Universite De Poitiers

  • Considérant les pratiques langagières comme partie intégrante des pratiques migratoires, ce dossier s'intéresse aux mises en mots de la mort et de la violence aux frontières dans le cadre des migrations vers l'Europe. Ces mises en mots sont appréhendées à différents niveaux, qu'il s'agisse de leurs productions depuis les espaces institutionnels (organisations internationales, espaces politiques à l'échelle européenne ou étatique) ou de leurs réceptions par les migrants, au cours de leur voyage vers l'Europe ou après coup, lorsqu'ils y sont arrivés, ou encore de retour dans leur pays de résidence après une expulsion. L'approche par le langage, correspondant à la fois à une prise en compte des discours produit sur les migrants et de la parole prise par ces derniers dans des cadres discursifs divers, est au coeur du dossier thématique de ce numéro : en déclinant la manière dont sont exprimées, dans des cadres discursifs divers, les mises en mots de la mort sociale, de la disparition, de l'arbitraire institutionnel, ou encore du sécuritaire et de l'humanitaire, etc., cette perspective permet de penser l'objet frontière tout en offrant une grille de lecture des inégalités socio-spatiales à l'heure de la mondialisation.

  • La Revue Européenne des Migrations Internationales (REMI), lancée en 1985 à l'initiative de Gildas Simon, a pour vocation de publier les travaux de recherche, empiriques et théoriques, des différentes disciplines concernées par les migrations internationales et les relations interethniques. Tout en privilégiant la dimension européenne comme cadre spatial de référence, la revue est ouverte à d'autres champs, à travers d'autres systèmes migratoires dans le monde. La REMI, ouverte à l'ensemble des sciences sociales, se veut un observatoire permanent de la diversité des espaces étudiés et de l'évolution des approches, de la complexité mouvante des migrations internationales et des dynamiques sociales.
    Le dossier thématique présenté dans le vol.
    32 n° 2 (2016) et intitulé « Former des élites :
    Mobilités des étudiants d'Afrique au nord du Sahara dans les pays de l'ex-bloc socialiste » coordonné par Michèle Leclerc Olive et Marie-Antoinette Hily, rassemble quatre articles qui ont pour ambition d'éclairer la contribution de certains pays de l'ex-bloc socialiste à la formation des élites étudiantes venant de pays de l'Afrique au nord du Sahara. Objet de recherche et un analyseur de cette période historique, la formation des élites africaines et de l'ouest de l'Asie dans les pays socialistes a configuré notre monde actuel.
    Trois articles de varia complètent ce numéro.

    Sous la direction de Michèle Leclerc-Olive et Marie-Antoinette Hily.

  • Au moment où l'Italie apparait de plus en plus présente sur le devant de la scène internationale en raison des politiques de refoulement des étrangers aux frontières nationales, ce dossier de la REMI propose d'opérer un retour critique sur l'histoire migratoire de ce pays. L'étude du cas italien suggère, dans le sillon des migrations studies, qu'il n'est pas possible de définir les champs migratoires à l'intérieur desquels se déplacent anciens et nouveaux protagonistes à travers la simple analyse des trajectoires territoriales.
    Les recherches présentées démontrent, d'une part, que l'adoption d'un regard distancié est actuelles et, d'autre part, elles montrent l'intérêt heuristique à varier la focale du regard historique sur les faits migratoires. De même, qu'il n'est plus concevable d'utiliser des catégories qui reflètent sur le plan sémantique des typologies utilisées par un discours politique qui les instrumentalisent, il est utile de considérer les diverses échelles spatio-politiques - locales, régionales, nationales et internationales - tout en s'appropriant le niveau subjectif pour comprendre la complexité du phénomène.

  • Ce dossier prend pour objet les imbrications des dimensions locales, nationales et transnationales des appartenances qui se jouent au travers des pratiques musico-chorégraphiques. En s'appuyant sur des recherches ethnographiques et historiques à propos de la salsa, de la kizomba, du sabar, du séga, du sheikani, du fandango et de la danse contemporaine, les auteur.e.s saisissent leurs modes de circulation entre différents espaces (Afrique, Amérique centrale et du Nord, Europe, Proche et Moyen-Orient, Océan Indien), et analysent comment les expériences générées par la musique et la danse agissent sur l'articulation des registres d'identification. Ces ethnographies de performances en circulation produisent des lectures originales des phénomènes de globalisation culturelle, suggérant plusieurs outils (méthodologiques et conceptuels) pour dépasser le binarisme national/transnational et étudier conjointement les processus de (trans)nationalisation et de translocalisation. Le dossier permet alors de réinterroger la façon dont les registres d'identification se conjuguent dans un jeu d'ancrages et de circulations, mais aussi et surtout dans des instants de performances situées, où les imbrications d'échelles spatiales et identitaires sont mises en corps, en émotions, et en sensations.

    Coordination : Alice Aterianus-Owanga, Elina Djebbari et Monika Salzbrunn.

  • Par Anouk Flamant, Aude-Claire Fourot, Aisling Healy, Camille Schmoll.

    Ce dossier de la Revue Européenne des Migrations Internationales est consacré à l'accueil des exilé·e·s hors des grandes villes et métropoles, dans les « petits milieux de l'immigration ».
    Ces « petits milieux » sont des lieux dont la population générale est de petite taille, voire de très petite taille au regard des métropoles les plus proches. Les minorités ethniques et populations issues de l'immigration y sont peu nombreuses, tout comme les structures associatives d'accueil ainsi que les possibilités d'emploi. Ce dossier propose, à travers des recherches d'horizons disciplinaires variés - sociologie, science politique, anthropologie, et géographie -, des travaux empiriques décrivant les politiques de dispersion des exilé·e·s et leurs effets sur les nouveaux territoires d'accueil ainsi que pour les personnes exilées elles-mêmes.
    Ce prisme permet d'interroger les conditions politiques dans lesquelles se mettent en place ces dispositifs de dispersion en France, mais également en Italie, au Royaume-Uni et au Canada. Il permet aussi d'étudier les modes d'action publique notamment mis en oeuvre par les élus locaux et les bailleurs sociaux afin de redynamiser ces territoires, et de mieux saisir les formes de travail social et de militantisme qui se côtoient pour accompagner les exilé·e·s. Ce prisme permet enfin de rendre compte des effets de la dispersion sur les parcours migratoires des exilé·e·s. Ainsi, ce dossier analyse comment les politiques de répartition articulent des processus de mise à l'abri et de contrôle toujours croissant avec des politiques de redynamisation de territoires confrontés à des enjeux démographiques et économiques majeurs.

  • A Revue Européenne des Migrations Internationales a 30 ans. Pour célébrer cet anniversaire, elle propose un numéro spécial rassemblant des contributions originales et diversifiées. À côté du format classique des articles, ce numéro contient des entretiens avec des directeurs de revues, des chercheurs, des artistes. À travers ces échanges sont interrogés la fonction des revues scientifiques dans un monde de l'édition et de la recherche en pleine mutation, l'usage de certaines catégories et concepts dans la compréhension des questions migratoires et des relations interethniques, la place des migrations dans des sociétés multiculturelles. D'autres articles traitent de questions plus épistémologiques en rendant compte de dispositifs d'enquête en contexte urbain (usage de la photographie, d'enregistrements sonores), de la mesure des flux migratoires et de leur représentation graphique, de muséographie des histoires migratoires. Certaines contributions sont davantage liées à l'actualité politique puisqu'elles analysent dans un cas la politique migratoire des États-Unis et dans un autre cas la renaissance de la « Route de la soie ».
    Enfin, ce numéro spécial marque la renaissance de la chronique juridique dans les pages de la REMI, Revue Européenne des Migrations Internationales. 2016 Volume 32 N°3 & 4 Sous la direction de Véronique PETIT et Emmanuel MA MUNG.

  • De nombreux écrivains et penseurs ont quitté leur patrie, volontairement dans le cas de ceux que tentait une aventure intellectuelle inédite, ou par force dans le cas des réfugiés politiques. Cette expérience a inspiré des oeuvres majeures comme Exil de Lion Feuchtwanger, Le Tropique du cancer d'Henry Miller, Tendre est la nuit de Scott Fitzgerald, Paris est une fête d'Ernest Hemingway, Les Allées sombres d'Ivan Bounine, Chroniques de Billancourt de Nina Berberova, etc. Les études contenues dans le dossier « Vivre, penser, écrire en exil » s'attachent à exposer les conditions d'existence des écrivains éloignés de leur patrie, à comprendre la formation et l'expression de leur pensée. Ainsi sont posées de nombreuses questions. Vienton dans un autre pays par obligation ou par choix ? Fuit-on un régime tyrannique ou se fuit-on soi-même ? Connaît-on préalablement la terre d'accueil ? Y arrive-t-on délibérément ou par hasard ? Quelles sont les répercussions des conditions matérielles de la vie menée en exil ? Quels rapports s'établissent avec les autochtones et quelle sociabilité se crée ? Quels liens sont entretenus avec la politique ? Quel rôle joue l'éloignement des racines culturelles ? Les exilés se replient-ils sur eux-mêmes ou subissent-ils une mutation identitaire ? Quelle influence exercent l'âge, la personnalité, la nationalité des individus ? Voilà quelques-unes des questions qui se posent. En fait, extraordinaire apparaît la diversité des parcours, des expériences, des choix identitaires.

  • Dans un contexte de migrations juvéniles en pleine évolution, ce dossier de la Revue européenne des migrations internationales vise à interroger les dynamiques participant à la construction des expériences scolaires des enfants et des jeunes migrants. Inscrit dans une optique pluridisciplinaire, il est composé de travaux de sociologues, de géographes et de juristes. Différentes échelles d'analyse sont mobilisées et visent à analyser notamment les politiques publiques, les réalités et pratiques institutionnelles ou leurs effets sur les parcours sociaux d'enfants et de jeunes migrants à l'école ou au collège. C'est ainsi que les différentes contributions proposent, d'une part, des pistes d'analyses juridiques et sociodémographiques, macro sociales. D'autre part, elles offrent des clés de réflexion quant aux modalités concrètes d'agencement des situations socio-scolaires dans différents contextes. Elles portent également une attention spécifique aux manières d'enquêter sur les mineurs, dans et hors l'école, d'un point de vue qualitatif. A ce titre, les enquêtes auprès d'enfants et de jeunes migrants posent la question épistémologique et éthique de la place du chercheur, mais aussi celle des modalités de recueil des données, situation toujours liminaire qui nécessite des formes méthodologiques contingentes et hybrides.

  • This special issue of the European Review of International Migration (REMI) is about migration in Asia and the Pacific. Indeed, it is not feasible, within the limits of a dossier, to provide information on the whole of Asia or to systematically compare the major sub-regions of the Asian continent. The major fact that makes it impossible to identify characteristics common to the whole of Asia is the extraordinary heterogeneity of this immense continent and the complexities of its migratory movements. The contributions to this issue have one element in common, however, and that is to discuss migration from an intra-regional perspective, i.e. flows within Asia and the Pacific, and thus highlight the existence of intra-regional migration corridors and their respective specificities. What is true in regard to complex interrelationships in the economic, social, political, cultural, religious and ethnic fields is also true in the field of migration.

  • Les réfugié.e.s " reconnu.e.s " restent le parent pauvre des études sur l'asile en Europe. La grande majorité des travaux académiques portent en effet sur les conditions et les situations des candidat.e.s au statut de réfugié.e avant la reconnaissance ou le rejet. Les contributions réunies dans ce dossier thématique se penchent sur ce temps de " l'après ", questionnent l'image répandue qui fait du statut de réfugié.e une sorte d'aboutissement et invitent à tourner le regard du côté de ses effets en termes de reconfigurations sociales, identitaires et politiques.
    A partir de terrains (France, Bulgarie, Belgique), de groupes (Arméniens, Africains, Cambodgiens, Tamouls), de méthodes (enquête historique, ethnographique, quantitative) et de temporalités (entre-deux-guerres, décennies 1980, 1990 et 2010) différents, ils apportent des éclairages complémentaires à de questions communes qui renvoient à autant de facettes de la condition de réfugié.e : celle de l'expérience individuelle et collective du statut et des conditions de sa réappropriation ou de son rejet ; celle des ressources qu'il permet de mobiliser qu'elles soient symboliques ou matérielles et de leurs limites ; celle des assignations vers lesquelles il ouvre, qu'il déplace ou reproduit.

  • Ce premier dossier que la Revue Européenne des Migrations Internationales consacre à la santé mentale intervient à un moment où en France et en Europe les politiques migratoires en raison de leurs effets délétères portent atteinte aux droits, à l'accès aux soins et à la santé de nombreux migrants et exilés. Ce dossier sur la santé mentale en migrations internationales propose à travers des recherches d'horizons disciplinaires variés, des travaux empiriques décrivant les recours aux soins et les relations thérapeutiques en santé mentale des migrants à différents moments de leur expérience migratoire. Le prisme que constitue la santé mentale renouvelle la lecture des rapports sociaux dans lesquels le migrant est inséré, il permet également d'analyser les conditions sociales de production, d'expression et de gestion de leurs souffrances psychiques, aux échelles micro-, méso- et macro- sociales. Les modes de prise en charge - institutionnel, social, juridique, sanitaire - des migrants diagnostiqués « comme ayant des troubles mentaux, des difficultés psychologiques, ou simplement en état de souffrances » mettent en lien les effets des politiques migratoires, les dynamiques d'accueil et de prise en charge des migrants, l'organisation des systèmes de soins et la production des subjectivités et de mise en parole de soi.

empty