau qui se fraye un passage entre les éléments du paysage, contourne certains d'entre eux pour mieux nous les signaler, et garde indéfectiblement le cap vers l'expérience de la relation à l'autre. Cette poétique du libre cours existe chez Henri-François Imbert dans une temporalité qui nécessite que chaque élément du paysage rencontré dans le mouvement du film, doive être considéré, incorporé ou assumé, se rapprochant en cela au plus près du fonctionnement de la mémoire et de l'expérience humaine.
    Composé d'un essai et d'un entretien, Henri-François Imbert, cinéaste du libre cours, parcourt la filmographie d'un orfèvre qui par sa patience impose une vision unique du cinéma.

  • Au début des années 1980, deux groupes New-Yorkais vont permettre au courant no wave de prendre un nouveau tournant : Sonic Youth et Swans. Si les premiers auront su s'imposer avec le temps comme des piliers du rock indépendant américain, les seconds, réunis autour de l'imposant Michael Gira, auront mené une carrière parsemée d'albums d'exceptions et d'échecs commerciaux retentissants.
    Swans et le dépassement de soi retrace le parcours hors-normes de Michael Gira et de ses collaborateurs, de leurs débuts bruitistes d'une radicalité outrancière à leur reformation en 2010. Aujourd'hui, avec une musique à la portée chamanique, faite de boucles sonores obsédantes, ils sont plus que jamais portés aux nues par la critique musicale pour l'exigence de leur recherche esthétique.
    Entre analyse musicale et récit historique, ce livre nous plonge dans la scène musicale du New York d'après la déferlante punk afin de comprendre la quête sonore de ces musiciens pour qui la beauté ne se résume pas à une jolie mélodie.

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