• Le Tombeau de Philippe Pot est l'un des plus spectaculaires de la fin du Moyen Âge. Huit pleurants drapés de noir et porteurs d'écus armoriés semblent marcher, portant la dalle où repose le corps du chevalier en prière, en armure et tunique héraldique.
    Ce monument sans équivalent est d'autant plus fascinant qu'il a été commandé par Philippe Pot de son vivant pour prendre place dans une chapelle de la prestigieuse abbaye de Cîteaux. Filleul du duc Philippe le Bon, Philippe Pot (1428-1493) joua un rôle éminent à la cour de Bourgogne avant de se rallier au roi de France Louis XI, qui le nomma grand sénéchal de Bourgogne. Il avait des intentions bien précises sur le souvenir qu'il entendait ainsi laisser de lui dans le contexte politique troublé de la fin du duché de Bourgogne, ce dont témoigne la longue inscription qui se déroule sur le bord de la dalle.
    La magistrale originalité de la composition, la hardiesse technique de cette dalle de pierre posée sur huit points étroits, le traitement vigoureux de la sculpture intriguent les historiens de l'art depuis sa redécouverte à la fin du xixe siècle. La restauration, en 2018, et l'étude technique qui l'a précédée apportent des éclairages nouveaux sur cet incomparable monument.

  • Une émouvante sculpture, pleine de grâce.
    À la fin du Moyen Âge, les ducs de Bourgogne étaient les princes les plus riches et les plus puissants du nord de l'Europe, contrôlant un vaste territoire qui incluait la Belgique et les Pays-Bas actuels et une grande partie du nord-est de la France. C'est pour embellir et célébrer leur splendide cour à Dijon que les ducs sollicitèrent des sculpteurs de haute renommée. Oeuvrant au sein d'un atelier dirigé par Jean de Marville puis par Claus Sluter et Claus de Werve, ces artistes créèrent pour la famille ducale des monuments somptueux. Dans cet ouvrage richement illustré, le lecteur découvrira une étude approfondie de deux chefs-d'oeuvre de ces artistes - les tombeaux de Philippe le Hardi (1342-1404) et de son fils Jean sans Peur (1371-1419). Dans ces deux monuments impressionnants, taillés dans le marbre et dans l'albâtre, les gisants des ducs reposent sur une dalle soutenue par des arcatures finement sculptées, semblables à celles d?un cloître médiéval. Sous celles-ci, un cortège de moines et de pleurants individualisés semble déambuler et prier pour les défunts. Ne mesurant guère plus de 40 centimètres de haut, chaque personnage est l'incarnation miniature de la dévotion de la fin du Moyen Âge. Représentés dans différentes attitudes de deuil, ils forment une éternelle procession sous le corps de marbre de leurs souverains. Accompagnant la première exposition d'envergure de ces sculptures récemment restaurées, Les Pleurants explore le contexte historique et religieux de ces oeuvres évocatrices et illumine leur remarquable raffinement artistique et le savoir-faire de leurs créateurs.

  • Illustré par une iconographie en partie inédite, cet ouvrage porté par deux éminents spécialistes, Pierre-Yves Le Pogam, avec une collaboration de Sophie Jugie, envisage la sculpture gothique à la fois dans son développement artistique et dans son contexte de création (commandes, ateliers, outils, circulation des formes, etc).
    À partir du milieu du XIIe siècle, alors que l'art roman est encore en plein essor, certains développements de l'architecture occidentale annoncent une rupture profonde qui va donner lieu à une nouvelle étape de l'art européen, qu'on désigne après coup, depuis le XVe siècle, par le qualificatif de gothique. Dans le domaine de la sculpture, il s'agit d'une période qui voit se déployer des évolutions multiples et décisives. Les églises, notamment les grandes cathédrales, se couvrent d'un décor sculpté foisonnant, à la fois didactique et séduisant, qui illustre les grands cycles de l'histoire chrétienne et fait appel à la sensibilité des fidèles. Les XIIIe et XIVe siècles sont aussi marqués par le retour à la ronde-bosse, le développement de la statuaire autonome, l'invention ou la recréation de genres disparus depuis l'Antiquité (les tombeaux et les portraits sculptés, la statue équestre), qui préfigurent tout ce que nous entendons aujourd'hui dans la notion de sculpture.
    Ces inventions aboutissent, autour de 1400, à l'un des derniers moments où les différents pays européens utilisent la même langue stylistique, avant que n'apparaissent au xve siècle des idiomes artistiques profondément individualisés et nationaux, liés à la Renaissance, laquelle a créé par dédain le concept d'art gothique. Or, les sculptures réalisées dans tout l'Occident entre la fin du XIIe et le début du XVe siècle, loin d'exprimer la barbarie que voulaient y voir, en forgeant ce terme, les intellectuels du Quattrocento, illustrent un des sommets de l'humanisme européen, par leur capacité à transmettre aussi bien des valeurs transcendantes que les affects et les émotions d'ici-bas.

    Dix ans après La Sculpture romane, de Jean-René Gaborit (Hazan, 2010), auquel il offre un pendant, il s'adresse à un public érudit et curieux tout en enrichissant les connaissances d'un lectorat avisé.

  • Grâce au mécénat de la famille ducale et de sa cour, la sculpture dans le duché des Bourbons connaît à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance une qualité inégalée.
    Partez à la découverte des chefs-d'oeuvre réalisés par Philippe et Michel Colombe, Jacques Morel, Jean de Chartres..., « imagiers » se déplaçant au gré des commandes princières et découvrez le mécénat artistique, les sujets de prédilection, les techniques de création, les influences stylistiques mais également le destin souvent chaotique de ces sculptures.
    Cette manifestation s'inscrit dans le cadre du plan itinérance Culture près de chez vous initié par le ministère de la Culture dont le volet Catalogue des désirs favorise le prêt exceptionnel de chefs-d'oeuvre conservés dans les musées nationaux.
    Pour cette première édition, le musée Anne-de-Beaujeu a été retenu pour recevoir plusieurs chefsd'oeuvre de la sculpture bourbonnaise conservés au musée du Louvre.

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