• En autant de rencontres que de films, Cédric Kahn évoque son travail avec lucidité et sans détour.
    « Un cinéma social ? Un autre mot s'impose : populaire. La priorité accordée aux comédiens, la subordination de la forme aux impératifs du sujet, le goût du concret, l'horizon d'exemplarité qui n'arrondit jamais les faits anguleux : tout cela finit par configurer un cinéma populaire. «C'est mon but depuis toujours. Et je ne suis pas sûr de l'avoir atteint. C'est plus facile de faire un film d'auteur radical qu'un film populaire». Plaisamment paradoxale, l'affirmation est discutable. Mais ne se discute plus si la notion inclut aussi le type de réception désiré par une telle démarche, et qui procède de la quadrature du cercle : s'adresser à tous sans jouer le consensus mou, attirer du monde dans la salle sans recourir aux grossières manoeuvres de séduction populiste des films qui s'arrogent l'étiquette. » François Bégaudeau

  • Les livres de la collection sont consacrés à la pratique des cinéastes contemporains. Entretiens, carnets de travail, documents commentés... plusieurs formes alterneront pour servir une même ambition : raconter et commenter une oeuvre en cours, en plongeant avec le cinéaste dans la fabrique de ses films. Revenir aux conditions de production, aux contraintes de fabrication, suivre la genèse d'un film de l'idée première à sa sortie en salles, suivre un parcours de créateur, de film en film.

  • Avec ses longs-métrages - La Raison du plus faible, 38 Témoins, Chez nous. -Lucas Belvaux s´inscrit dans une tradition cinématographique, où les questions sociales sont au coeur du débat. Le cinéaste belge interroge nos démocraties modernes sous plusieurs angles : la responsabilité individuelle, la place de la justice, la montée de l´extrême droite, ou encore la fin du monde industriel et son corollaire, le chômage de masse. Derrière un propos d´une grande cohérence, chaque film explore un genre différent : la comédie, la romance, le polar, la chronique judiciaire, la tragédie ou encore le réalisme politique. Au plus près des difficultés rencontrées par ses personnages, ses oeuvres possèdent une approche documentaire. Le nord de la France et la Belgique constituent ces principaux décors et plongent ses histoires dans une réalité post industrielle, populaire et poétique. Composé d´un essai introductif et d´un entretien, La Mécanique Lucas Belvaux explore une filmographie.

  • Depuis cinq longs-métrages (La Reine des pommes, La Guerre est déclarée, Main dans la main, Marguerite et Julien, Notre Dame), Valérie Donzelli creuse un sillon singulier dans lequel la fantaisie se gorge sans cesse de ténèbres.
    Tiraillé entre le burlesque et le tragique, son cinéma noir et pop donne corps à nos vies remplies de contrastes, où les instants de grâce sont parfois brisés par les drames.
    Composé d'un essai et d'un entretien, Valérie Donzelli, noir fluo traverse l'univers vivace d'une cinéaste qui interroge la norme et la marge avec une joie mélancolique. L'oeuvre de la réalisatrice s'avère aussi hantée par l'angoisse de la mort que par la recherche du grand amour, le tout au service d'une grande réflexion sur le refus de la solitude.

  • Réalisateur de longs métrages à la fois burlesques, macabres et touchants, Pierre Salvadori pourrait bien être l'héritier français de l'âge d'or des comédies américaines, celles d'Ernst Lubitsch et de Blake Edwards. De Cible émouvante, son premier film avec Jean Rochefort et Marie Trintignant, à Dans la cour avec Catherine Deneuve et Gustave Kervern, c'est toute une gallérie de personnages puissants et décalés qui s'expose dans ses films.
    Ses protagonistes, qu'ils vivent en marge de la société ou soient lestés par leurs traumatismes passés, cherchent sans cesse des voies pour s'en sortir, faisant de sa filmographie un guide de survie dans le monde moderne. Composé d'un essai et d'un entretien, c'est ce mélange de douceur et de violence qu'explore Pierre Salvadori, à la marge.
    En Liberté !, son prochain film qui sort en salle le 31 octobre 2018, a déjà fait sensation au Festival de Cannes, et devrait le confirmer comme l'un des réalisateurs français les plus passionnants du moment.

  • Le cinéma d'Henri-François Imbert propose, loin des agitations et du rythme frénétique des média, une poétique de l'image. Par sa réflexion sur le cinéma comme outil de mise en relation des êtres, des choses et des temporalités, HenriFrançois Imbert pose sans cesse la question : qu'est-ceque faire partie de ce monde ?
    Un film d'Henri-François Imbert est un comme un cours d'eau qui se fraye un passage entre les éléments du paysage, contourne certains d'entre eux pour mieux nous les signaler, et garde indéfectiblement le cap vers l'expérience de la relation à l'autre. Cette poétique du libre cours existe chez Henri-François Imbert dans une temporalité qui nécessite que chaque élément du paysage rencontré dans le mouvement du film, doive être considéré, incorporé ou assumé, se rapprochant en cela au plus près du fonctionnement de la mémoire et de l'expérience humaine.
    Composé d'un essai et d'un entretien, Henri-François Imbert, cinéaste du libre cours, parcourt la filmographie d'un orfèvre qui par sa patience impose une vision unique du cinéma.

  • Spontanée et généreuse, Noémie Lvovsky revient dans ces entretiens sur la fabrication de ses films, ses expériences et ses goûts cinématographiques. Premier ouvrage d'une collection consacrée aux cinéastes contemporains.
    Du premier film de Noémie Lvovsky, Oublie-moi, en 1994, surgissait un des personnages marquants de notre jeunesse : Nathalie, folle d'amour et de rage, petite soeur perdue des Hippo et Halpern d'Un monde sans pitié. Quelques années plus tôt, Noémie Lvovsky avait co-écrit La Sentinelle d'Arnaud Desplechin. Avec cette fille et ce garçon, le cinéma français retrouvait son verbe et ses tripes, découvrait des corps et des cerveaux nouveaux (Valeria Bruni-Tedeschi, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger...). Avec les films suivants, l'humour vient tempérer la rage de Lvovsky, qui installe son ton singulier : cru, physique, tendre et accidenté, grave et drôle. Un cinéma qui concilierait Truffaut et Godard ; qui s'autoriserait le romanesque du premier tout en le travaillant, le fracturant par les heurts et les dissonances du second. Un cinéma qu'on résumerait en disant que la vie, les sentiments et leurs danses ne font pas peur à Noémie.
    Ce livre inaugure une collection consacrée à la pratique des cinéastes contemporains. Entretiens, carnets de travail, documents commentés... plusieurs formes alterneront pour servir une même ambition : raconter et commenter une oeuvre en cours, en plongeant avec le cinéaste dans la fabrique de ses films. Revenir aux conditions de production, aux contraintes de fabrication, suivre la genèse d'un film de l'idée première à sa sortie en salles, suivre un parcours de créateur, de film en film. Comprendre le cinéma, aujourd'hui, implique de se tenir à l'écart du romantisme de l'auteur tout-puissant comme du pseudo-marxisme paranoïaque-obsessionnel du « système » ou de la « crise du scénario »... La vérité du cinéma est ailleurs, dans un jeu de l'art et de la vie dont chaque cinéaste et chaque film invente les règles, dans une dialectique sans cesse relancée du désir et de la réalité, de problèmes et de solutions, de préparation et d'improvisation, de l'intuition personnelle et des alchimies collectives.
    Noémie Lvovsky a peu de temps, partagée entre une émission de radio, le dossier de presse de Camille redouble à boucler, la préparation d'un film dans lequel elle s'apprête à jouer, en Bretagne. L'entretien est morcelé en quatre rencontres au bar du Ritz puis chez elle, et enfin un rendez-vous téléphonique. Mais place à la parole précise, généreuse et libre de Noémie Lvovsky, narratrice gourmande de son parcours de cinéaste, de film en film jusqu'au dernier, en attendant le suivant.

empty